Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

les troncs des arbres et des grands palmiers lorsque, abattus, ils se brisent et se sectionnent.

On a dit également : leurs cous.

Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, Humayd et as-Sulamî ont lu : « kal-qaṣari » en ouvrant la lettre ṣâd, voulant par là les cous des palmiers. En arabe, al-qaṣara désigne le cou, son pluriel étant qaṣar ou qaṣarât.

Qatâda a commenté : « ce sont les cous des chameaux. »

Saʿîd ibn Jubayr l’a récité avec kasra sur le qâf et fatḥa sur le ṣâd ; c’est aussi le pluriel de qaṣra, sur le même modèle que badra/bidar, qaṣʿa/qiṣaʿ, ḥalqa/ḥilaq pour les anneaux de fer.

Abû Ḥâtim a déclaré : « Il se peut que ce soit un idiome, de même qu’on dit ḥâja et ḥîwaj. »

D’autres ont avancé que al-qaṣr signifie « montagne » ; les étincelles sont alors comparées au qasr par leur taille, puis, pour la couleur, aux « jimalât ṣufr », c’est-à-dire aux chameaux noirs, les Arabes appelant en effet « jaunes » (ṣufr) les chameaux à robe noire. Le poète a dit :

Voici mes chevaux, voici mes montures pleines d’entrain,
Tous dits « jaunes », leurs petits tels des grains de raisin.

C’est-à-dire qu’ils sont noirs. Les chameaux noirs furent ainsi nommés parce qu’une légère nuance jaune se mêle à leur noirceur, tout comme les gazelles blanches furent qualifiées d’al-udm, leur blancheur étant voilée d’une certaine ternissure. Lorsque les étincelles jaillissent, retombent et portent encore quelque trace de la couleur du feu, elles ressemblent aux chameaux noirs par la nuance jaunâtre qui les teinte.

Dans les vers d’ʿImrân ibn Ḥiṭṭân al-Khârijî :

Elle les appela d’une voix retentissante, puis les frappa,
De jets pareils à des chameaux « jaunes » arrachant la chair et l’arracha.

At-Tirmidhî jugea cet avis faible, disant : « C’est là chose impossible en langue : comment attribuer entièrement un objet à une couleur dont il n’est que légèrement teinté ? Étonnant qu’on ait pu le prétendre ! » Or Allah – qu’Il soit exalté – a dit : « jimâlatun ṣufr » ; nous ne connaissons rien de semblable dans l’usage.

Selon nous, le sens est que le feu fut créé à partir de la lumière ; c’est donc un feu lumineux. Lorsque Allah créa la Géhenne, lieu du Feu, Il la remplit de ce feu, puis y envoya Sa puissance et Sa colère ; elle noircit sous l’effet de cette puissance, s’intensifia et devint plus noire que tout feu et que toute chose. Le Jour de la Résurrection, lorsque Jahan­nam sera amenée sur la Place du Rassemblement, elle projettera ses étincelles sur les gens présents, en écho à la colère d’Allah. Ces étincelles sont noires, car issues d’un feu noir ; quand le Feu les lance, il les dirige contre les ennemis, elles sont noires de la noirceur même du feu, et rien de cela n’atteindra les monothéistes, car ils

