Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

par la soie de ce monde, de même que par celle de l’Au-delà, laquelle recèle – selon la mesure qu’Allah, le Très-Puissant, veut bien accorder – toute grâce supplémentaire. Il a déjà été rapporté¹ que quiconque aura porté la soie ici-bas ne la portera point dans l’Autre vie ; seuls en seront revêtus, au Paradis, ceux qui se seront abstenus en ce monde des vêtements qu’Allah y a interdits, et cela à titre de compensation.

Parole du Très-Haut :
« [Là-bas] ils seront accoudés »
c’est-à-dire au Paradis. Le terme « accoudés » (muttaqiʾīn) est à l’accusatif, à valeur de circonstanciel, rattaché au pronom de « Il les rétribua » ; le régissant est le verbe « rétribua » (jazâ), non pas « ils endurèrent » (ṣabarû), car la patience eut lieu dans ce monde tandis que l’accoudement se réalise dans l’Au-delà. Al-Farrâʾ dit : si tu le veux, tu peux considérer « accoudés » comme apposé, comme s’il avait été dit : « Il les récompensa par un Jardin, [eux] accoudés en son sein. »

« sur des divans » : des lits disposés sous des dais – notion déjà évoquée².

Les Arabes emploient certains noms qui n’existent qu’accompagnés de l’attribut qu’ils impliquent :
– l’arîkah : exclusivement un lit surmonté d’un baldaquin ;
– as-sajl : le seau plein d’eau ; vidé, il ne s’appelle plus sajl ;
– adh-dhanûb : même idée, il ne s’appelle ainsi que rempli ;
– la kâs : n’est dite « coupe » qu’une fois pleine de vin ;
– le tabaq sur lequel on présente un présent est nommé mihdâ ; vide, on dira tabaq ou khiwân.

Dhu r-Rumma a dit :
A : « Des joues, durcies par la route altière, si rêches qu’on dirait,
A : Toucher, avec un cuir brut, le velours des divans ourlés »,
– c’est-à-dire les coussins posés sur les lits.

« Ils n’y voient ni soleil » : autrement dit, au Paradis ils ne ressentiront aucune chaleur comparable à celle du soleil, « ni zamhareer », c’est-à-dire aucun froid glacial.

Al-Aʿshâ a dit :
A : « Jeune femme choyée, antilope gracile ;
A : Jamais elle ne vit soleil ni froid stérile. »

D’après Abû Ṣâliḥ, d’après Abû Hurayrah – qu’Allah l’agrée –, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit :
« Le Feu se plaignit à son Seigneur – exalté soit-Il – et dit : “Seigneur, une partie de moi dévore l’autre !” Alors Il lui permit deux souffles : un souffle en hiver et un souffle en été. La rigueur du froid que vous ressentez provient de son zamhareer, et la sévérité de la chaleur que vous éprouvez en été… »

بِحَرِيرِ الدُّنْيَا وَكَذَلِكَ الَّذِي فِي الْآخِرَةِ [وَفِيهِ] مَا شَاءَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ مِنَ الْفَضْلِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» : أَنَّ مَنْ لَبِسَ الْحَرِيرَ فِي الدُّنْيَا لَمْ يَلْبَسْهُ فِي الْآخِرَةِ، وَإِنَّمَا أُلْبِسَهُ مَنْ أُلْبِسَهُ فِي الْجَنَّةِ عِوَضًا عَنْ حَبْسِهِمْ أَنْفُسَهُمْ فِي الدُّنْيَا عَنِ الْمَلَابِسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ فِيهَا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (مُتَّكِئِينَ فِيها) أَيْ فِي الْجَنَّةِ، وَنَصْبُ مُتَّكِئِينَ عَلَى الْحَالِ مِنَ الْهَاءِ وَالْمِيمِ فِي جَزاهُمْ وَالْعَامِلُ فِيهَا جَزَى وَلَا يَعْمَلُ فِيهَا صَبَرُوا، لِأَنَّ الصَّبْرَ إِنَّمَا كَانَ فِي الدُّنْيَا وَالِاتِّكَاءُ فِي الْآخِرَةِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ. وَإِنْ شِئْتَ جَعَلْتَ مُتَّكِئِينَ تَابِعًا، كَأَنَّهُ قَالَ جَزَاهُمْ جَنَّةً مُتَّكِئِينَ فِيها. (عَلَى الْأَرائِكِ) السُّرُرِ فِي الْحِجَالِ وَقَدْ تَقَدَّمَ «٢» . وَجَاءَتْ عَنِ الْعَرَبِ أَسْمَاءٌ تَحْتَوِي عَلَى صِفَاتٍ: أَحَدُهَا الْأَرِيكَةُ لَا تَكُونُ إِلَّا فِي حَجَلَةٍ عَلَى سَرِيرٍ، وَمِنْهَا السَّجْلُ، وَهُوَ الدَّلْوُ الْمُمْتَلِئُ مَاءً، فَإِذَا صَفِرَتْ لَمْ تُسَمَّ سَجْلًا، وَكَذَلِكَ الذَّنُوبُ لَا تُسَمَّى ذَنُوبًا حَتَّى تُمْلَأَ، وَالْكَأْسُ لَا تُسَمَّى كَأْسًا حَتَّى تُتْرَعَ مِنَ الْخَمْرِ. وَكَذَلِكَ الطَّبَقُ الَّذِي تُهْدَى عَلَيْهِ الْهَدِيَّةُ مِهْدًى، فَإِذَا كَانَ فَارِغًا قِيلَ طَبَقٌ أَوْ خِوَانٌ، قَالَ ذُو الرُّمَّةِ: خُدُودٌ جَفَتْ فِي السَّيْرِ حَتَّى كَأَنَّمَا ... يُبَاشِرْنَ بِالْمَعْزَاءِ مَسَّ الْأَرَائِكِ «٣» أَيِ الْفُرُشَ عَلَى السُّرُرِ. (لَا يَرَوْنَ فِيها شَمْساً) أَيْ لَا يَرَوْنَ فِي الْجَنَّةِ شِدَّةَ حَرٍّ كَحَرِّ الشَّمْسِ وَلا زَمْهَرِيراً أَيْ وَلَا بَرْدًا مُفْرِطًا، قَالَ الْأَعْشَى: مُنَعَّمَةٌ طَفْلَةٌ كَالْمَهَا ... ةِ لَمْ تَرَ شَمْسًا وَلَا زَمْهَرِيرَا «٤» وَعَنْ أَبِي صَالِحٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (اشْتَكَتِ النَّارُ إِلَى رَبِّهَا عَزَّ وَجَلَّ قَالَتْ: يَا رَبِّ أَكَلَ بَعْضِي بَعْضًا، فَجَعَلَ لَهَا نَفَسَيْنِ نَفَسًا فِي الشِّتَاءِ وَنَفَسًا فِي الصَّيْفِ، فَشِدَّةُ مَا تَجِدُونَ مِنَ الْبَرْدِ مِنْ زَمْهَرِيرِهَا، وَشِدَّةُ ما تجدون من الحر في الصيف
(١). راجع ج ١٢ ص ١٩. (٢). راجع ج ١٠ ص ٣٩٨. (٣). المعزاء: الأرض الصلبة. يقول: من شدة الحاجة إلى النوم يرون الأرض الصلبة ذات الحجارة مثل الفرش على الأرائك وهي السرر. يروى: (خدودا) على أنه مفعول لفعل في البيت قبله. (٤). الذي في ديوان الأعشى طبع أوربا. مبتلة الخلق مثل المهاة ... إلخ.

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