Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il a donc décliné (muni du tanwîn) les formes « makhâriqa », « maghâliqa » et « righâ’iba », alors qu’en principe elles ne devraient pas l’être.

La troisième argumentation est la suivante : on dira que le premier « qawârîra » a reçu le tanwîn parce qu’il se trouve à la fin d’une âyah, et que les finales des versets viennent assorties d’une nûn, comme – qu’Il soit exalté – dans : « … maḏkûran. samîʿan baṣîran ». Nous avons donc mis le tanwîn au premier afin que l’on puisse marquer l’arrêt à l’extrémité du verset, et nous l’avons mis au second par voisinage avec le premier.

Quatrième argument : la conformité aux maṣâḥif. En effet, dans les codex de La Mecque, de Médine et de Kûfa, les deux mots se terminent par une alif.

Quant à ceux qui ne les déclinent pas, ils avancent ceci : « Tout pluriel dont, après l’alif, viennent soit trois lettres, soit deux lettres, soit une seule lettre redoublée, est indéclinable, qu’il soit défini ou indéfini.
– Lorsque, après l’alif, il y a trois lettres, on a : qanâdîlu, danânîru, manâdîlu ;
– lorsque, après l’alif, il y a deux lettres, on lit la parole d’Allah – Puissant et Majestueux – : "lahuddimat ṣawâmiʿu" (al-Ḥajj : 40), car, après l’alif, il s’y trouve deux lettres ; de même dans : "wa-masâjidu yuḏkaru fîhâ ismu-llâhi kaṯîran" (al-Ḥajj : 40) ;
– et lorsque, après l’alif, il n’y a qu’une seule lettre renforcée : shawâbbu et dawâbbu. »

Khalaf dit : « J’ai entendu Yaḥyâ b. Âdam rapporter d’après Ibn Idrîs : dans les premiers maṣâḥif, le premier mot est écrit avec alif et le second sans alif ; c’est là un argument en faveur de la lecture de Ḥamza. »

Khalaf dit encore : « J’ai vu, dans un muṣḥaf attribué à la récitation d’Ibn Masʿûd, le premier écrit avec alif et le second sans alif. »

Quant à la tournure « afʿalu minka » (plus que toi), aucun Arabe – en poésie comme en prose – ne dit « huwa afʿalu minka » avec tanwîn, parce que la particule « min » y tient lieu d’iḍâfa ; on ne réunit donc pas tanwîn et iḍâfa sur un même mot, ces deux marques étant des signes nominaux. De tels propos ont été tenus par al-Farrâʾ et d’autres.

Parole d’Allah, Très-Haut : « wa-aghlâlan » désigne le pluriel de « ghull », c’est-à-dire des entraves avec lesquelles leurs mains seront enchaînées à leurs cous.

D’après Jubayr b. Nufayr, Abû al-Dardâʾ disait : « Élevez donc ces mains vers Allah – exaltée soit Sa louange – avant qu’elles ne soient cadenassées par les chaînes. »

Al-Ḥasan a dit : « Les carcans n’ont pas été placés au cou des gens de l’Enfer parce qu’ils auraient mis le Seigneur – glorifié soit-Il – en échec, mais bien pour les avilir. » Quant au terme « saʿîran » (brasier ardent), son explication a déjà été exposée.

Sourate al-Insân (76), versets 5-6 :
« Les pieux boiront d’une coupe dont le mélange sera de camphre,
– d’une source dont les serviteurs d’Allah boiront, qu’ils feront jaillir en abondance. »

