Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abû al-Layth as-Samarkandî rapporte :
« Les exégètes s’accordent tous à dire que l’expression : « Lâ uqsimu » signifie : « Je jure. » Ils ont toutefois divergé sur la valeur du « lâ ». Certains ont soutenu que ce « lâ » est un simple ornement stylistique ; il existe, en effet, dans la langue arabe des ajouts de (lâ), comme dans cette autre parole divine : « Il dit : “Ô Iblîs ! qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner ?” » (Ṣâd, 38 : 75), c’est-à-dire : de te prosterner. D’autres ont affirmé que « lâ » sert ici de réfutation à leur discours lorsqu’ils ont nié la résurrection ; le sens est alors : « La chose n’est pas telle que vous le prétendez. »

Je dis : tel est l’avis d’al-Farrâ’.

Al-Farrâ’ précise : « Nombre de grammairiens considèrent que “lâ” est une particule de liaison superfétatoire ; or il n’est pas recevable de commencer une phrase par une négation puis de la qualifier de redondante, car, si cela était permis, on ne distinguerait plus un énoncé négatif d’un énoncé affirmatif. Le Coran, pour sa part, vient réfuter ceux qui ont nié la résurrection, le Paradis et l’Enfer ; c’est pourquoi le serment y est introduit à titre de réfutation — dans de nombreux passages, qu’ils commencent ou non par cette construction [1]. Ainsi disent-ils : “Lâ wallâh, lâ af‘al” — le « lâ » y réfute un propos antérieur. Il en est de même lorsque tu déclares : “Lâ wallâh, inna l-qiyâmata la-ḥaqq”, comme si tu démentais des gens qui la renient. »

Un autre que Farrâ’ a cité ces vers d’Imru’ l-Qays :
« Non, par ton père, ô fille d’al-‘Âmirî,
Jamais le clan ne dira que je m’enfuis ! »

Ghuyyah ibn Sulmâ a, de son côté, récité :
« N’a-t-elle pas appelé, Ummâmah, à supporter le fardeau,
Pour m’attrister ? Non, par toi, je ne m’en soucie guère. »

La fonction de ce « lâ » est donc de renforcer le serment dans une réplique.

Al-Farrâ’ poursuit : « Celui qui ignore cet usage lit “luqsimu” — sans alif —, comme si la lâm d’insistance s’était introduite devant “uqsimu” ; c’est une lecture correcte, car les Arabes disent : “Luqsimu billâh.” Il s’agit de la lecture d’al-Ḥasan, d’Ibn Kathîr, d’az-Zuhrî et d’Ibn Hurmuz : “Luqsimu bi-yawm al-qiyâmah”, c’est-à-dire : par le jour où les hommes se tiendront devant leur Seigneur ; et il appartient à Allah — Glorieux et Majestueux — de jurer par ce qu’Il veut.

Quant à Sa parole : « Et Je ne jure pas par l’âme qui se blâme », il n’existe à ce sujet aucune divergence entre les lecteurs : Il a juré — exalté soit-Il — par le Jour de la Résurrection afin d’en magnifier la grandeur [et Il n’a pas juré par l’âme]. Selon la lecture d’Ibn Kathîr, Il a juré par le premier serment et non par le second. On a cependant dit que « wa lâ uqsimu bi-n-nafs al-lawwâmah » constitue une autre réfutation et inaugure un nouveau serment par l’âme blâmeuse.

Al-Tha‘labî déclare : « L’opinion correcte est qu’Il a juré par les deux. »

Le sens de « l’âme blâmeuse » est : l’âme du croyant — tu ne le vois jamais sans qu’il ne se blâme lui-même, disant : « Qu’ai-je voulu par cela ? » Tu ne le vois donc

وَحَكَى أَبُو اللَّيْثِ السَّمَرْقَنْدِيُّ: أَجْمَعَ الْمُفَسِّرُونَ أَنَّ مَعْنَى لَا أُقْسِمُ: أُقْسِمُ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَفْسِيرِ: لَا قَالَ بَعْضُهُمْ: لَا زِيَادَةٌ فِي الْكَلَامِ لِلزِّينَةِ، وَيَجْرِي فِي كَلَامِ الْعَرَبِ زِيَادَةُ (لَا) كما قال في آية أخرى: قالَ يَا إِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ [ص: ٧٥] . يَعْنِي أَنْ تَسْجُدَ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: لَا: رَدٌّ لِكَلَامِهِمْ حَيْثُ أَنْكَرُوا الْبَعْثَ، فَقَالَ: لَيْسَ الْأَمْرُ كَمَا زَعَمْتُمْ. قُلْتُ: وَهَذَا قَوْلُ الْفَرَّاءِ، قَالَ الْفَرَّاءُ: وَكَثِيرٌ مِنَ النَّحْوِيِّينَ يَقُولُونَ لَا صِلَةٌ، وَلَا يَجُوزُ أَنْ يُبْدَأَ بِجَحْدٍ ثُمَّ يُجْعَلَ صِلَةً، لِأَنَّ هَذَا لَوْ كَانَ كَذَلِكَ لَمْ يُعْرَفْ خَبَرٌ فِيهِ جَحْدٌ مِنْ خَبَرٍ لَا جَحْدَ فِيهِ، وَلَكِنَّ الْقُرْآنَ جَاءَ بِالرَّدِّ عَلَى الَّذِينَ أَنْكَرُوا الْبَعْثَ وَالْجَنَّةَ وَالنَّارَ، فَجَاءَ الْإِقْسَامُ بِالرَّدِّ عَلَيْهِمْ [فِي كَثِيرٍ مِنَ الْكَلَامِ الْمُبْتَدَأِ مِنْهُ وَغَيْرِ الْمُبْتَدَأِ «١» ] وَذَلِكَ كَقَوْلِهِمْ لَا وَاللَّهِ لَا أَفْعَلُ فَ- لَا رَدٌّ لِكَلَامٍ قَدْ مَضَى، وَذَلِكَ كَقَوْلِكَ: لَا وَاللَّهِ إِنَّ الْقِيَامَةَ لَحَقٌّ، كَأَنَّكَ أَكْذَبْتَ قَوْمًا أَنْكَرُوهُ. وَأَنْشَدَ غَيْرُ الْفَرَّاءِ لِامْرِئِ الْقَيْسِ: فَلَا وَأَبِيكِ ابْنَةَ الْعَامِرِيِّ ... لَا يَدَّعِي الْقَوْمُ أَنِّي أَفِرُّ وَقَالَ غُوَيَّةُ بْنُ سُلْمَى: أَلَا نَادَتْ أُمَامَةُ بِاحْتِمَالِ ... لِتَحْزُنَنِي فَلَا بِكِ مَا أُبَالِي وَفَائِدَتُهَا تَوْكِيدُ الْقَسَمِ فِي الرَّدِّ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَكَانَ مَنْ لَا يَعْرِفُ هَذِهِ الْجِهَةَ يَقْرَأُ " لَأُقْسِمُ" بِغَيْرِ أَلِفٍ، كَأَنَّهَا لَامُ تَأْكِيدٍ دَخَلَتْ عَلَى أُقْسِمُ، وَهُوَ صَوَابٌ، لِأَنَّ الْعَرَبَ تَقُولُ: لَأُقْسِمُ بِاللَّهِ وَهِيَ قِرَاءَةُ الْحَسَنِ وَابْنِ كَثِيرٍ وَالزُّهْرِيِّ وَابْنِ هُرْمُزَ بِيَوْمِ الْقِيامَةِ أَيْ بِيَوْمٍ يَقُومُ النَّاسُ فِيهِ لِرَبِّهِمْ، وَلِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ أَنْ يُقْسِمَ بِمَا شَاءَ. (وَلا أُقْسِمُ بِالنَّفْسِ اللَّوَّامَةِ) لَا خِلَافَ فِي هَذَا بَيْنَ الْقُرَّاءِ، وَهُوَ أَنَّهُ أَقْسَمَ سُبْحَانَهُ بِيَوْمِ الْقِيَامَةِ تَعْظِيمًا لِشَأْنِهِ [وَلَمْ يُقْسِمْ بِالنَّفْسِ «٢» ]. وَعَلَى قِرَاءَةِ ابْنِ كَثِيرٍ أَقْسَمَ بِالْأُولَى وَلَمْ يُقْسِمْ بِالثَّانِيَةِ. وَقِيلَ: وَلا أُقْسِمُ بِالنَّفْسِ اللَّوَّامَةِ رَدٌّ آخَرُ وَابْتِدَاءُ قَسَمٍ بِالنَّفْسِ اللَّوَّامَةِ. قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَالصَّحِيحُ أَنَّهُ أَقْسَمَ بِهِمَا جَمِيعًا. وَمَعْنَى: بِالنَّفْسِ اللَّوَّامَةِ أَيْ بِنَفْسِ الْمُؤْمِنِ الَّذِي لَا تَرَاهُ إِلَّا يَلُومُ نَفْسَهُ، يَقُولُ: مَا أردت بكذا؟ فلا تراه
(١). الزيادة من تفسير الفراء. (٢). الزيادة من تفسير ابن عطية وغيره. [ ..... ]

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