Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

alors qu’il n’y aura là-bas ni souillure ni chevelure ébouriffée.

On rapporte encore :
« La hauteur des arbres du Paradis équivaut à la distance qu’on parcourt en cent années ; or, dès qu’un wali d’Allah désire leurs fruits, ceux-ci s’abaissent jusqu’à ce qu’il les cueille. »

Le terme dāniyatan est à l’accusatif, employé comme complément circonstanciel (ḥāl) et coordonné à muttakʾīna, comme on dirait : « Dans la demeure se trouve ʿAbd Allâh, étendu, les rideaux tirés sur lui. »

D’autres ont dit qu’il s’agit d’un adjectif qualifiant le Jardin : « Il les a rétribués d’un Jardin devenu tout proche (jannatan dāniyatan) », l’antécédent étant sous-entendu.

On a encore soutenu qu’il dépend du tour : « Ils n’y verront ni soleil ni froid cinglant », autrement dit : « et ils y verront une ombre rapprochée. »

Il a aussi été avancé qu’il figure ici comme parole d’éloge : « Elle s’est approchée, toute proche », ainsi l’a expliqué al-Farrâ’.

L’expression « ẓilāluhā al-ẓilāl » se trouve au nominatif à cause de dāniyatan ; si l’on lisait dāniyatu (au nominatif), faisant de ẓilālu le sujet et de dāniyatu le prédicat, la lecture serait recevable et la proposition constituerait alors un ḥāl rattaché aux pronoms de « wa-jazāhum ». Cette variante est effectivement attestée.

Dans la récitation d’Ibn Masʿûd, on lit : « wa dāniyan ʿalayhim », le verbe étant placé avant.

Dans le muṣḥaf d’Ubayy, on trouve : « wa dān », au nominatif, sous forme de proposition indépendante.

« Dhullilat » signifie que ses coupes, c’est-à-dire ses fruits, leur ont été assujetties et rapprochées ; elles sont mises à leur service, si bien que l’homme debout, assis ou couché les atteint, sans qu’aucune distance ni épine ne repousse leurs mains ; ainsi l’a dit Qatâdah.

Mujâhid a précisé : « Si quelqu’un se lève, [le fruit] s’élève pour lui ; s’il s’assoit, il s’abaisse ; et s’il s’allonge, il se rapproche jusqu’à ce qu’il en mange. »

Il ajoute encore : « Le sol du Paradis est d’argent, sa poussière de safran, son parfum un musc des plus suaves ; les racines de ses arbres sont d’or et d’argent, leurs branches de perles, d’émeraude et de rubis, et les fruits pendent au-dessous de tout cela ; celui qui en mange debout n’en est point incommodé, celui qui en mange assis n’en est point incommodé, et celui qui en mange couché n’en est point incommodé. »

Ibn ʿAbbâs a dit : « Lorsque quelqu’un veut cueillir l’un de ses fruits, celui-ci s’incline vers lui jusqu’à ce qu’il prenne ce qu’il veut ; ‘le rapprochement des coupes’ signifie la facilité de la cueillette. »

Al-quṭûf désigne les fruits ; le singulier est qiṭf (avec kasra sur le qāf), ainsi nommé parce qu’on le cueille (yuqṭaf), tout comme al-janâʾ tire son nom du fait qu’on le récolte (yujnâ).

Le mot tadhlîlan sert d’emphase pour confirmer l’idée d’assujettissement, à l’instar des expressions : « Nous l’avons fait descendre, une descente véritable » (al-Isrâ’, 106) et « Allah a parlé à Moïse, un parler direct » (an-Nisâ’, 164).

Al-Mâwardî dit : « Il est possible que le rapprochement de ses coupes signifie qu’elles surgissent pour eux hors de leurs enveloppes et se présentent dépourvues de noyaux. »

Je dis pour ma part : cette explication est peu vraisemblable, car Ibn al-Mubârak rapporte ce qui suit :

Sufyân nous a informés, sur l’autorité de Hammâd, d’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs, qui a dit : « Les palmiers du Paradis ont des troncs d’émeraude verte, des spathes d’or rouge, leurs palmes constituent l’habit des gens du Paradis — on y taille leurs pièces de vêtement et leurs parures —, et leurs fruits sont pareils à d’immenses jarres et seaux, encore plus… »