فَصَرَفَ مَخَارِيقَ وَمَغَالِقَ وَرَغَائِبَ، وَسَبِيلُهَا أَلَّا تُصْرَفَ. وَالْحُجَّةُ الثَّالِثَةُ- أَنْ يَقُولَ نُوِّنَتْ قَوَارِيرُ الْأَوَّلُ لأنه رأس آية، ورءوس الآي جاءت بالنون، كقوله عز وجل: مَذْكُوراً. سَمِيعاً بَصِيراً فَنَوَّنَّا الْأَوَّلَ لِيُوقَفَ بَيْنَ رءوس الْآيِ، وَنَوَّنَّا الثَّانِي عَلَى الْجِوَارِ لِلْأَوَّلِ. وَالْحُجَّةُ الرَّابِعَةُ- اتِّبَاعُ الْمَصَاحِفِ، وَذَلِكَ أَنَّهُمَا جَمِيعًا فِي مَصَاحِفِ مَكَّةَ وَالْمَدِينَةِ وَالْكُوفَةِ بِالْأَلِفِ. وَقَدِ احْتَجَّ مَنْ لَمْ يَصْرِفْهُنَّ بِأَنْ قَالَ: إِنَّ كُلَّ جَمْعٍ بَعْدَ الْأَلِفِ مِنْهُ ثَلَاثَةُ أَحْرُفٍ أَوْ حَرْفَانِ أَوْ حَرْفٌ مُشَدَّدٌ لَمْ يُصْرَفْ فِي مَعْرِفَةٍ وَلَا نَكِرَةٍ، فَالَّذِي بَعْدَ الْأَلِفِ مِنْهُ ثَلَاثَةُ أَحْرُفٍ قَوْلُكُ: قَنَادِيلُ وَدَنَانِيرُ وَمَنَادِيلُ، وَالَّذِي بَعْدَ الْأَلِفِ مِنْهُ حَرْفَانِ قَوْلُ اللَّهِ عَزَّ وجل: لَهُدِّمَتْ صَوامِعُ [الحج: ٤٠] لِأَنَّ بَعْدَ الْأَلِفِ مِنْهُ حَرْفَيْنِ، وَكَذَلِكَ قَوْلُهُ: وَمَساجِدُ يُذْكَرُ فِيهَا اسْمُ اللَّهِ كَثِيراً [الحج: ٤٠] . وَالَّذِي بَعْدَ الْأَلِفِ مِنْهُ حَرْفٌ مُشَدَّدٌ شَوَابٌّ وَدَوَابٌّ. وَقَالَ خَلَفٌ: سَمِعْتُ يَحْيَى بْنَ آدَمَ يُحَدِّثُ عَنِ ابْنِ إِدْرِيسَ قَالَ: فِي الْمَصَاحِفِ الْأُوَلِ الْحَرْفُ الْأَوَّلُ بِالْأَلِفِ وَالثَّانِي بِغَيْرِ أَلِفٍ، فَهَذَا حُجَّةٌ لِمَذْهَبِ حَمْزَةَ. وَقَالَ خَلَفٌ: رَأَيْتُ فِي مُصْحَفٍ يُنْسَبُ إِلَى قِرَاءَةِ ابْنِ مَسْعُودٍ الْأَوَّلُ بِالْأَلِفِ وَالثَّانِي بِغَيْرِ أَلِفٍ. وَأَمَّا أَفْعَلُ مِنْكَ فَلَا يَقُولُ أَحَدٌ مِنَ الْعَرَبِ فِي شِعْرِهِ وَلَا فِي غَيْرِهِ هُوَ أَفْعَلُ مِنْكَ مُنَوَّنًا، لِأَنَّ مِنْ تَقُومُ مَقَامَ الْإِضَافَةِ فَلَا يُجْمَعُ بَيْنَ تَنْوِينٍ وَإِضَافَةٍ فِي حَرْفٍ، لِأَنَّهُمَا دَلِيلَانِ مِنْ دَلَائِلَ الْأَسْمَاءِ وَلَا يُجْمَعُ بَيْنَ دليلين، قاله الفراء وغيره. قوله تعالى: وَأَغْلالًا جَمْعُ غُلٍّ تُغَلُّ بِهَا أَيْدِيهِمْ إِلَى أَعْنَاقِهِمْ. وَعَنْ جُبَيْرِ بْنِ نُفَيْرٍ عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ كَانَ يَقُولُ: ارْفَعُوا هَذِهِ الْأَيْدِيَ إِلَى اللَّهِ جَلَّ ثَنَاؤُهُ قَبْلَ أَنْ تُغَلَّ بِالْأَغْلَالِ. قَالَ الْحَسَنُ: إِنَّ الْأَغْلَالَ لَمْ تُجْعَلْ فِي أَعْنَاقِ أَهْلِ النَّارِ، لِأَنَّهُمْ أَعْجَزُوا الرَّبَّ سُبْحَانَهُ ولكن إذلالا. وَسَعِيراً تقدم القول فيه. [سورة الإنسان (٧٦) : الآيات ٥ الى ٦] إِنَّ الْأَبْرارَ يَشْرَبُونَ مِنْ كَأْسٍ كانَ مِزاجُها كافُوراً (٥) عَيْناً يَشْرَبُ بِها عِبادُ اللَّهِ يُفَجِّرُونَها تَفْجِيراً (٦)

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