provient de son souffle brûlant (samûm).
D’autre part, il est rapporté du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — qu’il a dit :
« L’air du Paradis est sajsaj : ni chaleur ni froid. »
Or le terme sajsaj désigne une ombre étale, comparable à celle qui s’étend entre l’apparition de l’aube et le lever du soleil.
Murrah al-Hamdânî a dit : « Le zamharîr, c’est le froid coupant. »
Muqâtil ibn Ḥayyân a dit : « Il s’agit de quelque chose qui ressemble aux pointes des aiguilles, descendant du ciel dans un froid extrême. »
Ibn Masʿûd — qu’Allah l’agrée — a dit : « C’est une forme de châtiment ; un froid si intense que, lorsque les hôtes du Feu y seront précipités, ils imploreront Allah de les châtier par le Feu durant mille ans : cela leur paraîtrait plus supportable qu’un seul jour de châtiment par le zamharîr. »
Abû n-Najm a dit :
« Si j’avais été vent, j’eusse été vent glacial — zamharîr. »
Thaʿlab a dit : « Dans la langue de la tribu Ṭayyʾ, zamharîr désigne la lune. » Leur poète déclame :
« Par une nuit dont l’obscurité s’était épaissie,
Je la franchis, la lune n’avait point resplendi. »
On rapporte aussi : « n’était point apparue », c’est-à-dire que la lune ne s’était pas levée.
Le sens est donc qu’ils n’y verront ni un soleil semblable au soleil d’ici-bas, ni une lune semblable à celle de ce monde ; ils baigneront dans une clarté permanente, sans nuit ni jour, car la lumière du jour vient du soleil et celle de la nuit de la lune. Cette idée a déjà été expliquée plus en détail dans la sourate Maryam¹, à propos de la parole du Très-Haut : « Ils y recevront leur subsistance matin et soir » (Maryam, 62).
Ibn ʿAbbâs — qu’Allah l’agrée — a dit : « Tandis que les gens du Paradis jouissent de leurs délices, ils verront une lumière qu’ils prendront pour le soleil ; le Paradis tout entier s’illuminera de cette clarté. Ils diront alors : “Notre Seigneur a affirmé : ‘Ils n’y verront ni soleil ni zamharîr.’ Qu’est donc cette lumière ?” Riḍwân leur répondra : “Ce n’est ni soleil ni lune ; c’est Fâṭimah et ʿAlî qui ont souri, et les Jardins se sont embrasés de la lumière de leur sourire.” »
À leur propos, Allah — Exalté soit-Il — fit descendre la sourate « Hal Atâ ʿalâ l-Insân », et l’on a récité :
A Je suis l’allié du preux pour qui vint « Hal Atâ », « Hal Atâ »,
A Pour lui fut révélé l’honneur du verset « Hal Atâ ».
B C’est ʿAlî, le Bien-aimé, cousin du Prophète, al-Muṣṭafâ,
B Gloire à ʿAlî, cousin du Prophète al-Muṣṭafâ.
Parole du Très-Haut :
« Et son ombrage se penchera tout près d’eux »
— c’est-à-dire l’ombre des arbres du Paradis sera proche des vertueux, les abritant et ajoutant encore à leur félicité, bien qu’il n’y ait là ni soleil ni lune, de même que leurs peignes seront d’or et d’argent…
____________________
¹ Voir plus haut, à l’explication de Maryam, 62.