وَإِنْ كَانَ لَا وَسَخَ وَلَا شَعَثَ ثَمَّ. وَيُقَالُ: إِنَّ ارْتِفَاعَ الْأَشْجَارِ فِي الْجَنَّةِ مِقْدَارَ مِائَةِ عَامٍ، فَإِذَا اشْتَهَى وَلِيُّ اللَّهِ ثَمَرَتَهَا دَانَتْ حَتَّى يَتَنَاوَلَهَا. وَانْتَصَبَتْ دانِيَةً عَلَى الْحَالِ عَطْفًا عَلَى مُتَّكِئِينَ كَمَا تَقُولُ: فِي الدَّارِ عَبْدُ اللَّهِ مُتَّكِئًا وَمُرْسَلَةٌ عَلَيْهِ الْحِجَالُ. وَقِيلَ: انْتُصِبَتْ نَعْتًا لِلْجَنَّةِ، أَيْ وَجَزَاهُمْ جَنَّةً دَانِيَةً، فَهِيَ صِفَةٌ لِمَوْصُوفٍ مَحْذُوفٍ. وَقِيلَ: عَلَى مَوْضِعِ لَا يَرَوْنَ فِيها شَمْساً وَلا زَمْهَرِيراً وَيَرَوْنَ دَانِيَةً، وَقِيلَ: عَلَى الْمَدْحِ أَيْ دَنَتْ دَانِيَةً. قَالَهُ الْفَرَّاءُ. ظِلالُها الظِّلَالُ مَرْفُوعَةٌ بِدَانِيَةٍ، وَلَوْ قُرِئَ بِرَفْعِ دَانِيَةٍ عَلَى أَنْ تَكُونَ الظِّلَالُ مُبْتَدَأً وَدَانِيَةٌ الْخَبَرَ لَجَازَ، وَتَكُونُ الْجُمْلَةُ فِي مَوْضِعِ الْحَالِ مِنَ الْهَاءِ وَالْمِيمِ فِي وَجَزاهُمْ وَقَدْ قُرِئَ بِذَلِكَ. وَفِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ " وَدَانِيًا عَلَيْهِمْ" لِتَقَدُّمِ الْفِعْلِ. وَفِي حَرْفِ أُبَيِّ " وَدَانٍ" رَفْعٌ عَلَى الِاسْتِئْنَافِ وَذُلِّلَتْ أَيْ سُخِّرَتْ لَهُمْ قُطُوفُها أَيْ ثِمَارُهَا تَذْلِيلًا أَيْ تَسْخِيرًا، فَيَتَنَاوَلُهَا الْقَائِمُ وَالْقَاعِدُ وَالْمُضْطَجِعُ، لَا يَرُدُّ أَيْدِيَهُمْ عَنْهَا بُعْدٌ وَلَا شَوْكٌ، قَالَهُ قَتَادَةُ. وَقَالَ مجاهد: إن قام أحدا ارْتَفَعَتْ لَهُ، وَإِنْ جَلَسَ تَدَلَّتْ عَلَيْهِ، وَإِنِ اضْطَجَعَ دَنَتْ مِنْهُ فَأَكَلَ مِنْهَا. وَعَنْهُ أَيْضًا: أَرْضُ الْجَنَّةِ مِنْ وَرَقِ، وَتُرَابُهَا الزَّعْفَرَانُ، وَطِيبُهَا مِسْكٌ أَذْفَرُ، وَأُصُولُ شَجَرِهَا ذَهَبٌ وَوَرِقٌ، وَأَفْنَانُهَا اللُّؤْلُؤُ وَالزَّبَرْجَدُ وَالْيَاقُوتُ، وَالثَّمَرُ تَحْتَ ذَلِكَ كُلِّهِ، فَمَنْ أَكَلَ مِنْهَا قَائِمًا لَمْ تُؤْذِهِ، وَمَنْ أَكَلَ مِنْهَا قَاعِدًا لَمْ تُؤْذِهِ، وَمَنْ أَكَلَ مِنْهَا مُضْطَجِعًا لَمْ تُؤْذِهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِذَا هَمَّ أَنْ يَتَنَاوَلَ مِنْ ثِمَارِهَا تَدَلَّتْ إِلَيْهِ حَتَّى يَتَنَاوَلَ مِنْهَا مَا يُرِيدُ، وَتَذْلِيلُ الْقُطُوفِ تَسْهِيلُ التَّنَاوُلِ. وَالْقُطُوفُ: الثِّمَارُ، الْوَاحِدُ قِطْفٌ بِكَسْرِ الْقَافِ، سُمِّيَ بِهِ لِأَنَّهُ يُقْطَفُ، كَمَا سُمِّيَ الْجَنَى لِأَنَّهُ يُجْنَى. تَذْلِيلًا تَأْكِيدٌ لِمَا وُصِفَ بِهِ مِنَ الذُّلِّ، كَقَوْلِهِ: وَنَزَّلْناهُ تَنْزِيلًا [الاسراء: ١٠٦] وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسى تَكْلِيماً [النساء: ١٦٤] . الْمَاوَرْدِيُّ: وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ تَذْلِيلُ قُطُوفِهَا أَنْ تَبْرُزَ لَهُمْ مِنْ أَكْمَامِهَا، وَتَخْلُصَ لَهُمْ مِنْ نَوَاهَا. قُلْتُ: وَفِي هَذَا بُعْدٌ، فَقَدْ رَوَى ابْنُ الْمُبَارَكِ، قَالَ: أَخْبَرَنَا سُفْيَانُ عَنْ حَمَّادٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: نَخْلُ الْجَنَّةِ: جُذُوعُهَا زُمُرُّدُ أَخْضَرُ، وَكَرَبُهَا ذَهَبٌ أَحْمَرُ، وَسَعَفُهَا كِسْوَةٌ لِأَهْلِ الْجَنَّةِ، مِنْهَا مُقَطَّعَاتُهُمْ وَحُلَلُهُمْ، وَثَمَرُهَا أَمْثَالُ الْقِلَالِ وَالدِّلَاءِ، أَشَدُّ

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