« Bi’asrihi » signifie : « en son entier », lorsqu’ils veulent dire : « il est entièrement à toi », comme s’ils avaient voulu le sceller (1) et le serrer, sans en ouvrir ni en retrancher quoi que ce soit. De là provient le terme « al-asîr » (le captif), parce qu’on l’attachait avec des entraves.
Le propos assume ici la forme d’une marque de bienfait à leur égard : alors qu’Il les combla de grâces, ils y répondirent par la désobéissance, c’est-à-dire : « J’ai façonné ta création, je l’ai affermie par les facultés, puis tu mécrois en Moi. »
(« Et si Nous le voulons, Nous changeons leurs semblables d’un changement complet. »)
Ibn ʿAbbâs a dit : c’est-à-dire : « Si Nous voulions, Nous les anéantirions et Nous ferions venir des gens plus obéissants à Allah qu’eux. »
Il a également rapporté : « Nous transformerions leur beauté en formes des plus vilaines et des plus repoussantes. » C’est ainsi que l’a transmis ad-Ḍaḥḥâk d’après lui, tandis que la première explication a été rapportée par Abû Ṣâliḥ.
[Sourate al-Insân (76), versets 29 à 31]
« Certes, ceci est un rappel ; que celui qui veut prenne donc vers son Seigneur un chemin » (29)
« Et vous ne voulez que si Allah veut. Allah est, certes, Omniscient, Sage » (30)
« Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde, tandis qu’aux injustes Il a préparé un châtiment douloureux » (31)
Parole du Très-Haut : « Certes, ceci », c’est-à-dire toute la sourate, « est un rappel », une exhortation. « Que celui qui veut prenne vers son Seigneur un chemin », c’est-à-dire une voie menant à Son obéissance et à la recherche de Son agrément.
On a dit : « un chemin » signifie « un moyen » ; et l’on a dit : « une orientation et une voie menant au Paradis » (2) ; le sens est identique.
« Et vous ne voulez » — c’est-à-dire l’obéissance, la droiture et l’emprunt de la voie menant à Allah — « que si Allah veut ». Il a ainsi fait savoir que l’affaire dépend de Lui, exalté soit-Il, non d’eux ; que nul dessein ne prend effet ni ne précède le Sien.
Ibn Kathîr et Abû ʿAmr ont lu : « wa-mâ yashâ’ûn » avec le yâ’ (ils), en tant qu’énoncé à leur sujet ; les autres lecteurs l’ont lu avec le tâ’ (vous), comme adresse à Allah — glorifié soit-Il.
Il a été dit : le premier verset serait abrogé par le second ; toutefois, l’avis le plus plausible est qu’il ne s’agit pas d’abrogation, mais d’une clarification selon laquelle cela ne se réalise que par Sa volonté.
Al-Farrâ’ a dit : « Et vous ne voulez que si Allah veut » répond à Sa parole : « Que celui qui veut prenne vers son Seigneur un chemin » ; Il leur a ensuite annoncé que la décision ne leur appartient pas, disant : « Vous ne voulez ce chemin que si Allah le veut pour vous. » Allah est, certes, Omniscient de vos actes, Sage dans Ses ordres et Ses interdictions — cela a déjà été exposé ailleurs.
(1) I.e. le fermer hermétiquement.
(2) C.-à-d. la voie qui conduit au Paradis.