Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Car il n’est pas permis d’amputer un membre d’un musulman si ce n’est en contrepartie d’une somme considérable ; telle est, d’ailleurs, l’opinion de la majorité des ḥanafites.

Que celui qui veut s’étonner s’étonne donc de la parole d’al-Layth b. Saʿd : « L’explication n’est recevable pour moins de soixante-douze dirhams. » On lui demanda : « D’où tires-tu cela ? » Il répondit : « Parce qu’Allāh – Très-Haut – a dit : ﴾Allāh vous a secourus en maintes occasions, et le jour de Ḥunayn﴿ (At-Tawbah, 25), or les expéditions et les campagnes du Prophète furent au nombre de soixante-douze. »

Cette argumentation n’est pas valable, car il a retranché Ḥunayn du compte ; il aurait donc dû dire : « On accepte à partir de soixante-onze. » Allāh – Très-Haut – a d’ailleurs dit : ﴾Évoquez Allāh d’une évocation abondante﴿ (Al-Aḥzāb, 41), et : ﴾Il n’y a point de bien dans la plupart de leurs conciliabules﴿ (An-Nisāʾ, 114), et : ﴾Maudis-les d’une malédiction retentissante﴿ (Al-Aḥzāb, 68).

Sixième cas
S’il déclare : « J’ai dix, ou cent, ou mille [à toi] », il peut préciser cette somme comme il l’entend et son explication est admise. Ainsi, s’il dit : « Mille dirhams », ou : « Cent et un esclave », ou : « Cent cinquante dirhams », il a levé l’ambiguïté et son explication est acceptée. C’est également l’avis d’ash-Shāfiʿī.

Abū Ḥanīfah, pour sa part, dit : s’il joint au nombre indéterminé un bien mesuré ou pesé, cela constitue une interprétation valable, comme dans l’énoncé : « Cent et cinquante dirhams » ; le mot « dirham » explicite les cinquante, et les cinquante explicitent la centaine.

Ibn Khayrān al-Iṣṭakhrī, l’un des compagnons d’ash-Shāfiʿī, estime que le terme « dirham » ne peut servir d’explication, dans « cent cinquante », que pour les cinquante uniquement ; la centaine, quant à elle, doit être précisée différemment.

Quatrième question
Le Très-Haut dit : ﴾Même s’il avançait ses excuses﴿ – c’est-à-dire que, s’il se rétracte après avoir avoué, son excuse n’est pas acceptée. Les savants ont divergé au sujet de celui qui revient sur son aveu dans les ḥudūd relevant exclusivement du droit d’Allāh. La plupart d’entre eux – parmi lesquels ash-Shāfiʿī et Abū Ḥanīfah – considèrent que la rétractation est recevable après l’aveu. Mālik partage cet avis dans l’une de ses deux opinions ; dans l’autre, il exige qu’il invoque un motif valable. L’avis correct est la validité absolue de la rétractation, d’après le récit rapporté par les Imams al-Bukhārī et Muslim : le Prophète – paix et bénédiction d’Allāh sur lui – repoussa à plusieurs reprises (quatre fois) l’homme qui s’accusait d’adultère, se détournant de lui chaque fois.

Lorsque cet homme eut témoigné contre lui-même quatre fois, le Prophète – paix et bénédiction sur lui – le fit venir et lui dit :
– « Es-tu atteint de folie ? » – « Non. »
– « As-tu déjà été marié ? » – « Oui. »
Dans la version d’al-Bukhārī : « Peut-être n’as-tu fait que l’embrasser, la caresser ou la regarder ? »
Dans le récit d’an-Nasāʾī et d’Abū Dāwūd, il lui demanda, à la cinquième reprise : « As-tu eu un rapport charnel avec elle ? » – « Oui. »
– « Au point que ton membre disparaisse entièrement en elle ? » – « Oui. »
– « Comme la baguette de khôl dans le flacon, ou la corde dans le puits ? » – « Oui. »
Puis il dit :
– « Sais-tu ce qu’est la fornication ? » – « Oui ; je l’ai approchée illicitement comme un homme approche licitement son épouse. »
Le Prophète reprit :
– « Que veux-tu donc de moi ? »

