Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et ils seront parés… » – cette proposition se coordonne à « …et des pages circuleront ». « De bracelets d’argent. » Dans la sourate Fâṭir il est dit : « Ils y seront parés de bracelets d’or », et dans la sourate al-Ḥajj : « Ils y seront parés de bracelets d’or et de perles » (22 : 23).

Il a donc été avancé :
– Le bijou approprié à l’homme est l’argent, et celui de la femme l’or ;
– Selon d’autres, tantôt ils porteront de l’or, tantôt de l’argent ;
– D’autres encore affirment que chacun d’eux portera, à la main, deux bracelets d’or, deux d’argent et deux de perles, afin que se réunissent pour eux toutes les beautés du Paradis ; c’est l’avis de Saʿîd b. al-Musayyab ;
– On a également dit : chaque peuple recevra ce vers quoi son âme incline.

« Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson purifiante. »

ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – a expliqué : lorsque les gens du Paradis se dirigent vers lui, ils passent sous un arbre dont le tronc fait jaillir deux sources. Ils boivent à la première ; la fraîcheur de la félicité coule alors sur eux, leurs visages ne changent plus et leurs cheveux ne se hérissent jamais. Puis ils boivent à la seconde et tout ce que recelaient leurs ventres comme nuisance est expulsé.

Les gardiens du Paradis viennent ensuite à leur rencontre et leur disent : « Paix sur vous ! Vous avez été purs ; entrez-y pour y demeurer à jamais » (az-Zumar, 39 : 73).

An-Nakhʿî et Abû Qilâba ont dit : quand ils la boiront après avoir mangé, cette boisson les purifiera ; ce qu’ils auront consommé se changera en une sueur parfumée de musc et leurs ventres s’affineront.

Muqâtil a dit : c’est une source placée à la porte du Paradis, jaillissant du tronc d’un arbre ; quiconque en boit, Allâh ôte de son cœur toute rancœur, tromperie et jalousie, ainsi que de son intérieur toute saleté et souillure. Tel est aussi le sens du propos rapporté de ʿAlî, sauf que, chez Muqâtil, il n’est question que d’une seule source ; « taḥûr » est alors un intensif du schème faʿûl et ne constitue pas, pour les Ḥanafites, une preuve qu’il signifie simplement « pur ». Cette question a déjà été traitée dans la sourate al-Furqân – louange à Allâh.

Ṭayyib al-Jammâl rapporte : « J’ai accompli la prière du soir derrière Sahl b. ʿAbd Allâh ; lorsqu’il récita : “Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson purifiante”, il remuait ses lèvres et sa bouche comme s’il suçait quelque chose. Quand il acheva, on lui demanda : “Buvais-tu ou récitais-tu ?” Il répondit : “Par Allâh, si je ne trouvais pas, en le récitant, la même douceur que si je le buvais, je ne l’aurais pas récité.” »

Parole du Très-Haut :

« En vérité, ceci est pour vous une récompense. » Autrement dit, on leur dira : « Voilà pour vous votre rétribution, c’est-à-dire votre salaire. » « Et votre effort », c’est-à-dire votre œuvre, « a été reconnu » de la part d’Allâh ; Son remerciement envers le serviteur consiste à agréer son obéissance, à le louer et à le rétribuer.

Saʿîd rapporte de Qatâda qu’il a dit : « Il leur a pardonné leur péché et a rétribué leur belle action. »

