Parole du Très-Haut :
« Mais chacun d’entre eux voudrait qu’il lui soit remis des feuillets déployés » ; c’est-à-dire qu’on lui donne des écrits ouverts.
Cela, parce qu’Abû Jahl et quelques notables de Quraysh avaient déclaré : « Ô Muhammad ! Apporte-nous des Lettres de la part du Seigneur des mondes où il serait écrit : “C’est Moi qui ai envoyé à vous Muhammad — paix et salut sur lui.” »
Un passage analogue se lit dans la Parole : « Nous ne croirons pas à ton ascension tant que tu ne feras pas descendre sur nous un Livre que nous puissions lire » (Al-Isrâ’ 17 : 93).
Ibn ʿAbbâs a dit : « Ils disaient : “Si Muhammad est véridique, que chacun de nous trouve, au matin, un feuillet portant sa décharge et sa sûreté contre le Feu.” »
Matar al-Warrâq dit : « Ils voulaient recevoir cela sans fournir aucune œuvre. »
Al-Kalbî rapporte que les polythéistes disaient : « Nous avons appris que chez les Fils d’Israël, l’homme se réveillait le matin avec, près de sa tête, l’inscription de son péché et de son expiation ; apporte-nous donc quelque chose de semblable. »
Mujâhid a dit : « Ils voulaient qu’un écrit fût révélé à chacun d’eux, portant de la part d’Allah — Puissant et Majestueux — : “À Untel fils d’Untel…” »
On a également avancé que le sens est qu’il soit honoré d’une belle renommée ; les « feuillets » ont alors été employés, par métaphore, pour désigner cette mention louangeuse.
Et ils disaient : « Si les fautes de l’homme sont consignées contre lui, pourquoi ne les voyons-nous pas ? » — « Nullement ! », c’est-à-dire : cela ne se produira pas.
Il a aussi été dit que « kallâ » signifie : « En vérité ». Toutefois, la première explication est meilleure, car elle constitue une réfutation de leur propos.
« Mais ils ne redoutent point l’Au-delà », c’est-à-dire : Je ne leur accorderai pas ce qu’ils convoitent, parce qu’ils ne craignent pas la vie dernière, trompés qu’ils sont par le bas-monde.
Saʿîd ibn Jubayr a récité « ṣuḥfan munshara(t) » en immobilisant la ḥāʾ et le nūn ; l’absence de voyelle sur la ḥāʾ est un allègement, tandis que celle du nūn est jugée irrégulière.
Dans l’usage, on dit : « nashartu le vêtement, etc. », et non « anshartu ». Il se peut qu’on ait comparé le feuillet à un mort : replié, il est comme inerte ; lorsqu’on le déploie, il reprend vie. De là l’expression « anshara-Llâhu al-mayyit » (Allah a ressuscité le mort), de même que la résurrection a été rapprochée de l’action de déployer un vêtement, d’où l’énoncé « nashara-Llâhu al-mayyit ». Il s’agit là d’un usage linguistique reconnu.
[Sourate al-Muddaththir (74), versets 54-56]
« Non ! Ceci est certes un rappel » (54)
« Quiconque le veut s’en souviendra » (55)
« Mais ils ne s’en souviendront que si Allah le veut ; Il est le Digne de piété, le Digne de pardon » (56)
Parole du Très-Haut :
« Non ! Il est certes un rappel » : en vérité, le Coran est une exhortation.
« Que celui qui le veut s’en souvienne » : c’est-à-dire qu’il en tire admonition.
« Et ils ne s’en souviendront que si Allah le veut » : ils ne peuvent tirer profit ni se rappeler qu’avec la Volonté d’Allah — telle est Sa décision à leur égard.
La lecture la plus répandue rend le verbe « yadhkurûn » avec le yâʾ ; Abû ʿUbayd l’a retenue, en raison de la Parole : « Mais ils ne redoutent pas l’Au-delà. » Nâfiʿ et Yaʿqûb l’ont récité avec le tâʾ, lecture qu’Abû Ḥâtim a privilégiée parce qu’elle est plus englobante ; tous s’accordent cependant à l’alléger.
« Il est le Digne de piété et le Digne de pardon. » Dans at-Tirmidhî et les Sunan d’Ibn Mâjah, on rapporte de