Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

de sa main, le secoua une fois – ou deux – puis déclara :
« Malheur à toi, malheur ! »
Abû Jahl lui répliqua : « Me menaces-tu ? Par Allah, je suis certes le plus puissant et le plus noble des gens de cette vallée. » Alors la révélation descendit sur le Messager d’Allah – bénédictions et paix sur lui – exactement selon les termes qu’il venait d’adresser à Abû Jahl ; c’est là une parole de menace.

Le poète a dit :
« Malheur, puis malheur, puis malheur encore ; (A)
Peut-on traire la perle d’un roc sans liqueur ? » (A)

Qatâdah rapporte : Abû Jahl Ibn Hishâm s’avança, le torse bombé ; le Prophète – que les bénédictions et la paix soient sur lui – le prit par la main et dit : « Malheur à toi, malheur ; puis malheur à toi, malheur. » Abû Jahl répondit : « Ni toi ni ton Seigneur ne pouvez quoi que ce soit contre moi ; je suis, entre ses deux montagnes, le plus puissant. »
Le jour de Badr, lorsqu’il se dressa face aux musulmans, il s’écria : « Jamais plus Allah ne sera adoré après ce jour ! » Allah alors lui trancha le cou, et il fut tué de la pire des morts.

On a dit encore que le sens de cette parole est : « malheur à toi ! » De là le vers de la poétesse Al-Khansâ’ :
« J’ai chargé mon âme de tous les tourments ; (A)
Malheur à mon âme, malheur incessamment. (A)
Je pousserai mon âme sur le tranchant de l’épée ; (B)
Ou bien pour elle, ou bien contre elle sera l’arrêt. (B) »

Al-âlah désigne l’état, et al-âlah se dit aussi du lit funéraire sur lequel on transporte le mort. Selon cette interprétation, le terme serait issu d’une permutation : comme si l’on avait d’abord dit « awyal », puis déplacé la lettre faible. Le sens devient alors : « Malheur à toi de ton vivant ; malheur à toi quand tu mourras ; malheur à toi le Jour de la Résurrection ; malheur à toi le jour où tu entreras en Enfer. » Cette répétition s’apparente au vers :
« À toi les malheurs, oui les malheurs, les malheurs ! » – autrement dit : malheur, puis malheur, puis malheur – bien que cette explication ait été jugée faible.

D’autres ont dit : l’expression signifie un blâme adressé à toi, plus approprié que de ne pas te blâmer ; l’objet du verbe, fréquent dans la langue, a donc été sous-entendu. D’autres encore : « Tu es le plus digne et le plus méritant de ce châtiment. »

Abû Al-‘Abbâs Ahmad Ibn Yahyâ rapporte qu’Al-Aṣma‘î a dit : dans la langue des Arabes, le mot « awla » implique la proximité de la perdition, comme s’il signifiait : « Tu as touché la destruction, tu t’en es approché », son origine se rattachant à la racine « walî », qui exprime la notion de proximité.

بِيَدِهِ، فَهَزَّهُ مَرَّةً أَوْ مَرَّتَيْنِ ثُمَّ قَالَ: (أَوْلى لَكَ فَأَوْلى) فَقَالَ لَهُ أَبُو جَهْلٍ: أتهددني؟ فو الله إِنِّي لَأَعَزُّ أَهْلِ الْوَادِي وَأَكْرَمُهُ. وَنَزَلَ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كما قَالَ لِأَبِي جَهْلٍ. وَهِيَ كَلِمَةُ وَعِيدٍ. قَالَ الشَّاعِرُ: فَأَوْلَى ثُمَّ أَوْلَى ثُمَّ أَوْلَى ... وَهَلْ لِلدَّرِّ يُحْلَبُ مِنْ مَرَدِّ قَالَ قَتَادَةُ: أَقْبَلَ أَبُو جَهْلِ بْنُ هِشَامٍ يَتَبَخْتَرُ، فَأَخَذَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِيَدِهِ فَقَالَ: [أَوْلَى لَكَ فَأَوْلَى، ثُمَّ أَوْلَى لَكَ فَأَوْلَى [. فَقَالَ: مَا تَسْتَطِيعُ أَنْتَ وَلَا رَبُّكَ لِي شَيْئًا، إِنِّي لَأَعَزُّ مَنْ بَيْنَ جَبَلَيْهَا. فَلَمَّا كَانَ يَوْمُ بَدْرٍ أَشْرَفَ عَلَى الْمُسْلِمِينَ فَقَالَ: لَا يُعْبَدُ اللَّهُ بَعْدَ هَذَا الْيَوْمِ أَبَدًا. فَضَرَبَ اللَّهُ عُنُقَهُ، وَقَتَلَهُ شَرَّ قِتْلَةٍ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ: الْوَيْلُ لَكَ، وَمِنْهُ قَوْلُ الْخَنْسَاءِ: هَمَمْتُ بِنَفْسِي كُلَّ الْهُمُومِ ... فَأَوْلَى لِنَفْسِي أَوْلَى لَهَا سَأَحْمِلُ نَفْسِي عَلَى آلَةٍ «١» ... فَإِمَّا عَلَيْهَا وَإِمَّا لَهَا الْآلَةُ: الْحَالَةُ، وَالْآلَةُ: السَّرِيرُ أَيْضًا الَّذِي يُحْمَلُ عَلَيْهِ الْمَيِّتُ، وَعَلَى هَذَا التَّأْوِيلِ قِيلَ: هُوَ مِنَ الْمَقْلُوبِ، كَأَنَّهُ قِيلَ: أَوْيَلُ، ثُمَّ أُخِّرَ الْحَرْفُ الْمُعْتَلُّ، وَالْمَعْنَى: الْوَيْلُ لَكَ حَيًّا، وَالْوَيْلُ لَكَ مَيِّتًا، وَالْوَيْلُ لَكَ يَوْمَ الْبَعْثِ، وَالْوَيْلُ لَكَ يَوْمَ تَدْخُلُ النَّارَ، وَهَذَا التَّكْرِيرُ كَمَا قَالَ «٢» : لَكَ الْوَيْلَاتُ إِنَّكَ مُرْجِلِي أَيْ لَكَ الْوَيْلُ، ثُمَّ الْوَيْلُ، ثُمَّ الْوَيْلُ، وَضُعِّفَ هَذَا الْقَوْلُ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ الذَّمُّ لَكَ، أَوْلَى مِنْ تَرْكِهِ، إِلَّا أَنَّهُ كَثِيرٌ فِي الْكَلَامِ فَحُذِفَ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَنْتَ أَوْلَى وَأَجْدَرُ بِهَذَا الْعَذَابِ. وَقَالَ أَبُو الْعَبَّاسِ أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى: قَالَ الْأَصْمَعِيُّ (أَوْلى) فِي كَلَامِ الْعَرَبِ مَعْنَاهُ مُقَارَبَةُ الْهَلَاكِ، كَأَنَّهُ يَقُولُ: قَدْ وَلَيِتَ الْهَلَاكَ، قَدْ دَانَيْتَ الهلاك، وأصله من الولي، وهو القرب،
(١). في ا (على ألة) بفتح فشد وهي الحربة. وصوابه آلة أي حالة. (٢). هو امرؤ القيس والبيت بتمامه: ويوم دخلت الخدر خدر عنيزة ... فقالت لك الويلات إنك مرجلى

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