Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

contre lui :
– ses deux mains, pour tout ce qu’il a saisi ou frappé avec elles ;
– ses deux pieds, pour tout ce sur quoi il a marché ;
– et ses deux yeux, pour tout ce qu’il a regardé.

Quant au terme al-baṣîra, il signifie : « le témoin ».

Al-Farrâ’ a récité :
Comme si, sur l’homme sensé, veillait un œil vigilant,
Sur la place qu’il occupe ou le spectacle qu’il contemple à tout instant.
Il se tient sur ses gardes, persuadé, dans sa frayeur,
Que nul parmi les hommes ne cache à ses yeux le moindre secret, par peur.

La preuve de cette exégèse tirée de la Révélation est la Parole du Très-Haut :
« Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu’ils œuvraient » (an-Nûr, 24).

Le mot baṣîra est au féminin parce que, dans ce verset, « l’homme » désigne ses membres, lesquels témoignent contre lui. C’est donc comme s’Il avait dit : « Au contraire, ce sont les membres de l’être humain qui constituent un témoin perspicace contre lui » ; c’est le sens expliqué par al-Qutaybî et d’autres.

D’aucuns affirment que le hâ’ final dans baṣîra est ce que les grammairiens appellent hâ’ de l’exagération, comme dans dâhiya, ʿallâma ou râwiya ; tel est l’avis d’Abû ʿUbayd.

Il a également été dit que la baṣîra désigne les deux anges scribes qui consignent ses actes, bons ou mauvais, appuyés en cela par la Parole du Très-Haut : « Et même s’il avance toutes ses excuses », pour ceux qui interprètent le terme maʿâdhîr comme « voiles » ; c’est l’opinion d’as-Suddî et d’ad-Daḥḥâk.

Selon certains exégètes, l’expression signifie : « Bien plus, il y a en l’homme, de par lui-même, un témoin perspicace », la préposition ayant été omise.

Il est également possible de considérer baṣîra comme adjectif d’un nom féminin sous-entendu, de sorte que l’on comprenne : « Au contraire, l’homme est, contre lui-même, un œil perspicace ». Al-Farrâ’ a d’ailleurs récité :
Comme si, sur l’homme sensé, veillait un œil perspicace.

Al-Ḥasan, commentant la Parole du Très-Haut : « Mais l’homme sera, contre lui-même, un témoin perspicace », a dit : « Il est perspicace quant aux défauts d’autrui, mais ignorant des siens. »

« Et même s’il avance toutes ses excuses » signifie : même s’il abaisse ses voiles.

Dans la langue des Yéménites, le mot sitr (voile) se dit miʿdhâr ; c’est ce qu’a rapporté ad-Daḥḥâk, et le poète a dit :
Mais elle refusa de s’arrêter chez nous ne fût-ce qu’un moment,
Et couvrit ce refus d’excuses à tout instant.

Az-Zajjâj a déclaré : « Les maʿâdhir sont des voiles ; le singulier est miʿdhâr. Autrement dit, même s’il laisse tomber son voile dans l’intention de dissimuler son acte, son âme témoignera contre lui. »

Et l’on a dit encore : c’est-à-dire que, même s’il présente des excuses en déclarant : « Je n’ai rien fait », se dressera contre lui, parmi ses propres membres, un témoin qui atteste de ses actes ; ainsi, quand bien même il s’excuserait et plaiderait pour sa cause, un témoin viendra le démentir.

