Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde » : c’est-à-dire qu’Il l’introduit au Paradis, par miséricorde pour lui. Quant à « les injustes », le sens est : « et Il châtie les injustes ». Leur déclinaison à l’accusatif repose sur le verbe sous-entendu « Il châtie ».

Al-Zajjâj dit : « Le mot al-ẓâlimîn (les injustes) est à l’accusatif parce que ce qui le précède l’est déjà ; autrement dit : “Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde et Il châtie les injustes, c’est-à-dire les polythéistes.” L’expression “Il a préparé pour eux” vient expliciter ce verbe omis. »

Comme l’a exprimé le poète :
Je ne porte plus d’armes, je suis désarmé,
Et ne tiens plus le cou du chameau effrayé ;
Seul, j’ai peur du loup si je viens à le voir,
Et je crains vents et pluie avec la même peur.

Autrement dit : « Je crains le loup, je le crains. »

Al-Zajjâj poursuit : « L’accusatif est la lecture privilégiée, bien que le nominatif soit permis. Ainsi dira-t-on : “J’ai gratifié Zayd, et ʿAmr, j’ai préparé pour lui de la bonté”, où l’on retient l’accusatif, c’est-à-dire : “et j’ai été bienfaisant envers ʿAmr” ou “je serai bienfaisant envers ʿAmr”. »

Concernant Sa parole dans « Ḥâ Mîm ʿAyn Sīn Qâf » : « Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde, et les injustes… » (Ash-Shûrâ : 8), « les injustes » apparaît au nominatif, car aucun verbe ne le gouverne ensuite ; il ne pouvait donc être rattaché à l’accusatif qui précède et s’élève en sujet d’une nouvelle proposition.

Ici, en revanche, l’expression « Il a préparé pour eux un châtiment » renvoie implicitement à « et Il châtie » ; l’accusatif y est donc recevable. Abân b. ʿUthmân a d’ailleurs lu « et les injustes » au nominatif, prenant « Il a préparé pour eux » pour prédicat.

« Un châtiment douloureux » : c’est-à-dire pénible et tourmentant. Cette explication a déjà été donnée dans la Sûrat al-Baqarah(1) et ailleurs. Louange à Allah. Ainsi s’achève la sûra.

[Tafsîr de Sûrat al-Mursalât]

Sûrat al-Mursalât est mecquoise selon al-Ḥasan, ʿIkrima, ʿAtâʾ et Jâbir. Ibn ʿAbbâs et Qatâda estiment qu’elle l’est, à l’exception d’un seul verset – « Et lorsqu’on leur dit : « Inclinez-vous », ils ne s’inclinent pas » (77 : 48) – qui serait médinois.

Ibn Masʿûd rapporte : « La sûra “Wa-l-mursalâti ʿurfâ” fut révélée au Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – la nuit des jinns, tandis que nous cheminions avec lui. Nous nous abritâmes dans une grotte à Minâ ; c’est là qu’elle descendit. Alors que nous la recevions de sa bouche encore humide de récitation, un serpent bondit ; nous voulûmes le tuer, mais il s’enfuit. Le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – dit : « Vous avez été préservés de son mal, comme il a été préservé du vôtre. » »

Kurayb, affranchi d’Ibn ʿAbbâs, relate : « Je récitai Sûrat “Wa-l-mursalâti ʿurfâ”. Umm al-Faḍl, l’épouse d’al-ʿAbbâs, m’entendit, se mit à pleurer et dit : “Par Allah, mon fils, ta récitation m’a rappelé cette sûra : c’est la dernière que j’ai entendu le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – réciter dans la prière du Maghrib.” » Et Allah est plus Savant. Elle compte cinquante versets.

