Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Non ! Par la lune ! »

Al-Farrâʾ déclare que « kallâ » n’est ici qu’une particule de liaison précédant le serment ; le sens sous-entendu est donc : « Par la lune ».

D’aucuns disent : le sens est : « En vérité, par la lune ! » ; selon ces deux explications on ne fait pas d’arrêt (en récitation) sur « kallâ ». Al-Ṭabarî, quant à lui, autorise l’arrêt : il voit dans ce mot une réfutation de ceux qui prétendaient pouvoir résister aux gardiens de la Géhenne ; autrement dit, la réalité n’est pas telle que l’imaginent ceux qui pensent tenir tête aux gardiens du Feu.

Puis Allah – exalté soit-Il – jure à nouveau par la lune et par ce qui suit :

« Et par la nuit quand elle s’en va. » C’est-à-dire lorsqu’elle tourne le dos ; de même l’on dit « dabara ».

Nāfiʿ, Ḥamza et Ḥafṣ la lisent : « idh adbara » ; les autres lisent « idha » (avec alif) et « dabara » (sans alif). Il s’agit de deux formes dialectales de même sens ; on dit en effet « dabara » et « adbara », tout comme « qabala al-layl » et « aqbala » (« la nuit est venue »).

On emploie aussi l’expression : « amsi ad-dābir » ou « al-mudbir ». Sakḥr b. ʿAmr b. al-Sharîd al-Sulamî a dit :
« Nous vous avons tués deux à deux et un par un …
et j’ai laissé Murrah tel le jour d’hier disparu. »
On rapporte aussi la variante « al-mudbir » ; c’est l’avis d’al-Farrâʾ et d’al-Akhfash.

Certains linguistes précisent : « dabara la nuit » signifie : elle est complètement passée ; « adbara » : elle a commencé à s’en aller.

Mujâhid raconte : « J’ai interrogé Ibn ʿAbbâs au sujet de la parole du Très-Haut : “Par la nuit lorsqu’elle disparaît.” Il garda le silence jusqu’à ce que la nuit fût écoulée, puis dit : “Ô Mujâhid, c’est maintenant que la nuit s’en est allée.” »

Muḥammad b. as-Samîqaʿ lisait également : « wal-layli idh adbara » avec deux alifs ; on retrouve cette graphie dans les codex de ʿAbdullâh [b. Masʿûd] et d’Ubayy.

Quṭrub affirme : celui qui lit « dabara » entend par là « s’avança », conformément à l’expression arabe : « dabara untel » lorsqu’il vient de derrière moi. Abū ʿAmr ajoute que c’est le parler de Quraysh.

Dans une autre version, Ibn ʿAbbâs dit : la lecture correcte est « adbara » ; on ne dit « yadburu » qu’au sujet du dos du chameau.

Abū ʿUbayd a choisi la lecture « idha adbara », estimant qu’elle s’accorde mieux avec les mots qui suivent ; n’as-tu pas remarqué qu’Il dit : « et par l’aurore lorsqu’elle se dévoile » ? Comment l’un serait-il introduit par « idh » et l’autre par « idha », alors qu’aucun serment coranique n’est suivi de « idh », mais toujours de « idha ».

Le verbe « asfara » signifie : brilla. La lecture courante est « asfara » avec alif. Ibn as-Samîqaʿ lisait « safara » ; deux formes également admises. On dit : « safara/le visage d’untel » ou « asfara » quand il resplendit.

Dans le hadith : « Priez la prière de l’aube quand la clarté apparaît, car elle est plus méritoire. » C’est-à-dire : accomplissez la ṣalât du subḥ alors que la lumière pointe. On dit encore : « Prolongez-la jusqu’à la pleine clarté (isfâr). »

« Isfâr » signifie : illumination. On dit : « asfara son visage » : il resplendit ; « safarati la femme » : elle a découvert son visage, elle est donc « sâfir ».

Il est également possible de rattacher le terme à l’expression : « safara adh-dhalâm » – balayer l’obscurité –, comme on dit : « sufira la maison », c’est-à-dire : on l’a balayée.

De là vient « as-safîr », nom donné aux feuilles tombées de l’arbre, parce que le vent les « yasfiru », c’est-à-dire les balaie.

