Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et c’est celle qui ne fait pas pousser (de végétation).

Al-Farrāʼ a dit : l’accusatif des mots « vivants » et « morts » provient de ce que le terme « kifāt » (réceptacle) se rapporte à eux ; autrement dit : « N’avons-Nous pas fait de la terre un réceptacle pour des vivants et des morts ? » Lorsqu’ils sont indéfinis et portent la tanwīn, ils se placent donc à l’accusatif, à l’instar de Sa parole, exalté soit-Il : « ou bien nourrir, en un jour de disette, un orphelin… » (al-Balad, 90 : 14-15).

D’autres ont dit : cet accusatif est celui du ḥāl, se rapportant à la terre ; c’est-à-dire : d’elle provient telle chose et d’elle provient telle autre.

Al-Akhfash a déclaré : « kifātan » est le pluriel de « kāfita » ; le mot « terre » est ici utilisé au sens collectif ; c’est pourquoi on l’a qualifiée par un pluriel.

Al-Khalīl dit : le « takfīt » consiste à retourner une chose, son dos sur son ventre ou son ventre sur son dos.

On dit encore : « inkafata al-qawmu ilā manāzilihim », c’est-à-dire : ils sont revenus en arrière. Ainsi, le sens de « kifāt » est que les gens se déplacent sur sa surface, retournent ensuite vers elle et y sont ensevelis.

« Et Nous y avons implanté, c’est-à-dire dans la terre, des montagnes hautes et fermes » ; « rawāsī » signifie des assises immobiles, et « shāmikhāt » des sommets élevés ; de cette racine vient l’expression : « Untel a dressé (shamkha) son nez » lorsqu’il le lève par orgueil.

Puis Il – exalté soit-Il – a dit : « et Nous vous avons abreuvés d’une eau douce (furāt) », c’est-à-dire : Nous avons établi pour vous une boisson. Le furāt est l’eau douce que l’on boit et dont on irrigue les cultures ; autrement dit : Nous avons créé les montagnes et fait descendre l’eau douce. De tels phénomènes sont plus extraordinaires encore que la résurrection.

Dans un ḥadīth, Abū Hurayra a dit : « Sur la terre se trouvent, issus du Paradis, l’Euphrate, le Tigre et le Jourdain. »

Et, dans le Ṣaḥīḥ de Muslim : « Sayḥān, Jayḥān, le Nil et l’Euphrate : tous font partie des fleuves du Paradis. »

[Coran, Sûrat al-Mursalāt (77), versets 29 à 34]
29 – « Partez vers ce que vous traitiez de mensonge ! »
30 – « Partez vers une ombre à trois branches »,
31 – « qui n’est ni ombrageuse ni protectrice contre la flamme »,
32 – « elle projette des étincelles grosses comme un palais »,
33 – « semblables à des chameaux jaunes »,
34 – « Malheur, ce jour-là, aux négateurs ! »

Sa parole, exalté soit-Il : « Partez vers ce que vous traitiez de mensonge » ; c’est-à-dire qu’il sera dit aux mécréants : « Avancez vers le châtiment que vous niiez – le Feu –, que vous contemplez désormais de vos propres yeux. »

« Partez vers une ombre », c’est-à-dire vers une fumée possédant trois branches ; il s’agit de la fumée qui s’élève puis se divise en trois pans, car telle est la nature d’une immense fumée : lorsqu’elle monte, elle se ramifie.

Puis Il décrivit cette ombre en disant : « qui n’est pas ombrageuse », c’est-à-dire qu’elle n’est pas semblable à l’ombre qui protège de la chaleur du soleil ; « et qui ne met pas à l’abri de la flamme », c’est-à-dire qu’elle ne repousse en rien l’embrasement de la Géhenne. Et la flamme

