Al-Hasan et al-Husayn tombèrent malades ; le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – vint leur rendre visite, et la plupart des Arabes firent de même. Ils dirent alors : « Ô Abû al-Hasan… »
Ce récit fut également rapporté par Jâbir al-Jufî d’après Qanbar, l’affranchi de ʿAlî : « Al-Hasan et al-Husayn tombèrent malades jusqu’à ce que les Compagnons du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – vinssent leur rendre visite. Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – déclara : “Ô Abû al-Hasan” – le récit rejoint alors celui de Layth ibn Abî Sulaym – “si tu faisais un vœu pour tes deux enfants ? Tout vœu qui n’est pas accompli n’est rien.” »
ʿAlî – qu’Allah l’agrée – répondit : « S’ils guérissent, je jeûnerai trois jours pour Allah, en signe de gratitude. »
Une servante nubienne qui vivait chez eux dit : « S’ils guérissent, je jeûnerai trois jours pour Allah, par reconnaissance. » Fâṭimah déclara la même chose.
Dans la version d’al-Jufî, al-Hasan et al-Husayn ajoutèrent : « Il en va de même pour nous. » Les deux garçons recouvrèrent la santé, mais la Famille de Muḥammad ne possédait alors ni bien important ni bien modeste. ʿAlî se rendit donc chez Chamʿûn ibn Hâriyâ al-Khaybarî – un Juif – et lui emprunta trois sâʿ d’orge, qu’il rapporta et déposa dans un coin de la maison.
Fâṭimah prit un sâʿ, le moulut et en fit du pain. ʿAlî accomplit la prière avec le Prophète – paix et salut sur lui –, puis rentra à la maison et l’on plaça la nourriture devant lui.
Selon le récit d’al-Jufî, la servante prit à son tour un sâʿ d’orge et en fit cinq galettes – une pour chacun d’eux. Lorsque leur premier jour de jeûne s’acheva, on posa devant eux le pain et du gros sel pilé.
Un indigent survint alors, se tint à la porte et dit : « As-salâmu ʿalaykum, gens de la maison de Muḥammad. Je suis un pauvre parmi les pauvres de la communauté de Muḥammad – paix et salut sur lui – ; par Allah, je suis affamé. Nourrissez-moi, qu’Allah vous nourrisse des tables du Paradis. » ʿAlî – qu’Allah l’agrée – l’entendit et se mit à dire :
Fatima, dont l’excellence est attestée,
Ô fille du meilleur des hommes créés,
Ne vois-tu pas ce malheureux chagrin,
Debout à la porte, le cœur enclin ?
Il implore Allah dans sa douleur,
À nous il confie sa faim, son malheur.
Chaque homme demeure otage de son destin,
Et le bienfaiteur voit son chemin devenir certain.