أُصُولُ الشَّجَرِ وَالنَّخْلِ الْعِظَامِ إِذَا وَقَعَ وَقَطَعَ. وَقِيلَ: أَعْنَاقُهُ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ وَالسُّلَمِيُّ (كَالْقَصْرِ) بِفَتْحِ الصَّادِ، أَرَادَ أَعْنَاقَ النَّخْلِ. وَالْقَصَرَةُ الْعُنُقُ، جَمْعُهَا قَصَرَ وَقَصَرَاتٌ. وَقَالَ قَتَادَةُ: أَعْنَاقُ الْإِبِلِ. قَرَأَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ بِكَسْرِ الْقَافِ وَفَتْحِ الصَّادِ، وَهِيَ أَيْضًا جَمْعُ قَصْرَةٍ مِثْلَ بَدْرَةٍ وَبِدَرٍ وَقَصْعَةٍ وَقِصَعٍ وَحَلْقَةٍ وَحِلَقٍ، لِحَلَقِ الْحَدِيدِ. وَقَالَ أَبُو حَاتِمٍ: وَلَعَلَّهُ لُغَةٌ، كَمَا قَالُوا حَاجَةٌ وَحِوَجٌ. وَقِيلَ: الْقَصْرُ: الْجَبَلُ، فَشَبَّهَ الشَّرَرَ بِالْقَصْرِ فِي مَقَادِيرِهِ، ثُمَّ شَبَّهَهُ فِي لَوْنِهِ بِالْجِمَالَاتِ الصُّفْرِ، وَهِيَ الْإِبِلُ السُّودُ، وَالْعَرَبُ تُسَمِّي السُّودَ مِنَ الْإِبِلِ صُفْرًا، قَالَ «١» الشَّاعِرُ: تِلْكَ خَيْلِي مِنْهُ وَتِلْكَ رِكَابِي ... هُنَّ صُفْرٌ أَوْلَادُهَا كَالزَّبِيبِ أَيْ هُنَّ سُودٌ. وَإِنَّمَا سُمِّيَتِ السُّودُ مِنَ الْإِبِلِ صُفْرًا لِأَنَّهُ يَشُوبُ سَوَادَهَا شي مِنْ صُفْرَةٍ، كَمَا قِيلَ لِبِيضِ الظِّبَاءِ: الْأُدْمُ، لِأَنَّ بَيَاضَهَا تَعْلُوهُ كُدْرَةٌ: وَالشَّرَرُ إِذَا تَطَايَرَ وَسَقَطَ وَفِيهِ بَقِيَّةٌ مِنْ لَوْنِ النَّارِ أَشْبَهُ شي بِالْإِبِلِ السُّودِ، لِمَا يَشُوبُهَا مِنْ صُفْرَةٍ. وَفِي شعر عمران ابن حِطَّانَ الْخَارِجِيِّ: دَعَتْهُمْ بِأَعْلَى صَوْتِهَا وَرَمَتْهُمُ ... بِمِثْلِ الْجِمَالِ الصُّفْرِ نَزَّاعَةِ الشَّوَى وَضَعَّفَ التِّرْمِذِيُّ «٢» هَذَا الْقَوْلَ فَقَالَ: وَهَذَا الْقَوْلُ مُحَالٌ فِي اللُّغَةِ، أن يكون شي يشوبه شي قَلِيلٌ، فَنُسِبَ كُلُّهُ إِلَى ذَلِكَ الشَّائِبِ، فَالْعَجَبُ لِمَنْ قَدْ قَالَ هَذَا، وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تعالى: جِمالَتٌ صُفْرٌ فَلَا نَعْلَمُ شَيْئًا مِنْ هَذَا فِي اللُّغَةِ. وَوَجْهُهُ عِنْدَنَا أَنَّ النَّارَ خُلِقَتْ مِنَ النُّورِ فَهِيَ نَارٌ مُضِيئَةٌ، فَلَمَّا خَلَقَ اللَّهُ جَهَنَّمَ وَهِيَ مَوْضِعُ النَّارِ، حَشَا ذَلِكَ الْمَوْضِعَ بِتِلْكَ النَّارِ، وَبَعَثَ إِلَيْهَا سُلْطَانَهُ وَغَضَبَهُ، فَاسْوَدَّتْ مِنْ سُلْطَانِهِ وَازْدَادَتْ حِدَّةً، وَصَارَتْ أَشَدَّ سَوَادًا من النار ومن كل شي سوادا، فإذا كان يوم القيامة وجئ بِجَهَنَّمَ فِي الْمَوْقِفِ رَمَتْ بِشَرَرِهَا عَلَى أَهْلِ الْمَوْقِفِ، غَضَبًا لِغَضَبِ اللَّهِ، وَالشَّرَرُ هُوَ أَسْوَدُ، لِأَنَّهُ مِنْ نَارٍ سَوْدَاءَ، فَإِذَا رَمَتِ النَّارُ بِشَرَرِهَا فَإِنَّهَا تَرْمِي الْأَعْدَاءَ بِهِ، فَهُنَّ سُودٌ مِنْ سَوَادِ النَّارِ، لَا يَصِلُ ذَلِكَ إِلَى الموحدين، لأنهم
(١). هو الأعشى. [ ..... ] (٢). في نسخة: اليزيدي. وهو تصحيف.

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