Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sûrat al-Mursalât (77) : versets 1 à 15]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
- Par celles que l’on envoie successivement,
- puis par celles qui soufflent violemment,
- puis par celles qui dispersent largement,
- ensuite par celles qui distinguent nettement,
- puis par celles qui lancent un rappel,
- tantôt pour présenter des excuses, tantôt pour avertir,
- ce dont on vous menace se réalisera assurément.
- Lorsque donc les étoiles seront effacées,
- lorsque le ciel sera fendu,
- lorsque les montagnes seront pulvérisées,
- et lorsque les messagers auront été fixés pour un terme déterminé,
- pour quel jour ont-ils été ajournés ?
- Pour le Jour de la Décision.
- Et qui te fera comprendre ce qu’est le Jour de la Décision ?
- Malheur, ce jour-là, aux négateurs !
La majorité des exégètes estiment que l’expression « les Envoyées » désigne les vents.
Masrûq rapporte d’après ʿAbd Allâh : « Ce sont les anges ; ils ont été envoyés pour transmettre ce qu’Allah – Très-Haut – ordonne, interdit, informe et révèle. » Cet avis est également partagé par Abû Hurayra, Muqâtil, Abû Ṣâliḥ et al-Kalbî.
On a dit encore : ce sont les prophètes, envoyés pour proclamer « Lâ ilâha illâ L-Lâh » ; c’est l’opinion d’Ibn ʿAbbâs. Abû Ṣâliḥ a aussi déclaré : « Ce sont les messagers, dépêchés avec les miracles qui les font reconnaître. »
Selon Ibn ʿAbbâs et Ibn Masʿûd, il s’agit bel et bien des vents, comme Allah – Exalté soit-Il – dit : « Et Nous avons envoyé les vents… » [Al-Ḥijr : 22], et : « C’est Lui qui envoie les vents… » [Al-Aʿrâf : 57].
Le terme ʿurfan signifie : se succédant les uns aux autres, à la manière de la crinière du cheval. Les Arabes disent : « Les gens se dirigent vers untel en un même ʿurf » lorsqu’ils affluent en foule. Le mot est ici à l’accusatif de relation (ḥâl) lié à « les Envoyées », c’est-à-dire : les vents envoyés successivement. On peut aussi l’entendre comme un masdar signifiant « successivement », ou le considérer sous-entendant une préposition, comme si l’on disait : « par les Envoyées selon l’ʿurf ». Dans ce cas, l’expression renverrait aux anges, ou aux anges et aux messagers.
Il a également été avancé que « les Envoyées » désignent les nuages, parce qu’ils sont porteurs à la fois de bienfait et de châtiment, connaissant parfaitement la mission et la destination qui leur sont assignées.
D’autres ont dit : il s’agit des avertissements et exhortations ; selon cette interprétation, ʿurfan signifie « successifs », tel la crinière du cheval – opinion rapportée d’Ibn Masʿûd. Al-Ḥasan a soutenu qu’il s’agit des « coureuses », c’est-à-dire celles qui se meuvent dans les cœurs. D’autres enfin ont affirmé qu’il s’agit des vérités reconnues par l’intellect.