sur un tapis tissé d’or, sur lequel les dames du palais du calife avaient répandu des perles. Il les contempla, éparpillées sur ce tapis, trouva la scène admirable et déclara :
« Par Allah, quelle verve qu’Abû Nuwâs ! On dirait qu’il a vu cela lorsqu’il a dit :
Comme si, petites et grandes, bulles de son écume, trésor d’or,
Ressemblaient à des graviers de perle semés sur un tapis d’or. »
On a dit : il les a comparés à des perles dispersées parce qu’ils sont rapides au service, contrairement aux houris aux grands yeux, qu’Il a assimilées à « la perle cachée, préservée », car elles ne sont pas employées au service.
Parole du Très-Haut :
« Et lorsque tu regarderas là-bas, tu verras des délices et un royaume immense. »
Thamma est un adverbe de lieu : « là-bas », c’est-à-dire dans le Paradis. Le verbe qui le régit est contenu dans ra’ayta : « et lorsque tu verras de tes yeux là-bas… »
Al-Farrâ’ a dit : il y a dans la phrase une mâ implicite ; le sens est : « et lorsque tu verras ce qu’il y a là-bas », comme dans la Parole du Très-Haut : « … a cessé entre vous » (Al-Anʿâm, 94), c’est-à-dire « ce qu’il y avait entre vous ».
Al-Zajjâj a dit : la mâ est un pronom relatif rattaché à thamma, comme l’a mentionné Al-Farrâ’ ; il n’est pas permis de supprimer ce relatif ni sa subordonnée. Toutefois, ra’ayta peut, quant au sens, gouverner directement thamma ; le sens est : « lorsque tu verras de tes yeux là-bas », et par « là-bas » on entend le Paradis ; Al-Farrâ’ l’a également rappelé.
Le naʿîm désigne tout ce dont on jouit.
Quant au « royaume immense », c’est, selon As-Suddî et d’autres, le fait que les anges demandent permission pour entrer auprès d’eux.
Al-Kalbî a dit : il s’agit du fait qu’un messager vienne, de la part d’Allah, apportant un honneur fait d’habits, de nourriture, de boisson et de présents, au walî d’Allah alors qu’il se trouve dans sa demeure ; il demande alors à être introduit ; voilà le vaste royaume. C’est aussi l’avis de Muqâtil ibn Sulaymân.
On a dit encore : le « royaume immense », c’est que chacun d’eux ait soixante-dix chambellans, l’un derrière l’autre ; tandis que le proche d’Allah est plongé dans sa félicité et sa joie, un ange, envoyé par Allah, demande à se présenter à lui, porteur d’une lettre, d’un présent et d’offrandes venant du Seigneur des mondes que ce walî n’a jamais encore vus au Paradis.
Il dit alors au chambellan le plus extérieur : « Demande la permission d’entrer auprès du walî d’Allah, car j’ai avec moi une lettre et un cadeau du Seigneur des mondes. » Ce chambellan dit au suivant : « Voici un messager du Seigneur des mondes, porteur d’une lettre et d’un cadeau ; il sollicite la permission d’entrer auprès du walî d’Allah. » Ainsi la demande se transmet, de chambellan en chambellan, jusqu’à celui qui se tient auprès du walî d’Allah et lui dit : « Ô walî d’Allah, un messager du Seigneur des mondes sollicite d’entrer auprès de toi ; il porte une lettre et une offrande du Seigneur des mondes : l’y autorise-t-on ? » – « Oui ! Laissez-le entrer. » Le chambellan suivant reprend : « Oui, introduisez-le. »[4] Et chaque chambellan répète de même à l’autre, jusqu’à ce qu’il parvienne