Sa parole – Exalté soit-Il :
« N’était-il pas une goutte de sperme éjaculée ? »
c’est-à-dire : une goutte d’eau répandue dans l’utérus, c’est-à-dire versée en lui ; et c’est pour cette raison qu’on l’appelle maniyy, parce que le verbe dont il dérive signifie « faire couler, répandre » (1).
La nuṭfa désigne une faible quantité d’eau ; on dit : natafa l-mā’ lorsque l’eau tombe goutte à goutte. Autrement dit : n’était-il pas une simple parcelle d’eau, logée dans les reins de l’homme et les clavicules de la femme ? Ḥafṣ a lu « min maniyy-in yumnā » avec le yā’, lecture qu’ont également adoptée Ibn Muḥayṣin, Mujāhid, Ya‘qūb et ‘Ayyāsh, d’après Abū ‘Amr ; Abū ‘Ubayd l’a préférée parce qu’elle se rapporte au mot maniyy. Les autres lecteurs ont opté pour la forme avec le tā’, parce qu’elle se rattache à nuṭfa ; Abū Ḥātim l’a retenue.
« Puis il devint une adhérence (ʿalaqa) », c’est-à-dire un caillot de sang après avoir été nuṭfa ; le Très-Haut rappelle ainsi toute la bassesse de son origine.
Puis Il dit :
« Il créa (fa-khalaqa) », c’est-à-dire Il détermina ; « puis Il proportionna (fa-sawwā) », c’est-à-dire Il lui donna sa juste mesure, l’équilibra et lui insuffla l’âme ; « et Il fit de lui (fa-jaʿala min-hu) » – de l’être humain, ou, selon une autre opinion, du sperme – « les deux couples, le mâle et la femelle », c’est-à-dire l’homme et la femme. Ceux qui estiment qu’il faut exclure l’hermaphrodite (al-khunthā) se sont appuyés sur ce verset. Il a déjà été expliqué, dans la sourate « Ach-Chourâ » (2), que ce verset et celui qui lui ressemble s’expriment selon ce qui est le plus courant. De même, la question a été traitée au début de la sourate « An-Nisâ’ » (3) ainsi que dans le verset sur les successions ; il est donc inutile d’y revenir.
« Celui-là n’est-Il pas capable… » : Celui qui a pu créer cet être vivant (4) à partir d’une goutte d’eau, « n’est-Il pas capable de faire revivre les morts », c’est-à-dire de restituer ces corps dans leur forme première pour la résurrection après leur décomposition ?
Il est rapporté du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – que, lorsqu’il lisait ce passage, il disait : « Gloire à Toi, ô Allah, certes (Tu en es capable). » Ibn ʿAbbâs a dit : Celui qui lit – qu’il soit imâm ou non – « Sabbihi sma rabbika l-Aʿlâ » (Al-Aʿlâ, 1), qu’il dise : « Subḥâna Rabbiyy al-Aʿlâ » ; et celui qui lit – imâm ou non – « Lâ uqsimu bi-yawm al-Qiyâmah » (Al-Qiyâmah, 1) jusqu’à la fin, qu’il dise : « Subḥânaka llâhumma balâ. » Ce récit a été rapporté par ath-Thaʿlabî, d’après le ḥadith d’Abî Isḥâq as-Sabîʿî, de Saʿîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs. Ainsi s’achève la sourate ; louange à Allah (6).