Quant à « al-misfara », c’est le balai.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَلَّا وَالْقَمَرِ) قَالَ الْفَرَّاءُ: كَلَّا صِلَةٌ لِلْقَسَمِ، التَّقْدِيرُ أَيْ وَالْقَمَرِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى حَقًّا وَالْقَمَرِ، فَلَا يُوقَفُ عَلَى هَذَيْنَ التَّقْدِيرَيْنِ عَلَى كَلَّا وَأَجَازَ الطَّبَرِيُّ الْوَقْفَ عَلَيْهَا، وَجَعَلَهَا رَدًّا لِلَّذِينَ زَعَمُوا أَنَّهُمْ يُقَاوِمُونَ خَزَنَةَ جَهَنَّمَ، أَيْ لَيْسَ الْأَمْرُ كَمَا يَقُولُ مَنْ زَعَمَ أَنَّهُ يُقَاوِمُ خَزَنَةَ النَّارِ. ثُمَّ أَقْسَمَ عَلَى ذلك عز وجل بِالْقَمَرِ وَبِمَا بَعْدَهُ، فَقَالَ: وَاللَّيْلِ إِذْ أَدْبَرَ أَيْ وَلَّى وَكَذَلِكَ " دَبَرَ" . وَقَرَأَ نَافِعٌ وَحَمْزَةُ وَحَفْصٌ إِذْ أَدْبَرَ الْبَاقُونَ (إِذَا) بِأَلِفٍ وَ " دَبَرَ" بِغَيْرِ أَلِفٍ وَهُمَا لُغَتَانِ بِمَعْنًى، يُقَالُ: دَبَرَ وَأَدْبَرَ، وَكَذَلِكَ قَبِلَ اللَّيْلُ وَأَقْبَلَ. وَقَدْ قَالُوا: أَمْسِ الدَّابِرُ وَالْمُدْبِرُ، قَالَ صَخْرُ بْنُ عَمْرِو بْنِ الشَّرِيدِ السُّلَمِيُّ: وَلَقَدْ قَتَلْنَاكُمْ ثُنَاءً وَمَوْحَدًا ... وَتَرَكْتُ مُرَّةَ مِثْلَ أَمْسِ الدَّابِرِ وَيُرْوَى الْمُدْبِرِ. وَهَذَا قَوْلُ الْفَرَّاءِ وَالْأَخْفَشِ. وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ اللُّغَةِ: دَبَرَ اللَّيْلُ: إِذَا مَضَى، وَأَدْبَرَ: أَخَذَ فِي الْإِدْبَارِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: سَأَلْتُ ابْنَ عَبَّاسٍ عَنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَاللَّيْلِ إِذَا دَبَرَ" فَسَكَتَ حَتَّى إِذَا دَبَرَ قَالَ: يَا مُجَاهِدُ، هَذَا حِينَ دَبَرَ اللَّيْلُ. وَقَرَأَ مُحَمَّدُ بْنُ السميقع وَاللَّيْلِ إِذْ أَدْبَرَ بِأَلِفَيْنِ، وَكَذَلِكَ فِي مُصْحَفِ عَبْدِ اللَّهِ وَأُبَيٍّ بِأَلِفَيْنِ. وَقَالَ قُطْرُبُ مَنْ قَرَأَ " دَبَرَ" فَيَعْنِي أَقْبَلَ، مِنْ قَوْلِ الْعَرَبِ دَبَرَ فُلَانٌ: إِذَا جَاءَ مِنْ خَلْفِي. قَالَ أَبُو عَمْرٍو: وَهِيَ لُغَةُ قُرَيْشٍ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فِي رِوَايَةٍ عَنْهُ: الصَّوَابُ: أَدْبَرَ، إِنَّمَا يَدْبَرُ ظَهْرُ الْبَعِيرِ. وَاخْتَارَ أَبُو عُبَيْدٍ: إِذَا أَدْبَرَ قَالَ: لِأَنَّهَا أَكْثَرُ مُوَافَقَةً لِلْحُرُوفِ الَّتِي تَلِيهِ، أَلَا تَرَاهُ يَقُولُ: وَالصُّبْحِ إِذا أَسْفَرَ، فَكَيْفَ يَكُونُ أَحَدُهُمَا " إِذْ" وَالْآخَرُ إِذَا وَلَيْسَ فِي الْقُرْآنِ قسم تعقبه " إذ" وإنما يتعقبه إِذا. ومعنى أَسْفَرَ: ضَاءَ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ أَسْفَرَ بِالْأَلِفِ. وَقَرَأَ ابْنُ السَّمَيْقَعِ: " سَفَرَ" . وَهُمَا لُغَتَانِ. يُقَالُ: سَفَرَ وَجْهُ فُلَانٍ وَأَسْفَرَ: إِذَا أَضَاءَ. وَفِي الْحَدِيثِ: (أَسْفِرُوا بِالْفَجْرِ، فَإِنَّهُ أَعْظَمُ لِلْأَجْرِ) أَيْ صَلُّوا صَلَاةَ الصُّبْحِ مُسْفِرِينَ، وَيُقَالُ: طَوِّلُوهَا إِلَى الْإِسْفَارِ، وَالْإِسْفَارُ: الْإِنَارَةُ. وَأَسْفَرَ وَجْهُهُ حُسْنًا أَيْ أَشْرَقَ، وَسَفَرَتِ الْمَرْأَةُ كَشَفَتْ عَنْ وَجْهِهَا فَهِيَ سَافِرٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ [مِنْ] سَفَرَ الظَّلَامَ أَيْ كَنَسَهُ، كَمَا يُسْفَرُ الْبَيْتُ، أَيْ يُكْنَسُ، وَمِنْهُ السَّفِيرُ: لِمَا سَقَطَ مِنْ وَرَقِ الشَّجَرِ وَتَحَاتَّ، يُقَالُ: إِنَّمَا سُمِّيَ سَفِيرًا لِأَنَّ الرِّيحَ تَسْفِرُهُ أَيْ تَكْنُسُهُ. وَالْمِسْفَرَةُ: الْمِكْنَسَةُ.

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