Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – a dit :

« Notre Seigneur, glorifié et exalté, Se dévoilera, si bien qu’ils contempleront Son Visage ; alors ils se jetteront devant Lui en prosternation. Il leur dira : “Relevez vos têtes, ce jour n’est pas un jour d’adoration.” »

Ath-Thalabî commente : Quant à l’opinion de Mujâhid selon laquelle l’expression signifierait : « elle attend la récompense de son Seigneur et aucune créature ne Le voit », c’est une interprétation entachée de faiblesse. En effet, lorsque les Arabes veulent employer le terme naẓar (« regard ») au sens d’« attente », ils disent : naẓartuhu (« je l’ai attendu »),

comme le Très-Haut dit :
« N’attendent-ils donc que l’Heure ? » (Az-Zukhruf, 43 : 66),
« N’attendent-ils que son explication ? » (Al-Aʿrâf, 7 : 53),
« Ils n’attendent qu’un seul Cri » (Yâ-Sîn, 36 : 49).

Et lorsqu’ils veulent, par ce même mot, évoquer la réflexion et la méditation, ils disent : naẓartu fîhi (« j’y ai réfléchi »). Mais, dès que le verbe naẓara est accompagné de la préposition « ilâ » et qu’il est joint à la mention du « visage », il ne peut signifier que la vision directe et manifeste.

Al-Azhari déclare : « L’affirmation de Mujâhid selon laquelle elle “attend la récompense de son Seigneur” est erronée ; en arabe, on ne dit pas naẓara ilâ pour parler d’attente. Quand quelqu’un dit : naẓartu ilâ Untel, cela ne signifie rien d’autre que la vision de l’œil. Les Arabes disent naẓartu ilayh lorsqu’ils visent la vue oculaire, alors que pour l’attente ils disent : naẓartuhu. »

Le poète a dit – voulant signifier l’attente :
A   Si vous m’attendiez, tous deux, ne fût-ce qu’une heure,
A   Cet instant me vaudrait faveur auprès d’Oumm Jundab, ma demeure.

Lorsqu’il voulut désigner la vision de l’œil, il fut dit :
B   Je la contemplai, et les étoiles brillaient, lampes d’ermites en veille ;
B   Lampes qu’ils allument la nuit pour des guetteurs qui veillent.

Un autre déclama :
C   Au Maḥṣab, près de Minâ, je la fixai d’un regard plein d’ardeur ;
C   N’eût été ma pudeur, ce regard eût dépassé toute mesure d’ardeur.

Et un autre encore :
D   Vers toi, pour ce que tu promis, je lève mes yeux en humble recours ;
D   Tel le pauvre qui regarde le riche, cherchant grâce et secours.

C’est-à-dire : je te regarde avec humilité, car un regard empli d’abaissement et de soumission est plus propre à attendrir le cœur de celui à qui l’on s’adresse.

Quant à l’argument qu’ils tirent de la parole du Très-Haut : « Les regards ne L’atteignent pas, alors que c’est Lui qui atteint les regards » (Al-Anʿâm, 6 : 103), cela n’est que

قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [يَتَجَلَّى رَبُّنَا عَزَّ وَجَلَّ حَتَّى يَنْظُرُوا إِلَى وجهه، فيخرون له سجدا، فيقول ارفعوا رءوسكم فَلَيْسَ هَذَا بِيَوْمِ عِبَادَةٍ [قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَقَوْلُ مُجَاهِدٍ إِنَّهَا بِمَعْنَى تَنْتَظِرُ الثَّوَابَ مِنْ رَبِّهَا ولا يراه شي مِنْ خَلْقِهِ، فَتَأْوِيلٌ مَدْخُولٌ، لِأَنَّ الْعَرَبَ إِذَا أَرَادَتْ بِالنَّظَرِ الِانْتِظَارَ قَالُوا نَظَرْتُهُ، كَمَا قَالَ تعالى: هَلْ يَنْظُرُونَ إِلَّا السَّاعَةَ [الزخرف: ٦٦] ، هَلْ يَنْظُرُونَ إِلَّا تَأْوِيلَهُ [الأعراف: ٥٣] ، وما يَنْظُرُونَ إِلَّا صَيْحَةً واحِدَةً [يس: ٤٩] وَإِذَا أَرَادَتْ بِهِ التَّفَكُّرَ وَالتَّدَبُّرَ قَالُوا: نَظَرْتُ فِيهِ، فَأَمَّا إِذَا كَانَ النَّظَرُ مَقْرُونًا بِذِكْرٍ إِلَى، وَذِكْرِ الْوَجْهِ فَلَا يَكُونُ إِلَّا بِمَعْنَى الرُّؤْيَةِ وَالْعِيَانِ. وَقَالَ الْأَزْهَرِيُّ: إِنَّ قَوْلَ مُجَاهِدٍ تَنْتَظِرُ ثَوَابَ رَبِّهَا خَطَأٌ، لِأَنَّهُ لَا يُقَالُ نَظَرَ إِلَى كَذَا بِمَعْنَى الِانْتِظَارِ، وَإِنَّ قَوْلَ الْقَائِلِ: نَظَرْتُ إِلَى فُلَانٍ لَيْسَ إِلَّا رُؤْيَةَ عَيْنٍ، كَذَلِكَ تَقُولُهُ الْعَرَبُ، لِأَنَّهُمْ يَقُولُونَ نَظَرْتُ إِلَيْهِ: إِذَا أَرَادُوا نَظَرَ الْعَيْنِ، فَإِذَا أَرَادُوا الِانْتِظَارَ قَالُوا نَظَرْتُهُ، قَالَ: فَإِنَّكُمَا إِنْ تَنْظُرَانِي سَاعَةً ... مِنَ الدَّهْرِ تَنْفَعُنِي لَدَى أُمِّ جُنْدَبِ لَمَّا أَرَادَ الِانْتِظَارَ قَالَ تَنْظُرَانِي، وَلَمْ يَقُلْ تَنْظُرَانِ إِلَيَّ، وَإِذَا أَرَادُوا نَظَرَ الْعَيْنِ قَالُوا: نَظَرْتُ إِلَيْهِ، قَالَ: نَظَرْتُ إِلَيْهَا وَالنُّجُومُ كَأَنَّهَا ... مصابيح رهبان تشب لقفال «١» وقال آخر: نَظَرْتُ إِلَيْهَا بِالْمُحَصَّبِ مِنْ مِنًى ... وَلِي نَظَرٌ «٢» لَوْلَا التَّحَرُّجُ عَارِمُ وَقَالَ آخَرُ: إِنِّي إِلَيْكِ لِمَا وَعَدْتِ لَنَاظِرٌ ... نَظَرَ الْفَقِيرِ إِلَى الْغَنِيِّ الْمُوسِرِ أَيْ إِنِّي أَنْظُرُ إِلَيْكِ بِذُلٍّ، لِأَنَّ نَظَرَ الذُّلِّ وَالْخُضُوعِ أَرَقُّ لِقَلْبِ الْمَسْئُولِ، فَأَمَّا مَا اسْتَدَلُّوا بِهِ مِنْ قَوْلُهُ تَعَالَى: لَا تُدْرِكُهُ الْأَبْصارُ وَهُوَ يُدْرِكُ الْأَبْصارَ [الانعام: ١٠٣] فإنما ذلك
(١). تشب: توقد. والقفال جمع قافل وهو الراجع من السفر. البيت من قصيدة لامرئ القيس. (٢). في نسخ الأصل نظرة والصواب ما ذكرنا كما في ديوان قائله وهو عمر بن ربيعة.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies