Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa parole – exalté soit-Il :

« Nous ne vous nourrissons que pour la Face d’Allah. »

Autrement dit, ils déclarent de leur propre bouche au miséreux, à l’orphelin et au captif : « Nous ne vous nourrissons qu’en Allah – exalté et magnifié soit-Il – par crainte de Son châtiment et dans l’espoir de Sa récompense. »

« Nous n’attendons de vous ni rétribution », c’est-à-dire aucune compensation, « ni gratitude », c’est-à-dire pas même un éloge de votre part.

Ibn ʿAbbâs a dit : « Telles étaient leurs intentions en ce bas-monde lorsqu’ils offrirent la nourriture. »

Sâlim rapporte de Mujâhid : « En réalité, ils ne l’ont pas exprimé verbalement, mais Allah – exalté soit Son Nom – le sut d’eux et les en loua, afin d’inciter quiconque désire le bien à le rechercher. » Cette même explication est rapportée de Saʿîd ibn Jubayr, comme l’a mentionné al-Qushayrî.

On a dit encore : ce verset fut révélé au sujet de Muṭʿim ibn Waraqâʾ al-Anṣârî, qui fit un vœu et l’accomplit.

D’autres ont affirmé qu’il concerna ceux qui prirent en charge les prisonniers de Badr ; ils étaient sept parmi les Emigrés : Abû Bakr, ʿUmar, ʿAlî, az-Zubayr, ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf, Saʿd et Abû ʿUbaydah – qu’Allah les agrée tous –, ainsi que l’a rapporté al-Mâwardî.

Muqâtil a dit : « Il fut révélé au sujet d’un homme des Anṣâr qui, en un seul jour, donna à manger à un pauvre, un orphelin et un captif. »

Abû Ḥamzah ath-Thumâlî rapporte qu’il lui est parvenu qu’un homme dit : « Ô Messager d’Allah, nourris-moi, par Allah je suis exténué. » Le Prophète – paix et salut sur lui – répondit :
« Par Celui qui tient mon âme en Sa Main, je ne possède rien à te donner à manger ; mais cherche (quelqu’un). »
L’homme se rendit alors chez un Anṣârî qui soupait avec son épouse ; il lui fit part de sa demande et lui rapporta la parole du Prophète – paix et salut sur lui. L’épouse dit : « Nourris-le et abreuve-le. »

Puis un orphelin vint trouver le Prophète – paix et salut sur lui – et dit : « Ô Messager d’Allah, nourris-moi, je suis exténué. » Il répondit :
« Je ne dispose de rien pour te nourrir ; mais cherche (quelqu’un). »
L’orphelin sollicita le même Anṣârî ; l’épouse répéta : « Nourris-le et abreuve-le », et il le fit.

Ensuite un captif vint trouver le Prophète – paix et salut sur lui – et dit : « Ô Messager d’Allah, nourris-moi, je suis exténué. » Il répondit :
« Par Allah, je ne possède rien pour te nourrir ; mais cherche (quelqu’un). »
Le captif se rendit chez l’Anṣârī, qui alla à sa rencontre ; l’épouse dit de nouveau : « Nourris-le et abreuve-le. » Il le fit, et fut alors révélé le verset : « Et ils offrent la nourriture, malgré l’amour qu’ils en ont, au miséreux, à l’orphelin et au captif » – ainsi que l’a rapporté ath-Thaʿlabî.

Les exégètes ont dit : ce verset fut révélé au sujet de ʿAlî et Fâṭimah – qu’Allah les agrée – et de leur servante nommée Fiḍḍah.

Je dis : l’opinion correcte est qu’il a été révélé au sujet de tous les gens de bien ; quiconque accomplit une bonne action y est donc inclus, le texte étant d’ordre général. An-Naqqâsh, ath-Thaʿlabî, al-Qushayrî et plusieurs autres exégètes ont néanmoins rapporté, à propos de ʿAlî, Fâṭimah et leur servante, un récit qui n’est ni authentique ni établi.

Layth l’a rapporté de Mujâhid, d’après Ibn ʿAbbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « Ils accomplissent leurs vœux et redoutent un Jour dont le mal sera répandu – et ils offrent la nourriture, malgré l’amour qu’ils en ont, au pauvre, à l’orphelin et au captif » ; il a dit :

