Au Paradis. « Mangez et buvez » : on leur dira demain cette parole-là, à la place de celle adressée aux polythéistes : « Si vous avez quelque stratagème, alors tramez-le contre Moi. » L’expression « Mangez et buvez » se trouve, sur le plan grammatical, à la fonction de complément circonstanciel se rattachant au pronom des pieux, inclus dans la locution circonstancielle « dans des ombres » ; autrement dit, ils sont installés à l’ombre et on leur tient ces propos.
« Certes, c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. » Autrement dit, Nous gratifions ceux qui ont excellé en tenant pour véridique Muhammad — qu’Allah prie sur lui et le salue — et par leurs œuvres ici-bas.
[Sourate Al-Mursalât (77) : versets 46-47]
« Mangez et jouissez pour peu de temps ! Vous êtes, à coup sûr, des criminels » (46)
« Malheur, ce jour-là, aux négateurs ! » (47)
Parole du Très-Haut : « Mangez et jouissez pour peu de temps » : cette injonction renvoie, par contraste, à ce qui précède au sujet des pieux. Il s’agit d’une menace et d’un avertissement, exprimés comme un état relatif aux négateurs : le malheur leur est acquis tandis qu’on leur dit : « Mangez et jouissez pour peu de temps. »
« Certes, vous êtes des criminels » : c’est-à-dire des mécréants. D’autres ont dit : vous commettez des actes qui vous nuiront dans l’Au-delà : polythéisme et désobéissances.
[Sourate Al-Mursalât (77) : versets 48-50]
« Et lorsqu’on leur dit : “Inclinez-vous !”, ils ne s’inclinent pas » (48)
« Malheur, ce jour-là, aux négateurs ! » (49)
« En quel discours, après celui-là, croiront-ils donc ? » (50)
Parole du Très-Haut : « Et lorsqu’on leur dit : Inclinez-vous, ils ne s’inclinent pas » : lorsque l’on dit à ces polythéistes : « Inclinez-vous », c’est-à-dire accomplissez la prière, ils refusent de s’incliner, autrement dit ne prient pas ; c’est l’explication de Mujâhid.
Maqâtil dit : le verset fut révélé au sujet de la tribu de Thaqîf, qui s’abstint de la prière.
Il rapporte encore que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — leur dit : « Devenez musulmans » et leur ordonna la prière. Ils répondirent : « Nous ne nous courberons pas, car c’est pour nous une infamie. » Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — déclara : « Il n’y a point de bien dans une religion où il n’y a ni rukūʿ ni sujūd (inclinaison ni prosternation). »
On rapporte que Mâlik — qu’Allah lui fasse miséricorde — entra un jour dans la mosquée après la prière d’al-ʿAṣr. Faisant partie de ceux qui estiment qu’il n’y a pas d’inclinaison après al-ʿAṣr, il s’assit sans prier. Un enfant lui dit : « Ô cheikh, lève-toi et incline-toi. » Il se leva, accomplit l’inclinaison et ne discuta pas selon son opinion juridique. Interrogé à ce sujet, il répondit : « J’ai craint d’être du nombre de ceux à qui il est dit : “Inclinez-vous” et qui ne s’inclinent pas. »
Ibn ʿAbbâs dit : cette parole leur sera adressée dans l’Au-delà, lorsqu’on les invitera à se prosterner et qu’ils en seront incapables.
Qatâdah dit : cela se passe dans ce bas-monde.
Ibn al-ʿArabî : ce verset