Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La boisson est mêlée de gingembre en raison de l’excellence de son parfum ; en effet, cette épice pique doucement la langue et facilite la digestion. C’est donc au moyen de ce qu’ils tenaient pour le comble du bienfait et de la suavité que les gens furent conviés aux délices de l’Au-delà.

Al-Musayyab b. ʿAlas, décrivant le sourire d’une femme, a récité :
A On croirait savourer du gingembre enchanteur,
A Dont la douceur subtile va droit jusqu’au cœur ;
B Et lorsque tu le goûtes, c’est un vin des plus purs,
B Un nectar lumineux à l’arôme le plus pur.

On en rapporte aussi la variante : « …et la lie du raisin ». Un autre poète a dit :
A On dirait qu’un rejeton de gingembre odorant,
A A passé la nuit dans sa bouche en baiser caressant ;
B D’où s’exhale un parfum suave, vif et pénétrant,
B Qui se répand alentour, capiteux et flottant.

De même, al-Aʿshâ a chanté :
A Comme girofle et gingembre mêlés et parfumés,
A Qui toute la nuit dans sa bouche se sont logés ;
B Il en monte un arôme subtil, exalté,
B Qui s’étend, capiteux, doux et velouté.

Mujâhid a déclaré : « “Zanjabîl” est le nom de la source dont est tiré le mélange de la boisson des Justes. » Qatâdah a tenu les mêmes propos : « “Zanjabîl” est la source que les rapprochés (al-muqarrabûn) boivent pure, tandis qu’elle est mêlée pour les autres habitants du Paradis. »

Il a également été dit que c’est une source au Paradis dont l’eau a le goût du gingembre ; ou encore que le terme renvoie, par extension, à une boisson mêlée de gingembre, comme si l’on disait : « elle contient du gingembre. »

Le mot « ʿaynan » (une source) est mis en apposition à « kaʾs » (coupe) ; il peut aussi être à l’accusatif par élision d’un verbe sous-entendu : « ils seront abreuvés d’une source ». On peut encore l’expliquer par la chute de la préposition « min », selon l’exemple du verset : « ʿaynan yashrabu bihâ ʿibâdullâh » (al-Insân, 6).

Dans le Paradis se trouve donc une source nommée « Salsabîl ». Ce terme désigne une boisson délicieuse ; c’est une forme faʿlalîl dérivée de la racine salâla (« suc extrait »). Les Arabes disent : « ce breuvage est salis, salsâl, salsal ou salsabîl » – autant de termes synonymes signifiant qu’il est doux et savoureux.

Al-Ṣiḥâḥ rapporte : « tasalsala al-mâʾu fî al-ḥalq » : l’eau a coulé dans la gorge ; « salsaltuhu anâ » : je l’y ai versée. Une eau qualifiée de « salsal » ou « salsâl » est celle qui glisse aisément dans la gorge par sa douceur et sa limpidité ; « as-salâsil » (avec ḍamma) a le même sens.

Selon az-Zajjâj, « salsabîl », dans la langue, est un nom donné à ce qui atteint l’extrême fluidité ; la source a donc été appelée ainsi d’après cette propriété.

Mujâhid rapporte encore : « Salsabîlâ : elle coule avec vigueur, s’insinuant dans leurs gorges avec facilité. » Ibn ʿAbbâs a tenu un propos similaire : « C’est une eau au courant rapide. » Al-Mâwardî l’a mentionné, et Ḥassân b. Thâbit – qu’Allah l’agrée – l’a également évoqué dans ses vers.