وَهُوَ الَّذِي لَا يُنْبِتُ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: انْتُصِبَ، أَحْياءً وَأَمْواتاً بِوُقُوعِ الْكِفَاتِ عَلَيْهِ، أَيْ أَلَمْ نَجْعَلِ الْأَرْضَ كِفَاتَ أَحْيَاءٍ وَأَمْوَاتٍ. فَإِذَا نُوِّنَتْ نُصِبَتْ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: أَوْ إِطْعامٌ فِي يَوْمٍ ذِي مَسْغَبَةٍ. يَتِيماً [البلد: ١٥ - ١٤] . وَقِيلَ: نَصْبٌ عَلَى الْحَالِ مِنَ الْأَرْضِ، أَيْ مِنْهَا كَذَا وَمِنْهَا كَذَا. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: كِفاتاً جَمْعُ كَافِتَةٍ وَالْأَرْضُ يُرَادُ بِهَا الْجَمْعُ فَنُعِتَتْ بِالْجَمْعِ. وَقَالَ الْخَلِيلُ: التَّكْفِيتُ: تَقْلِيبُ الشَّيْءِ ظَهْرًا لِبَطْنٍ أَوْ بَطْنًا لِظَهْرٍ. وَيُقَالُ: انْكَفَتَ الْقَوْمُ إِلَى مَنَازِلِهِمْ أَيِ انْقَلَبُوا. فَمَعْنَى الْكِفَاتِ أَنَّهُمْ يَتَصَرَّفُونَ عَلَى ظَهْرِهَا وَيَنْقَلِبُونَ إِلَيْهَا وَيُدْفَنُونَ فِيهَا. وَجَعَلْنا فِيها أَيْ فِي الْأَرْضِ رَواسِيَ شامِخاتٍ يَعْنِي الْجِبَالَ، وَالرَّوَاسِي الثَّوَابِتُ، وَالشَّامِخَاتُ الطِّوَالُ، وَمِنْهُ يقال: شمخ بأنفه إذا رفعه كبرا. قال: (وَأَسْقَيْناكُمْ مَاءً فُراتاً) أَيْ وَجَعَلْنَا لَكُمْ سَقْيًا. وَالْفُرَاتُ: الْمَاءُ الْعَذْبُ يُشْرَبُ وَيُسْقَى مِنْهُ الزَّرْعُ. أَيْ خَلَقْنَا الْجِبَالَ وَأَنْزَلْنَا الْمَاءَ الْفُرَاتَ. وَهَذِهِ الْأُمُورُ أَعْجَبُ مِنَ الْبَعْثِ. وَفِي بَعْضِ الْحَدِيثِ قَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: فِي الْأَرْضِ مِنَ الْجَنَّةِ الْفُرَاتُ وَالدِّجْلَةُ وَنَهَرُ الْأُرْدُنِّ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ: سَيْحَانُ وَجَيْحَانُ وَالنِّيلُ وَالْفُرَاتُ كُلٌّ مِنْ أَنْهَارِ الجنة. [سورة المرسلات (٧٧) : الآيات ٢٩ الى ٣٤] انْطَلِقُوا إِلى مَا كُنْتُمْ بِهِ تُكَذِّبُونَ (٢٩) انْطَلِقُوا إِلى ظِلٍّ ذِي ثَلاثِ شُعَبٍ (٣٠) لَا ظَلِيلٍ وَلا يُغْنِي مِنَ اللَّهَبِ (٣١) إِنَّها تَرْمِي بِشَرَرٍ كَالْقَصْرِ (٣٢) كَأَنَّهُ جِمالَتٌ صُفْرٌ (٣٣) وَيْلٌ يَوْمَئِذٍ لِلْمُكَذِّبِينَ (٣٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (انْطَلِقُوا إِلى مَا كُنْتُمْ بِهِ تُكَذِّبُونَ) أَيْ يُقَالُ لِلْكُفَّارِ سِيرُوا إِلى مَا كُنْتُمْ بِهِ تُكَذِّبُونَ مِنَ الْعَذَابِ يَعْنِي النَّارَ، فَقَدْ شَاهَدْتُمُوهَا عِيَانًا. انْطَلِقُوا إِلى ظِلٍّ أَيْ دُخَانٍ ذِي ثَلاثِ شُعَبٍ يَعْنِي الدُّخَانَ الَّذِي يَرْتَفِعُ ثُمَّ يَتَشَعَّبُ إِلَى ثَلَاثِ شُعَبٍ. وَكَذَلِكَ شَأْنُ الدُّخَانِ الْعَظِيمِ إِذَا ارْتَفَعَ تَشَعَّبَ. ثُمَّ وَصَفَ الظِّلَّ فَقَالَ: (لَا ظَلِيلٍ) أَيْ لَيْسَ كَالظِّلِّ الَّذِي يَقِي حَرَّ الشَّمْسِ (وَلا يُغْنِي مِنَ اللَّهَبِ) أَيْ لَا يَدْفَعُ مِنْ لَهَبِ جَهَنَّمَ شَيْئًا. وَاللَّهَبُ

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