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّما نُطْعِمُكُمْ لِوَجْهِ اللَّهِ) أَيْ يَقُولُونَ بِأَلْسِنَتِهِمْ لِلْمِسْكِينِ وَالْيَتِيمِ وَالْأَسِيرِ إِنَّما نُطْعِمُكُمْ فِي اللَّهِ جَلَّ ثَنَاؤُهُ فَزَعًا مِنْ عَذَابِهِ وَطَمَعًا فِي ثَوَابِهِ. لَا نُرِيدُ مِنْكُمْ جَزاءً أَيْ مُكَافَأَةً. وَلا شُكُوراً أَيْ وَلَا أَنْ تُثْنُوا عَلَيْنَا بِذَلِكَ، قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَذَلِكَ كَانَتْ نِيَّاتُهُمْ فِي الدُّنْيَا حِينَ أَطْعَمُوا. وَعَنْ سَالِمٍ عَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ: أَمَا إِنَّهُمْ مَا تَكَلَّمُوا بِهِ وَلَكِنْ عَلِمَهُ اللَّهُ جَلَّ ثَنَاؤُهُ مِنْهُمْ فَأَثْنَى بِهِ عَلَيْهِمْ، لِيَرْغَبَ فِي ذَلِكَ رَاغِبٌ. وَقَالَهُ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ حَكَاهُ عَنْهُ الْقُشَيْرِيُّ. وَقِيلَ: إِنَّ هَذِهِ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِي مُطْعِمِ بْنِ وَرْقَاءَ الْأَنْصَارِيِّ نَذَرَ نَذْرًا فَوَفَّى بِهِ. وَقِيلَ: نَزَلَتْ فِيمَنْ تَكَفَّلَ بِأَسْرَى بَدْرٍ وَهُمْ سَبْعَةٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ: أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ وَعَلِيٌّ وَالزُّبَيْرِ وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَوْفٍ وَسَعْدٌ وَأَبُو عُبَيْدَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ، ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: نَزَلَتْ فِي رَجُلٍ مِنْ الْأَنْصَارِ أَطْعَمَ فِي يَوْمٍ وَاحِدٍ مِسْكِينًا وَيَتِيمًا وَأَسِيرًا. وَقَالَ أَبُو حَمْزَةَ الثُّمَالِيُّ: بَلَغَنِي أَنَّ رَجُلًا قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَطْعِمْنِي فَإِنِّي وَاللَّهِ مَجْهُودٌ، فَقَالَ: [وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ مَا عِنْدِي مَا أُطْعِمُكَ وَلَكِنِ اطْلُبْ] فَأَتَى رَجُلًا مِنْ الْأَنْصَارِ وَهُوَ يَتَعَشَّى مَعَ امْرَأَتِهِ فَسَأَلَهُ، وَأَخْبَرَهُ بِقَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَتِ الْمَرْأَةُ: أَطْعِمْهُ وَاسْقِهِ. ثُمَّ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتِيمٌ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ! أَطْعِمْنِي فَإِنِّي مَجْهُودٌ. فَقَالَ: [مَا عِنْدِي مَا أُطْعِمُكَ وَلَكِنِ اطْلُبْ] فَاسْتَطْعَمَ ذَلِكَ الْأَنْصَارِيَّ فَقَالَتِ الْمَرْأَةُ: أَطْعِمْهُ وَاسْقِهِ، فَأَطْعَمَهُ. ثُمَّ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَسِيرٌ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ! أَطْعِمْنِي فَإِنِّي مَجْهُودٌ. فَقَالَ: [وَاللَّهِ مَا مَعِي مَا أُطْعِمُكَ وَلَكِنِ اطْلُبْ] فَجَاءَ الْأَنْصَارِيَّ فَطَلَبَ، فَقَالَتِ الْمَرْأَةُ: أَطْعِمْهُ وَاسْقِهِ. فَنَزَلَتْ: وَيُطْعِمُونَ الطَّعامَ عَلى حُبِّهِ مِسْكِيناً وَيَتِيماً وَأَسِيراً ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. وَقَالَ أَهْلُ التَّفْسِيرِ: نَزَلَتْ فِي عَلِيٍّ وَفَاطِمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا وَجَارِيَةٍ لَهُمَا اسْمُهَا فِضَّةُ. قُلْتُ: وَالصَّحِيحُ أَنَّهَا نَزَلَتْ فِي جَمِيعِ الْأَبْرَارِ، وَمَنْ فَعَلَ فِعْلًا حَسَنًا، فَهِيَ عَامَّةٌ. وَقَدْ ذَكَرَ النَّقَّاشُ وَالثَّعْلَبِيُّ وَالْقُشَيْرِيُّ وَغَيْرُ وَاحِدٍ مِنَ الْمُفَسِّرِينَ فِي قِصَّةِ عَلِيٍّ وَفَاطِمَةَ وَجَارِيَتِهِمَا حَدِيثًا لَا يَصِحُّ وَلَا يَثْبُتُ، رَوَاهُ لَيْثٌ عَنْ مُجَاهِدٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ فِي قَوْلِهِ عَزَّ وَجَلَّ: يُوفُونَ بِالنَّذْرِ وَيَخافُونَ يَوْماً كانَ شَرُّهُ مُسْتَطِيراً. وَيُطْعِمُونَ الطَّعامَ عَلى حُبِّهِ مِسْكِيناً وَيَتِيماً وَأَسِيراً قَالَ:

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