يُدْخِلُ مَنْ يَشاءُ فِي رَحْمَتِهِ أَيْ يُدْخِلُهُ الْجَنَّةَ رَاحِمًا لَهُ وَالظَّالِمِينَ أَيْ وَيُعَذِّبُ الظَّالِمِينَ فَنَصْبُهُ بِإِضْمَارِ يُعَذِّبُ. قَالَ الزَّجَّاجُ: نَصَبَ الظَّالِمِينَ لان قبله منصوب، أَيْ يُدْخِلُ مَنْ يَشَاءُ فِي رَحْمَتِهِ وَيُعَذِّبُ الظَّالِمِينَ أَيِ الْمُشْرِكِينَ وَيَكُونُ أَعَدَّ لَهُمْ تَفْسِيرًا لِهَذَا الْمُضْمَرِ، كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ: أَصْبَحْتُ لَا أَحْمِلُ السِّلَاحَ وَلَا ... أَمْلِكُ رَأْسَ الْبَعِيرِ إِنْ نَفَرَا وَالذِّئْبَ أَخْشَاهُ إِنْ مَرَرْتُ بِهِ ... وَحْدِي وَأَخْشَى الرِّيَاحَ وَالْمَطَرَا أَيْ أَخْشَى الذِّئْبَ أَخْشَاهُ. قَالَ الزَّجَّاجُ: وَالِاخْتِيَارُ النَّصْبُ وَإِنْ جَازَ الرَّفْعُ، تَقُولُ: أَعْطَيْتُ زَيْدًا وَعَمْرًا أَعْدَدْتُ لَهُ بِرًّا، فَيُخْتَارُ النَّصْبُ، أَيْ وَبَرَرْتُ عَمْرًا أَوْ أَبَرُّ عَمْرًا. وَقَوْلُهُ فِي " حم عسق" : يُدْخِلُ مَنْ يَشاءُ فِي رَحْمَتِهِ وَالظَّالِمُونَ [الشورى: ٨] ارْتَفَعَ لِأَنَّهُ لَمْ يُذْكَرْ بَعْدَهُ فِعْلٌ يَقَعُ عَلَيْهِ فَيُنْصَبُ فِي الْمَعْنَى، فَلَمْ يَجُزِ الْعَطْفُ على المنصوب قبله فارتفع بالابتداء. وها هنا قَوْلُهُ: أَعَدَّ لَهُمْ عَذاباً يَدُلُّ عَلَى وَيُعَذِّبُ، فَجَازَ النَّصْبُ. وَقَرَأَ أَبَانُ بْنُ عُثْمَانَ (وَالظَّالِمُونَ) رَفْعًا بِالِابْتِدَاءِ وَالْخَبَرُ أَعَدَّ لَهُمْ. عَذاباً أَلِيماً أَيْ مُؤْلِمًا مُوجِعًا. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا فِي سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" «١» وَغَيْرِهَا وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. خُتِمَتِ السُّورَةُ. [تفسير سورة المرسلات] سُورَةُ الْمُرْسَلَاتِ مَكِّيَّةٌ فِي قَوْلِ الْحَسَنِ وَعِكْرِمَةَ وَعَطَاءٍ وَجَابِرٍ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَقَتَادَةُ إِلَّا آيَةً مِنْهَا، وَهِيَ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَإِذا قِيلَ لَهُمُ ارْكَعُوا لا يَرْكَعُونَ [المرسلات: ٤٨] مَدَنِيَّةٌ. وَقَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: نَزَلَتْ وَالْمُرْسَلاتِ عُرْفاً عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْلَةَ الْجِنِّ وَنَحْنُ مَعَهُ نَسِيرُ، حَتَّى أَوَيْنَا إِلَى غَارٍ بِمِنًى فَنَزَلَتْ، فَبَيْنَا نَحْنُ نَتَلَقَّاهَا مِنْهُ، وَإِنَّ فَاهُ لَرَطْبٌ بِهَا إِذْ وَثَبَتْ حَيَّةٌ، فَوَثَبْنَا عَلَيْهَا لِنَقْتُلَهَا فَذَهَبَتْ، فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (وُقِيتُمْ شَرَّهَا كَمَا وُقِيَتْ شَرَّكُمْ) . وَعَنْ كُرَيْبٍ مَوْلَى ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: قَرَأْتُ سُورَةَ وَالْمُرْسَلاتِ عُرْفاً فَسَمِعَتْنِي أُمُّ الْفَضْلِ امْرَأَةُ الْعَبَّاسِ، فَبَكَتْ وَقَالَتْ: وَاللَّهِ يَا بُنَيَّ لَقَدْ أَذْكَرْتَنِي بِقِرَاءَتِكَ هَذِهِ السُّورَةَ إِنَّهَا لَآخِرُ مَا سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقْرَأُ بِهَا فِي صَلَاةِ الْمَغْرِبِ. وَاللَّهُ أعلم. وهي خمسون آية.
(١). راجع ج ١ ص ١٩٨

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