قَوْلُهُ تَعَالَى: وَحُلُّوا عَطْفٌ عَلَى وَيَطُوفُ. أَساوِرَ مِنْ فِضَّةٍ وَفِي سُورَةِ فَاطِرٍ يُحَلَّوْنَ فِيها مِنْ أَساوِرَ مِنْ ذَهَبٍ وَفِي سُورَةِ الْحَجِّ يُحَلَّوْنَ فِيها مِنْ أَساوِرَ مِنْ ذَهَبٍ وَلُؤْلُؤاً [الحج: ٢٣] ، فَقِيلَ: حُلِيُّ الرَّجُلِ الْفِضَّةُ وَحُلِيُّ الْمَرْأَةِ الذَّهَبُ. وَقِيلَ: تَارَةً يَلْبَسُونَ الذَّهَبَ وَتَارَةً يَلْبَسُونَ الْفِضَّةَ. وَقِيلَ: يُجْمَعُ فِي يَدِ أَحَدِهِمْ سِوَارَانِ مِنْ ذَهَبٍ وَسِوَارَانِ مِنْ فِضَّةٍ وَسِوَارَانِ مِنْ لُؤْلُؤٍ، لِيَجْتَمِعَ لَهُمْ مَحَاسِنُ الْجَنَّةِ، قَالَهُ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ. وَقِيلَ: أَيْ لِكُلِّ قَوْمٍ مَا تَمِيلُ إِلَيْهِ نُفُوسُهُمْ. (وَسَقاهُمْ رَبُّهُمْ شَراباً طَهُوراً) قَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: وَسَقاهُمْ رَبُّهُمْ شَراباً طَهُوراً قَالَ: إِذَا تَوَجَّهَ أَهْلُ الْجَنَّةِ إِلَى الْجَنَّةِ مَرُّوا بِشَجَرَةٍ يَخْرُجُ مِنْ تَحْتِ سَاقِهَا عَيْنَانِ، فَيَشْرَبُونَ مِنْ إِحْدَاهُمَا، فَتَجْرِي عَلَيْهِمْ بِنَضْرَةِ النَّعِيمِ، فَلَا تَتَغَيَّرُ أَبْشَارُهُمْ، وَلَا تَتَشَعَّثُ أَشْعَارُهُمْ أَبَدًا، ثُمَّ يَشْرَبُونَ مِنَ الْأُخْرَى، فَيَخْرُجُ مَا فِي بُطُونِهِمْ مِنَ الْأَذَى، ثُمَّ تَسْتَقْبِلُهُمْ خَزَنَةُ الْجَنَّةِ فَيَقُولُونَ لَهُمْ: سَلامٌ عَلَيْكُمْ طِبْتُمْ فَادْخُلُوها خالِدِينَ [الزمر: ٧٣] . وَقَالَ النَّخَعِيُّ وَأَبُو قِلَابَةَ: هُوَ إِذَا شَرِبُوهُ بَعْدَ أَكْلِهِمْ طَهَّرَهُمْ، وَصَارَ مَا أَكَلُوهُ وَمَا شَرِبُوهُ رَشْحَ مِسْكٍ، وَضَمُرَتْ بُطُونُهُمْ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: هُوَ مِنْ عَيْنِ مَاءٍ عَلَى بَابِ الْجَنَّةِ، تَنْبُعُ مِنْ سَاقِ شَجَرَةٍ، مَنْ شَرِبَ مِنْهَا نَزَعَ اللَّهُ مَا كَانَ فِي قَلْبِهِ مِنْ غِلٍّ وَغِشٍّ وَحَسَدٍ، وَمَا كَانَ فِي جَوْفِهِ مِنْ أَذًى وَقَذَرٍ. وَهَذَا مَعْنَى مَا رُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ، إِلَّا أَنَّهُ فِي قَوْلِ مُقَاتِلٍ عَيْنٌ وَاحِدَةٌ وَعَلَيْهِ فَيَكُونُ فَعُولًا لِلْمُبَالَغَةِ، وَلَا يَكُونُ فِيهِ حُجَّةً لِلْحَنَفِيِّ أَنَّهُ بِمَعْنَى الطَّاهِرِ. وَقَدْ مَضَى بَيَانُهُ فِي سُورَةِ " الْفُرْقَانِ" «١» وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. وَقَالَ طَيِّبُ الْجَمَّالِ: صَلَّيْتُ خَلْفَ سَهْلِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ الْعَتَمَةَ فَقَرَأَ وَسَقاهُمْ رَبُّهُمْ شَراباً طَهُوراً وَجَعَلَ يُحَرِّكُ شَفَتَيْهِ وَفَمَهُ، كَأَنَّهُ يَمُصُّ شَيْئًا، فَلَمَّا فَرَغَ قِيلَ لَهُ: أَتَشْرَبُ أَمْ تَقْرَأُ؟ فَقَالَ: وَاللَّهِ لَوْ لَمْ أَجِدْ لَذَّتَهُ عِنْدَ قِرَاءَتِهِ كَلَذَّتِهِ عِنْدَ شُرْبِهِ مَا قَرَأْتُهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ هَذَا كانَ لَكُمْ جَزاءً) أَيْ يُقَالُ لَهُمْ: إِنَّمَا هَذَا جَزَاءٌ لَكُمْ أَيْ ثَوَابٌ. وَكانَ سَعْيُكُمْ أَيْ عَمَلُكُمْ مَشْكُوراً أَيْ مِنْ قِبَلِ اللَّهِ، وَشُكْرُهُ لِلْعَبْدِ قَبُولُ طَاعَتِهِ، وَثَنَاؤُهُ عَلَيْهِ، وَإِثَابَتُهُ إِيَّاهُ. وَرَوَى سَعِيدٌ عَنْ قَتَادَةَ قَالَ: غَفَرَ لَهُمُ الذَّنْبَ وشكر لهم الحسنى. وقال
(١). راجع ج ١٣ ص ٣٩

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