عَلَيْهِ: يَدَاهُ بِمَا بَطَشَ بِهِمَا، وَرِجْلَاهُ بِمَا مَشَى عَلَيْهِمَا، وَعَيْنَاهُ بِمَا أَبْصَرَ بِهِمَا. وَالْبَصِيرَةُ: الشَّاهِدُ. وَأَنْشَدَ الْفَرَّاءُ: كَأَنَّ عَلَى ذِي الْعَقْلِ عَيْنًا بَصِيرَةً ... بِمَقْعَدِهِ أَوْ مَنْظَرٍ هُوَ نَاظِرُهُ يُحَاذِرُ حَتَّى يَحْسِبَ النَّاسَ كُلَّهُمْ ... مِنَ الْخَوْفِ لَا تَخْفَى عَلَيْهِمْ سَرَائِرُهُ وَدَلِيلُ هَذَا التَّأْوِيلِ مِنَ التَّنْزِيلِ قَوْلُهُ تَعَالَى: يَوْمَ تَشْهَدُ عَلَيْهِمْ أَلْسِنَتُهُمْ وَأَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُمْ بِما كانُوا يَعْمَلُونَ «١» [النور: ٢٤] . وجاء تأنيث البصيرة لان المراد بالإنسان ها هنا الْجَوَارِحُ، لِأَنَّهَا شَاهِدَةٌ عَلَى نَفْسِ الْإِنْسَانِ، فَكَأَنَّهُ قَالَ: بَلِ الْجَوَارِحُ عَلَى نَفْسِ الْإِنْسَانِ بَصِيرَةٌ، قَالَ مَعْنَاهُ الْقُتَبِيُّ وَغَيْرُهُ. وَنَاسٌ يَقُولُونَ: هَذِهِ الْهَاءُ فِي قَوْلِهِ: بَصِيرَةٌ هِيَ الَّتِي يُسَمِّيهَا أَهْلُ الْإِعْرَابِ هَاءَ الْمُبَالَغَةِ، كَالْهَاءِ فِي قَوْلِهِمْ: دَاهِيَةٌ وَعَلَّامَةٌ وَرَاوِيَةٌ. وَهُوَ قَوْلُ أَبِي عُبَيْدٍ. وَقِيلَ الْمُرَادُ بِالْبَصِيرَةِ الْكَاتِبَانِ اللَّذَانِ يَكْتُبَانِ مَا يَكُونُ مِنْهُ مِنْ خَيْرٍ أَوْ شَرٍّ، يَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَلَوْ أَلْقى مَعاذِيرَهُ فِيمَنْ جَعَلَ الْمَعَاذِيرَ السُّتُورَ. وَهُوَ قَوْلُ السُّدِّيِّ وَالضَّحَّاكِ. وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ التَّفْسِيرِ: الْمَعْنَى بَلْ عَلَى الْإِنْسَانِ مِنْ نَفْسِهِ بَصِيرَةٌ، أَيْ شَاهِدٌ فَحُذِفَ حَرْفُ الْجَرِّ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ بَصِيرَةٍ نَعْتًا لِاسْمٍ مُؤَنَّثٍ فَيَكُونُ تَقْدِيرُهُ: بَلِ الْإِنْسَانُ عَلَى نَفْسِهِ عَيْنٌ بَصِيرَةٌ، وَأَنْشَدَ الْفَرَّاءُ: كَأَنَّ عَلَى ذِي الْعَقْلِ عَيْنًا بَصِيرَةً وَقَالَ الْحَسَنُ فِي قوله تعالى: بَلِ الْإِنْسانُ عَلى نَفْسِهِ بَصِيرَةٌ يَعْنِي بَصِيرٌ بِعُيُوبِ غَيْرِهِ، جَاهِلٌ بِعُيُوبِ نَفْسِهِ. (وَلَوْ أَلْقى مَعاذِيرَهُ) أَيْ وَلَوْ أَرْخَى سُتُورَهُ. وَالسِّتْرُ بِلُغَةِ أَهْلِ الْيَمَنِ: مِعْذَارٌ، قَالَهُ الضَّحَّاكُ وَقَالَ الشَّاعِرُ: وَلَكِنَّهَا ضَنَّتْ بِمَنْزِلِ سَاعَةٍ ... عَلَيْنَا وَأَطَّتْ فَوْقَهَا بِالْمَعَاذِرِ قَالَ الزَّجَّاجُ: الْمَعَاذِرُ: السُّتُورُ، وَالْوَاحِدُ مِعْذَارٌ، أَيْ وَإِنْ أَرْخَى سِتْرَهُ، يُرِيدُ أَنْ يُخْفِيَ عَمَلَهُ، فَنَفْسُهُ شَاهِدَةٌ عَلَيْهِ. وَقِيلَ: أَيْ وَلَوِ اعْتَذَرَ فَقَالَ لَمْ أَفْعَلْ شَيْئًا، لَكَانَ عَلَيْهِ مِنْ نَفْسِهِ مَنْ يَشْهَدُ عَلَيْهِ مِنْ جَوَارِحِهِ، فَهُوَ وَإِنِ اعْتَذَرَ وَجَادَلَ عَنْ نفسه، فعليه شاهد يكذب
(١). راجع ج ١٢ ص ٢١٠.

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