ni mantique, ni poésie ; c’est bel et bien la Vérité.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Le Coran a été révélé par fragments, verset après verset, et il n’a pas été descendu en une seule fois ; c’est pour cette raison qu’Il a dit : “Nous avons fait descendre…”, et l’explication de cela a déjà été exposée » ¹. Louange à Allah.
Parole du Très-Haut :
« Endure donc le jugement de ton Seigneur »
autrement dit : le décret de ton Seigneur.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Supporte le tort des polythéistes ; telle est Ma décision ». Puis ce verset fut abrogé par celui concernant le combat.
On a également dit : « Sois patient à l’égard de ce qui t’a été prescrit comme actes d’obéissance, ou attends le jugement d’Allah, car Il t’a promis de te secourir contre eux ; ne te hâte pas, cela se réalisera immanquablement. – Et ne suis pas, parmi eux, un pécheur ni un ingrat », c’est-à-dire : ne suis pas les mécréants.
Muʿammar rapporte de Qatâda : Abû Jahl déclara : « Si je vois Muhammad prier, je foulerai son cou. » Alors Allah, Puissant et Majestueux, fit descendre : « Et ne suis pas, parmi eux, un pécheur ou un ingrat. »
On raconte encore que ce verset fut révélé au sujet de ʿUtba ibn Rabîʿa et al-Walîd ibn al-Mughîra. Ils étaient venus offrir au Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – des biens et un mariage, à condition qu’il cesse d’évoquer la prophétie ; c’est donc à leur propos qu’Il révéla : « Et ne suis pas, parmi eux, un pécheur ou un ingrat. »
Muqâtil dit : Celui qui proposa le mariage fut ʿUtba ibn Rabîʿa, qui affirma : « Mes filles comptent parmi les plus belles femmes de Quraych ; je te marie ma fille sans dot, renonce seulement à cette affaire. » Al-Walîd ajouta : « Si ce que tu as fait, tu l’as fait pour de l’argent, je t’en donnerai jusqu’à ce que tu sois satisfait ; renonce seulement à cette affaire. » C’est alors que le verset fut révélé.
On a ensuite dit : dans la parole du Très-Haut : « un pécheur ou un ingrat », la conjonction « ou (aw) » est plus contraignante que la « wâw (et) ». En effet, si tu dis : « Ne suis pas Zayd et ʿAmr », et qu’il en suit l’un des deux, il n’est pas considéré désobéissant, car on ne lui a interdit que d’obéir aux deux à la fois. Mais si tu dis : « Ne suis pas, parmi eux, un pécheur ou un ingrat », le « ou » indique que chacun isolément doit être désobéi. De même, lorsque tu dis : « Ne contredis ni al-Ḥasan ni Ibn Sîrîn » ou « Suis al-Ḥasan ou Ibn Sîrîn », tu affirmes que ces deux hommes méritent d’être suivis et que chacun d’eux, pris séparément, le mérite. C’est l’explication de az-Zajjâj.
Al-Farrâʾ a dit : Ici, la particule « ou » tient lieu de « ni », comme s’Il avait dit : « ni un ingrat ».
Le poète a dit : (AABB)
Nulle mère endeuillée n’endura telle douleur,
Ni la chamelle égarée ne connut pareille douleur ;
Ou bien ce vieil errant, lorsque partent les pèlerins,
Perdit son chameau fidèle, solitaire parmi les pèlerins.
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¹ Voir supra la discussion détaillée.