« Par celles qui soufflent violemment »
Al-Mahdawî affirme, sans divergence, qu’il s’agit des vents.
Ibn Masʿûd a dit : ce sont les vents impétueux (ar-riyâḥ al-ʿawâṣif) qui soulèvent l’ʿasf, à savoir les feuilles et débris des moissons, comme l’énonce le Très-Haut : « … et qu’Il déchaîne contre vous un vent cinglant… » [Al-Isrâʾ : 69].
D’aucuns ont soutenu que les « ʿâsifât » sont les anges préposés aux vents ; ils les excitent et les dirigent. D’autres ont avancé qu’il s’agit des anges qui arrachent violemment l’âme du mécréant.
On dit dans la langue : ʿasafa bi-shayʾ(i) – il l’a détruit, anéanti ; une chamelle ʿasûf est celle qui emporte son cavalier, s’élançant avec la rapidité du vent ; et l’expression « la guerre ʿasafat bi-l-qawm » signifie qu’elle les a emportés.
Il a encore été suggéré que l’on vise par là les signes exterminateurs, tels que les séismes ou les éclipses.
« Par celles qui répandent largement »
Les « nâshirât » seraient, selon la plupart, les anges chargés des nuages : ils les déploient et les étendent.
Ibn Masʿûd et Mujâhid disent : ce sont les vents qu’Allah, exalté soit-Il, envoie en avant-coureurs de Sa miséricorde ; ils étalent la nuée pour la pluie. Ce propos est également rapporté d’Abû Ṣâliḥ.
Toujours selon Abû Ṣâliḥ : il s’agit des pluies elles-mêmes, car elles répandent la végétation ; « an-nashr » prend alors le sens de « redonner la vie ». Les Arabes disent : nashara-Llâhu al-mayyita wa-ansharahu – Il a ressuscité le mort.
As-Suddî rapporte encore qu’il s’agit des anges qui diffusent les Livres d’Allah – Très-Haut.
Ad-Ḍaḥḥâk tient de Ibn ʿAbbâs qu’il est question de tout ce qui est déployé en matière d’Écritures et des œuvres des fils d’Adam ; il dit lui-même : il s’agit des feuillets exposés devant Allah, contenant les actions des serviteurs.
Selon ar-Rabîʿ, c’est la Résurrection : les âmes y sont répandues. Il ajoute que la conjonction « wa » qui précède « an-nâshirât » introduit un nouveau serment.
« Par celles qui distinguent nettement »
Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, ad-Ḍaḥḥâk et Abû Ṣâliḥ expliquent qu’il s’agit des anges qui descendent avec la distinction entre la vérité et le faux.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte encore de Ibn ʿAbbâs qu’ils répartissent les nourritures, les subsistances et les termes des vies.
Ibn Abî Najîḥ, d’après Mujâhid, estime que les « fâriqât » sont les vents : ils dispersent et morcellent les nuées.
Saʿîd rapporte de Qatâda : le verset renvoie au Furqân (le Coran), par lequel Allah a séparé vérité et fausseté, licite et illicite ; avis partagé par al-Ḥasan et Ibn Kaysân.
Certaines exégèses y voient les messagers eux-mêmes, car ils ont distingué ce qu’Allah a ordonné de ce qu’Il a interdit, l’ayant clairement exposé.
D’autres enfin considèrent qu’il s’agit des nuages porteurs de pluie, comparés à la chamelle « fâriq » – la femelle gravide qui, une fois délivrée, s’écarte et erre dans la steppe –, de même que les nuées