الشَّرَابِ مَا يُمْزَجُ بِالزَّنْجَبِيلِ لِطِيبِ رَائِحَتِهِ، لِأَنَّهُ يَحْذُو اللِّسَانَ، وَيَهْضِمُ الْمَأْكُولَ، فَرُغِّبُوا فِي نَعِيمِ الْآخِرَةِ بِمَا اعْتَقَدُوهُ نِهَايَةَ النِّعْمَةِ وَالطِّيبِ. وَقَالَ الْمُسَيَّبُ بْنُ عَلَسٍ يَصِفُ ثَغْرَ الْمَرْأَةِ: وَكَأَنَّ طَعْمَ الزَّنْجَبِيلِ بِهِ ... إِذْ ذُقْتَهُ وَسَلَافَةَ الْخَمْرِ وَيُرْوَى. الْكَرْمُ. وَقَالَ آخَرُ «١» : كَأَنَّ جَنِيًّا مِنَ الزَّنْجَبِي ... - لِ بَاتَ بِفِيهَا وَأَرْيًا مَشُورًا وَنَحْوُهُ قَوْلُ الْأَعْشَى: كَأَنَّ الْقُرُنْفُلَ وَالزَّنْجَبِي ... - لَ بَاتَا بِفِيهَا وَأَرْيًا مَشُورًا وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الزَّنْجَبِيلُ اسْمٌ لِلْعَيْنِ الَّتِي مِنْهَا مِزَاجُ شَرَابِ الْأَبْرَارِ. وَكَذَا قَالَ قَتَادَةُ: وَالزَّنْجَبِيلُ اسْمُ الْعَيْنِ الَّتِي يَشْرَبُ بِهَا الْمُقَرَّبُونَ صِرْفًا وَتُمْزَجُ لِسَائِرِ أَهْلِ الْجَنَّةِ. وَقِيلَ: هِيَ عَيْنٌ فِي الْجَنَّةِ يُوجَدُ فِيهَا طَعْمُ الزَّنْجَبِيلِ. وَقِيلَ: إِنَّ فِيهِ مَعْنَى الشَّرَابِ الْمَمْزُوجِ بِالزَّنْجَبِيلِ. وَالْمَعْنَى كَأَنَّ فِيهَا زَنْجَبِيلًا. عَيْناً بَدَلٌ مِنْ كَأْسٍ. وَيَجُوزُ أَنْ يَنْتَصِبَ بِإِضْمَارِ فِعْلٍ أَيْ يُسْقَوْنَ عَيْنًا. وَيَجُوزُ نَصْبُهُ بِإِسْقَاطِ الْخَافِضِ أَيْ مِنْ عَيْنٍ عَلَى مَا تَقَدَّمَ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: عَيْناً يَشْرَبُ بِها عِبادُ اللَّهِ [الإنسان: ٦] . فِيها أَيْ فِي الْجَنَّةِ تُسَمَّى سَلْسَبِيلًا السَّلْسَبِيلُ الشَّرَابُ اللَّذِيذُ، وَهُوَ فَعْلَلِيلٌ مِنَ السُّلَالَةِ، تَقُولُ الْعَرَبُ: هَذَا شَرَابٌ سَلِسٌ وَسَلْسَالٌ وَسَلْسَلٌ وَسَلْسَبِيلٌ بِمَعْنًى، أَيْ طَيِّبُ الطَّعْمِ لَذِيذُهُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَتَسَلْسَلَ الْمَاءُ فِي الْحَلْقِ جَرَى، وَسَلْسَلْتُهُ أَنَا صَبَبْتُهُ فِيهِ، وَمَاءٌ سَلْسَلَ وَسَلْسَالٌ: سَهْلُ الدُّخُولِ فِي الْحَلْقِ لِعُذُوبَتِهِ وَصَفَائِهِ، وَالسُّلَاسِلُ بِالضَّمِّ مِثْلُهُ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: السَّلْسَبِيلُ فِي اللُّغَةِ: اسْمٌ لِمَا كَانَ فِي غَايَةِ السَّلَاسَةِ، فَكَأَنَّ الْعَيْنَ سُمِّيَتْ بِصِفَتِهَا. وَعَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ: سَلْسَبِيلَا: حَدِيدَةُ الْجَرْيَةِ تَسِيلُ فِي حُلُوقِهِمُ انْسِلَالًا. وَنَحْوُهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: إِنَّهَا الْحَدِيدَةُ الْجَرْيِ. ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ، وَمِنْهُ قَوْلُ حَسَّانَ بْنِ ثَابِتٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ:
(١). الذي في ديوان الأعشى هذا البيت لا الذي بعده وفية: خالط فاها ... إلخ والظاهر أن البيتين واحد واختلفت الرواية. والأري: العسل.

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