لِأَنَّهُ لَا يُبَانُ عُضْوُ الْمُسْلِمِ إِلَّا فِي مَالٍ عَظِيمٍ. وَبِهِ قَالَ أَكْثَرُ الْحَنَفِيَّةِ. وَمَنْ يَعْجَبُ فَيَتَعَجَّبُ لِقَوْلِ اللَّيْثِ بْنِ سَعْدٍ: إِنَّهُ لَا يُقْبَلُ فِي أَقَلَّ مِنَ اثْنَيْنِ وَسَبْعِينَ دِرْهَمًا. فَقِيلَ لَهُ: وَمِنْ أَيْنَ تَقُولُ ذَلِكَ؟ قَالَ: لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَالَ: لَقَدْ نَصَرَكُمُ اللَّهُ فِي مَواطِنَ كَثِيرَةٍ وَيَوْمَ حُنَيْنٍ «١» [التوبة: ٢٥] وَغَزَوَاتُهُ وَسَرَايَاهُ كَانَتِ اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ. وَهَذَا لَا يَصِحُّ، لِأَنَّهُ أَخْرَجَ حُنَيْنًا مِنْهَا، وَكَانَ حَقُّهُ أَنْ يَقُولَ يُقْبَلُ فِي أَحَدٍ وَسَبْعِينَ، وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: اذْكُرُوا اللَّهَ ذِكْراً كَثِيراً [الأحزاب: ٤١] ، وَقَالَ: لَا خَيْرَ فِي كَثِيرٍ مِنْ نَجْواهُمْ [النساء: ١١٤] ، وقال: وَالْعَنْهُمْ لَعْناً كَبِيراً [الأحزاب: ٦٨] . الصُّورَةُ السَّادِسَةُ- إِذَا قَالَ لَهُ: عِنْدِي عَشَرَةٌ أو مائة أو ألف، فَإِنَّهُ يُفَسِّرُهَا بِمَا شَاءَ وَيُقْبَلُ مِنْهُ، فَإِنْ قَالَ أَلْفُ دِرْهَمٍ أَوْ مِائَةٌ وَعَبْدٌ أَوْ مِائَةٌ وَخَمْسُونَ دِرْهَمًا فَإِنَّهُ يُفَسِّرِ الْمُبْهَمَ وَيُقْبَلُ مِنْهُ. وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ: وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ عَطَفَ عَلَى الْعَدَدِ الْمُبْهَمِ مَكِيلًا أَوْ مَوْزُونًا كَانَ تَفْسِيرًا، كَقَوْلِهِ: مِائَةٌ وَخَمْسُونَ دِرْهَمًا، لان الدرهم تفسير للخمسين، والخمسين تَفْسِيرٌ لِلْمِائَةِ. وَقَالَ ابْنُ خَيْرَانَ الْإِصْطَخْرِيُّ مِنْ أَصْحَابِ الشَّافِعِيِّ: الدِّرْهَمُ لَا يَكُونُ تَفْسِيرًا فِي الْمِائَةِ وَالْخَمْسِينَ إِلَّا لِلْخَمْسِينَ خَاصَّةً وَيُفَسِّرُ هُوَ الْمِائَةَ بِمَا شَاءَ. الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: وَلَوْ أَلْقى مَعاذِيرَهُ وَمَعْنَاهُ لَوِ اعْتَذَرَ بَعْدَ الْإِقْرَارِ لَمْ يُقْبَلْ مِنْهُ. وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فيمن رجع بعد ما أَقَرَّ فِي الْحُدُودِ الَّتِي هِيَ خَالِصُ حَقِّ اللَّهِ، فَقَالَ أَكْثَرُهُمْ مِنْهُمُ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ: يُقْبَلُ رُجُوعُهُ بَعْدَ الْإِقْرَارِ. وَقَالَ بِهِ مَالِكٌ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِ، وَقَالَ فِي الْقَوْلِ الْآخَرِ: لَا يُقْبَلُ إِلَّا أَنْ يَذْكُرَ لِرُجُوعِهِ وَجْهًا صَحِيحًا. وَالصَّحِيحُ جَوَازُ الرُّجُوعِ مُطْلَقًا، لِمَا رَوَى الْأَئِمَّةُ مِنْهُمِ الْبُخَارِيِّ وَمُسْلِمٍ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رد المقر بالزنى مِرَارًا أَرْبَعًا كُلَّ مَرَّةٍ يُعْرِضُ عَنْهُ، وَلَمَّا شَهِدَ عَلَى نَفْسِهِ أَرْبَعَ مَرَّاتٍ دَعَاهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ: (أَبِكَ جُنُونٌ) قَالَ: لَا. قَالَ: (أُحْصِنْتَ) قَالَ: نَعَمْ. وَفِي حَدِيثِ الْبُخَارِيِّ: (لَعَلَّكَ قَبَّلْتَ أَوْ غَمَزْتَ أَوْ نَظَرْتَ) . وَفِي النَّسَائِيِّ وَأَبِي دَاوُدَ: حَتَّى قَالَ لَهُ فِي الْخَامِسَةِ (أَجَامَعْتَهَا) «٢» قَالَ: نَعَمْ. قَالَ: (حَتَّى غَابَ ذَلِكَ مِنْكَ فِي ذَلِكَ مِنْهَا) قَالَ: نَعَمْ. قَالَ: (كَمَا يَغِيبُ الْمِرْوَدُ فِي الْمُكْحُلَةِ وَالرِّشَاءُ فِي الْبِئْرِ) . قَالَ: نَعَمْ. ثُمَّ قال: (هل تدري ما الزنى) قَالَ: نَعَمْ، أَتَيْتُ مِنْهَا حَرَامًا مِثْلَ مَا يَأْتِي الرَّجُلُ مِنْ أَهْلِهِ حَلَالًا. قَالَ: (فَمَا تريد مني) ؟
(١). جملة (ويوم حنين) ساقطة من ز، ط والمطبوع. (٢). اللفظ في رواية لابي داود.

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