Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

la première : nous l’éprouvons par le bien et le mal, a dit al-Kalbî.
La seconde : nous éprouvons sa gratitude dans la prospérité et sa patience dans l’adversité, a déclaré al-Ḥasan.

Et l’on a dit encore : « Nous l’éprouvons » signifie : Nous le chargeons d’obligations.

À ce propos également, deux interprétations :
– la première : par l’action qu’il accomplit après avoir été créé, selon Muqātil ;
– la seconde : par la religion, afin qu’il soit commandé d’obéir et interdit de désobéir.

Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbās : « Nous l’éprouvons » : Nous le faisons passer de création en création, pour l’éprouver par le bien et le mal.

Muḥammad ibn al-Jahm rapporte d’al-Farrāʾ : le sens — et Allah sait mieux — est : « Nous l’avons fait entendant et voyant afin de l’éprouver » ; l’expression est placée en tête alors que son sens vient en dernier.

Je (l’auteur) dis : l’épreuve ne se réalise qu’après l’achèvement de la création.

On a dit encore : « Nous l’avons fait entendant et voyant » signifie : Nous lui avons accordé une ouïe grâce à laquelle il entend la guidée, et une vue grâce à laquelle il voit la guidée.

Sa parole — Très-Haut — :
« Nous lui avons certes montré la voie »
c’est-à-dire : Nous lui avons expliqué et fait connaître, par l’envoi des Messagers, la voie de la guidée et de l’égarement, du bien et du mal ; il a donc cru ou a mécru, comme dans Sa parole : « Nous lui avons montré les deux voies » (al-Balad, 10).

Mujāhid a dit : c’est-à-dire : Nous lui avons clarifié la voie menant au malheur et au bonheur.

Al-Ḍaḥḥāk, Abū Ṣāliḥ et as-Suddī ont dit : la « voie » désigne ici sa sortie du sein maternel.

Et l’on a dit : il s’agit des avantages et des inconvénients qu’il discerne par sa nature et la perfection de son intelligence.

« Qu’il soit reconnaissant ou ingrat »
: c’est-à-dire, quelle que soit l’attitude qu’il adopte, Nous lui avons déjà exposé (la voie).

Les Koufiens ont dit : ici « in » (إن) est particule de condition et « mā » est surérogatoire ; le sens est : « Nous lui avons montré le chemin, qu’il rende grâce ou qu’il mécroie. » Al-Farrāʾ adopta cette lecture, mais les grammairiens de Baṣra ne l’admirent pas, car la particule conditionnelle « in » n’entre pas sur les noms, sauf si un verbe est sous-entendu après elle.

D’autres ont dit : « Nous l’avons guidé vers la rectitude » : Nous lui avons indiqué la voie de l’Unicité en dressant pour lui les preuves ; puis, si Nous créons pour lui la direction, il se guide et croit, et si Nous l’abandonnons, il mécroît.

C’est comme lorsque tu dis : « Je t’ai conseillé ; si tu veux, accepte, et si tu veux, laisse » — c’est-à-dire « alors si tu veux », la conjonction fa étant omise. Il en est de même pour l’expression « qu’il soit reconnaissant ou ingrat » — et Allah est plus savant.

On dit : « Je l’ai guidé la voie », « vers la voie » ou « jusqu’à la voie ». Cela a déjà été exposé dans la Fātiḥah¹ et ailleurs.

Il a réuni le terme shākir (« reconnaissant ») et kafūr (« très ingrat »), sans associer shakūr (« grandement reconnaissant ») à kafūr, bien que ces deux formes relèvent de l’intensif, afin de nier l’exagération dans la gratitude et de l’affirmer dans l’ingratitude ; car la gratitude envers Allah — Très-Haut — ne saurait être pleinement rendue, si bien que l’exagération lui est soustraite, tandis qu’elle demeure possible pour la mécréance. Ainsi, la reconnaissance est rare en raison de l’abondance des bienfaits qui le comblent² et de l’abondance de son ingratitude, fut-elle minime, malgré les bienfaits qui lui sont accordés. C’est ce qu’a rapporté al-Māwardī.

نختبره بالخير والشر، قال الْكَلْبِيُّ. الثَّانِي- نَخْتَبِرُ شُكْرَهُ فِي السَّرَّاءِ وَصَبْرَهُ فِي الضَّرَّاءِ، قَالَهُ الْحَسَنُ. وَقِيلَ: نَبْتَلِيهِ نُكَلِّفُهُ. وَفِيهِ أَيْضًا وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا- بِالْعَمَلِ بَعْدَ الْخَلْقِ، قَالَهُ مُقَاتِلٌ. الثَّانِي- بِالدِّينِ لِيَكُونَ مَأْمُورًا بِالطَّاعَةِ وَمَنْهِيًّا عَنِ الْمَعَاصِي. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: نَبْتَلِيهِ: نُصَرِّفُهُ خَلْقًا بَعْدَ خَلْقٍ، لِنَبْتَلِيَهُ بِالْخَيْرِ وَالشَّرِّ. وَحَكَى مُحَمَّدُ بْنُ الْجَهْمِ عَنِ الْفَرَّاءِ قَالَ: الْمَعْنَى وَاللَّهُ أَعْلَمُ (فَجَعَلْناهُ سَمِيعاً بَصِيراً) لِنَبْتَلِيَهُ، وَهِيَ مُقَدَّمَةٌ مَعْنَاهَا التَّأْخِيرُ. قُلْتُ: لِأَنَّ الِابْتِلَاءَ لَا يَقَعُ إِلَّا بَعْدَ تَمَامِ الْخِلْقَةِ. وقيل: فَجَعَلْناهُ سَمِيعاً بَصِيراً: يَعْنِي جَعَلْنَا لَهُ سَمْعًا يَسْمَعُ بِهِ الْهُدَى، وَبَصَرًا يُبْصِرُ بِهِ الْهُدَى. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّا هَدَيْناهُ السَّبِيلَ) أَيْ بَيَّنَّا لَهُ وَعَرَّفْنَاهُ طَرِيقَ الْهُدَى وَالضَّلَالِ، وَالْخَيْرِ وَالشَّرِّ بِبَعْثِ الرُّسُلِ، فَآمَنَ أَوْ كَفَرَ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: وَهَدَيْناهُ النَّجْدَيْنِ [البلد: ١٠] . وَقَالَ مُجَاهِدٌ: أَيْ بَيَّنَّا لَهُ السَّبِيلَ إِلَى الشَّقَاءِ وَالسَّعَادَةِ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ وَأَبُو صَالِحٍ وَالسُّدِّيُّ: السَّبِيلُ هُنَا خُرُوجُهُ مِنَ الرَّحِمِ. وَقِيلَ: مَنَافِعُهُ وَمَضَارُّهُ الَّتِي يَهْتَدِي إِلَيْهَا بِطَبْعِهِ وَكَمَالِ عَقْلِهِ. (إِمَّا شاكِراً وَإِمَّا كَفُوراً) أَيْ أَيُّهُمَا فَعَلَ فقد بينا له. قال الكوفيون: (إن) ها هنا تَكُونُ جَزَاءً وَ (مَا) زَائِدَةٌ أَيْ بَيَّنَّا لَهُ الطَّرِيقَ إِنْ شَكَرَ أَوْ كَفَرَ. وَاخْتَارَهُ الْفَرَّاءُ وَلَمْ يُجِزْهُ الْبَصْرِيُّونَ، إِذْ لَا تَدْخُلُ (إِنْ) لِلْجَزَاءِ عَلَى الْأَسْمَاءِ إِلَّا أَنْ يُضْمَرَ بَعْدَهَا فِعْلٌ. وَقِيلَ: أَيْ هَدَيْنَاهُ الرُّشْدَ، أَيْ بَيَّنَّا لَهُ سَبِيلَ التَّوْحِيدِ بِنَصْبِ الْأَدِلَّةِ عَلَيْهِ، ثُمَّ إِنْ خَلَقْنَا لَهُ الْهِدَايَةَ اهْتَدَى وَآمَنَ، وَإِنْ خَذَلْنَاهُ كَفَرَ. وَهُوَ كَمَا تَقُولُ: قَدْ نَصَحْتُ لَكَ، إِنْ شِئْتَ فَاقْبَلْ، وَإِنْ شِئْتَ فَاتْرُكْ، أَيْ فَإِنْ شِئْتَ، فَتُحْذَفُ الْفَاءُ. وَكَذَا إِمَّا شاكِراً وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَيُقَالُ: هَدَيْتُهُ السَّبِيلَ وَلِلسَّبِيلِ وَإِلَى السَّبِيلِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْفَاتِحَةِ" «١» وَغَيْرِهَا. وَجَمَعَ بَيْنَ الشَّاكِرِ وَالْكَفُورِ، وَلَمْ يَجْمَعْ بَيْنَ الشَّكُورِ وَالْكَفُورِ مَعَ اجْتِمَاعِهِمَا فِي مَعْنَى الْمُبَالَغَةِ، نَفْيًا لِلْمُبَالَغَةِ فِي الشُّكْرِ وَإِثْبَاتًا لَهَا فِي الْكُفْرِ، لِأَنَّ شُكْرَ اللَّهِ تَعَالَى لَا يُؤَدَّى، فَانْتَفَتْ عَنْهُ الْمُبَالَغَةُ، وَلَمْ تَنْتَفِ عَنِ الْكُفْرِ الْمُبَالَغَةُ، فَقَلَّ شُكْرُهُ، لِكَثْرَةِ النِّعَمِ عَلَيْهِ «٢» وَكَثْرَةِ كُفْرِهِ وَإِنْ قَلَّ مَعَ الْإِحْسَانِ إِلَيْهِ. حكاه الماوردي.
(١). راجع ج ١ ص ١٤٧ وص (١٦٠) (٢). في ا، ح، و: (وكثرة كفره).

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