Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« En vérité, elle est assurément l’une des grandes. »

Il s’agit de la réponse au serment : autrement dit, ce Feu est bel et bien l’une des « grandes », c’est-à-dire l’une des plus redoutables calamités.

Dans le Tafsîr de Muqâtil, « al-kubar » est mentionné comme l’un des noms de la Géhenne. Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs que le pronom « elle » renverrait au fait qu’ils traitent de mensonge Muḥammad — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui ; or, ce démenti compte parmi les grands péchés capitaux.

D’autres ont dit : il s’agit de l’avènement de l’Heure, lequel est, lui aussi, l’une des grandes.

Le mot « al-kubar » désigne, de manière générale, les châtiments les plus terribles. Ainsi chante le poète de rajaz :

Ô fils d’al-Muʿallâ, l’une des grandes vient de frapper, A
Fléau des temps, sourd aux revers que le sort fait tourner. A

Le singulier de « al-kubar » est « kubrâ », tout comme « ṣughrâ » est le singulier de « aṣ-ṣughar », et « ʿuẓmâ » celui de « al-ʿuẓam ».

La majorité des lecteurs récitent « la-iḥdâ » ; ce terme est bâti dès l’origine pour le féminin, à l’instar de « ʿuqbâ » ou « uḫrâ », et son alif, alif de coupure, ne s’élide pas à la liaison. Ǧarîr b. Ḥâzim rapporte d’Ibn Kaṯîr la variante : « innahâ laḥdâ al-kubar », avec suppression de la hamza.

« Un avertissement pour les hommes. »
Par là, il vise le Feu : ce Feu ainsi décrit constitue un avertissement pour les hommes. « Nadhîran » est à l’accusatif de relation, rattaché au pronom sous-entendu de « innahâ », comme l’a expliqué az-Zajjaǧ. Le masculin a été choisi parce que le sens renvoie au châtiment (« ʿadhâb »), masculin, ou parce qu’il faut comprendre : « doué d’avertissement », par analogie avec l’adjectif de relation — de même que l’on dit : « une femme ṭâliq » ou « ṭâhir ».

Al-Ḫalîl déclare que « an-nadhîr » est un nom d’action, au même titre que « an-nakîr », raison pour laquelle il peut qualifier un nom féminin.

Al-Ḥasan a dit : « Par Allah, jamais les créatures n’ont été averties de quelque chose de plus funeste qu’elle. »

Selon une autre opinion, « an-nadhîr » désigne Muḥammad — paix et salut sur lui ; le sens serait donc : « Lève-toi en avertisseur des hommes », autrement dit pour les effrayer. « Nadhîran » constituerait alors une circonstance liée au verbe « Qum » situé au début de la sourate : « Lève-toi donc et avertis » (al-Muddaththir, 2) — c’est l’avis d’Abû ʿAlî al-Fârisî, d’Ibn Zayd et, selon un autre récit, d’Ibn ʿAbbâs, opinion qu’al-Farrâʾ rejette.

Ibn al-Anbârî rapporte que certains exégètes entendent par là : « Ô toi le revêtu ! Lève-toi, avertisseur des hommes ! » — interprétation jugée défectueuse du fait de la longueur du passage qui sépare les deux expressions.

D’autres ont dit qu’il s’agit d’un attribut d’Allah — exalté soit-Il. Abû Muʿâwiya al-Ḍarîr a transmis d’après Ismâʿîl b. Samîʿ, d’après Abû Razîn, au sujet de la parole : « un avertissement pour les hommes » : « Allah — Puissant et Majestueux — dit : “Je suis pour vous un avertisseur à son sujet ; craignez-le donc !” » Ainsi, « nadhîran » est, dans ce cas, accusatif de relation : « Et Nous n’avons établi pour gardiens du Feu que des anges, — avertissant par cela même les hommes. »

Il a également été avancé que l’expression est en relation avec le pronom « huwa » dans la parole divine : « Nul ne connaît les armées de ton Seigneur si ce n’est Lui. »

Selon une troisième explication, il occuperait la place d’un nom d’action, comme si l’on avait dit : « un avertissement pour les hommes ». Al-Farrâʾ observe qu’il est possible que « an-nadhîr » ait précisément le sens d’« al-inḏâr » : « avertis d’un avertissement », à l’instar de la parole du Très-Haut : « Mais qu’en fut-il donc de Mon avertissement ? », c’est-à-dire « de Mon inḏâr ». Dès lors, il se rattacherait à

