Parole du Très-Haut :
« En vérité, les Abrâr boiront d’une coupe… »
Les Abrâr sont les gens de parfaite sincérité ; leur singulier est barr, et c’est celui qui se conforme à l’ordre d’Allah – qu’Il soit exalté.
On a dit également : le barr désigne le monothéiste, et al-Abrâr est le pluriel de bâr, comme shâhid / ash-hâd.
D’autres ont affirmé : il s’agit du pluriel de barr, à l’instar de nahr / anhâr.
Dans le Ṣiḥâḥ, on lit : le pluriel de al-barr est al-Abrâr, et le pluriel de al-bâr est al-bararah. On dira de quelqu’un : « Untel yabarru khâliqahu wa-yatabarraruhu », c’est-à-dire qu’il Lui obéit ; et l’on dit de la mère : « Elle est barratun envers son enfant ».
Ibn ʿUmar rapporte du Messager d’Allah – que la bénédiction et le salut soient sur lui – qu’il a dit : « Si Allah – glorifié soit Son éloge – les a nommés Abrâr, c’est parce qu’ils ont été bienfaisants envers leurs pères et leurs fils ; de même qu’à ton père revient un droit sur toi, ainsi à ton fils te revient un droit. »
Al-Ḥasan a dit : « Le barr est celui qui ne nuit même pas à une fourmi. »
Qatâdah a dit : « Les Abrâr sont ceux qui s’acquittent du droit d’Allah et remplissent leurs vœux. »
Et, dans un autre ḥadith : « Les Abrâr sont ceux qui ne font de tort à personne. »
« Ils boiront d’une coupe » : c’est-à-dire d’un récipient contenant une boisson.
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit du vin.
Dans la langue, la kâs est un récipient dans lequel se trouve une boisson ; s’il n’y a pas de boisson, on ne l’appelle pas kâs.
ʿAmr ibn Kulthûm a dit :
« Tu as détourné (1) la coupe de nous, ô mère de ʿAmr…
Or la coupe se passait de la main droite. »
Al-Aṣmaʿî a expliqué : on dit « ṣabanta ʿannâ al-hadîyah » ou tout acte de bienfaisance, « taṣbin ṣabnan », au sens de « tu as écarté, retenu », ainsi l’a rapporté al-Jawharî.
« … dont le mélange était » : c’est-à-dire son alliage (2) et sa composition.
Ḥassân a dit :
« On dirait (3) une boisson issue de la demeure d’un notable ;
Son mélange est fait de miel et d’eau. »
De là vient l’expression « mizâj du corps », c’est-à-dire ce qui le compose de bile jaune, de bile noire, de chaleur et de fraîcheur.
« … de camphre » : Ibn ʿAbbâs a dit : « C’est le nom d’une source d’eau au Paradis, appelée ʿAyn al-Kâfûr » ; autrement dit, cette boisson est mêlée à l’eau de cette source appelée Kâfûr.
Saʿîd rapporte de Qatâdah : « On la leur mélange de camphre et on la scelle de musc. » Mujâhid a tenu la même parole.
ʿIkrimah a dit : « Son mizâj est son goût. »
D’aucuns ont dit : c’est le parfum du camphre uniquement, non son goût.
D’autres ont affirmé : Il a voulu dire : « semblable au camphre » par sa blancheur, sa bonne odeur et sa fraîcheur, car le camphre ne se boit pas ; de même que Sa parole – Très-Haut soit-Il – : « … jusqu’à ce qu’Il le rende un feu » (al-Kahf, 96), c’est-à-dire « tel un feu ».
Ibn Kaysân a dit : « Elle est parfumée de musc, de camphre et de gingembre. » Et il dit