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّها لَإِحْدَى الْكُبَرِ) جَوَابُ الْقَسَمِ، أَيْ إِنَّ هَذِهِ النَّارَ لَإِحْدَى الْكُبَرِ أَيْ لَإِحْدَى الدَّوَاهِي. وَفِي تَفْسِيرِ مُقَاتِلٍ الْكُبَرِ: اسْمٌ مِنْ أَسْمَاءِ النَّارِ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ إِنَّها أَيْ إِنَّ تَكْذِيبَهُمْ بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَإِحْدَى الْكُبَرِ أَيْ لَكَبِيرَةٌ مِنَ الْكَبَائِرِ. وَقِيلَ: أَيْ إِنَّ قِيَامَ السَّاعَةِ لَإِحْدَى الْكُبَرِ. وَالْكُبَرُ: هِيَ الْعَظَائِمُ مِنَ الْعُقُوبَاتِ، قَالَ الراجز: يا ابن الْمُعَلَّى نَزَلَتْ إِحْدَى الْكُبَرِ ... دَاهِيَةُ الدَّهْرِ وَصَمَّاءُ الْغِيَرْ وَوَاحِدَةُ (الْكُبَرِ) ، كُبْرَى مِثْلَ الصُّغْرَى وَالصُّغَرِ، وَالْعُظْمَى وَالْعُظَمِ. وَقَرَأَ الْعَامَّةُ (لَإِحْدَى) وَهُوَ اسْمٌ بُنِيَ ابْتِدَاءً لِلتَّأْنِيثِ، وَلَيْسَ مَبْنِيًّا عَلَى الْمُذَكَّرِ، نَحْوَ عُقْبَى وَأُخْرَى، وَأَلِفُهُ أَلِفُ قَطْعٍ، لَا تَذْهَبُ فِي الْوَصْلِ. وَرَوَى جَرِيرُ بْنُ حَازِمٍ عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ " إِنَّهَا لَحْدَى الْكُبَرِ" بِحَذْفِ الْهَمْزَةِ. (نَذِيراً لِلْبَشَرِ) يُرِيدُ النَّارَ، أَيْ أَنَّ هَذِهِ النَّارَ الْمَوْصُوفَةَ نَذِيراً لِلْبَشَرِ فَهُوَ نَصْبٌ عَلَى الْحَالِ مِنَ الْمُضْمَرِ فِي إِنَّها قَالَهُ الزَّجَّاجُ. وَذُكِّرَ، لِأَنَّ مَعْنَاهُ مَعْنَى الْعَذَابِ، أَوْ أَرَادَ ذَاتَ إِنْذَارٍ عَلَى مَعْنَى النَّسَبِ، كَقَوْلِهِمْ: امْرَأَةٌ طَالِقٌ وَطَاهِرٌ. وَقَالَ الْخَلِيلُ: النَّذِيرُ: مَصْدَرٌ كَالنَّكِيرِ، وَلِذَلِكَ يُوصَفُ بِهِ الْمُؤَنَّثُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: وَاللَّهِ مَا أُنْذِرَ الْخَلَائِقُ بِشَيْءٍ أَدْهَى مِنْهَا. وَقِيلَ: الْمُرَادُ بِالنَّذِيرِ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَيْ قُمْ نَذِيرًا لِلْبَشَرِ، أَيْ مُخَوِّفًا لَهُمْ فَ- نَذِيراً حَالٌ مِنْ قُمْ فِي أول السورة حين قال: قُمْ فَأَنْذِرْ [المدثر: ٢] قَالَ أَبُو عَلِيٍّ الْفَارِسِيُّ وَابْنُ زَيْدٍ، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَأَنْكَرَهُ الْفَرَّاءُ. ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: وَقَالَ بَعْضُ الْمُفَسِّرِينَ مَعْنَاهُ يَا أَيُّهَا الْمُدَّثِّرُ قُمْ نَذِيرًا لِلْبَشَرِ. وَهَذَا قَبِيحٌ، لِأَنَّ الْكَلَامَ قَدْ طَالَ فِيمَا بَيْنَهُمَا. وَقِيلَ: هُوَ مِنْ صِفَةِ اللَّهِ تَعَالَى. رَوَى أَبُو مُعَاوِيَةَ الضَّرِيرُ: حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ سَمِيعٍ عَنْ أَبِي رَزِينٍ نَذِيراً لِلْبَشَرِ قَالَ: يَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَنَا لَكُمْ مِنْهَا نَذِيرٌ فَاتَّقُوهَا. وَ (نَذِيراً) عَلَى هَذَا نُصِبَ عَلَى الْحَالِ، أَيْ وَما جَعَلْنا أَصْحابَ النَّارِ إِلَّا مَلائِكَةً مُنْذِرًا بِذَلِكَ الْبَشَرِ. وَقِيلَ: هُوَ حَالٌ مِنْ هُوَ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: وَما يَعْلَمُ جُنُودَ رَبِّكَ إِلَّا هُوَ. وَقِيلَ: هُوَ فِي مَوْضِعِ الْمَصْدَرِ، كَأَنَّهُ قال: إنذار لِلْبَشَرِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ النَّذِيرُ بِمَعْنَى الْإِنْذَارِ، أَيْ أَنْذِرْ إِنْذَارًا فَهُوَ كَقَوْلِهِ تعالى: فَكَيْفَ كانَ نَذِيرِ أَيْ إِنْذَارِي ، فَعَلَى هَذَا يَكُونُ رَاجِعًا إلى

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