Parole du Très-Haut :
« Afin que ceux à qui le Livre a été donné soient convaincus »,
c’est-à-dire : afin que ceux à qui ont été confiés la Torah et l’Évangile sachent avec certitude que le nombre des gardiens de la Géhenne concorde avec ce qu’ils détiennent dans leurs Écritures, comme l’ont déclaré Ibn ʿAbbâs, Qatâdah, ad-Ḍaḥḥâk, Mujâhid et d’autres. Il se peut ensuite que le verset vise les croyants d’entre eux, tels ʿAbd Allâh b. Salâm ; il se peut aussi qu’il englobe l’ensemble d’entre eux.
« Et que les croyants augmentent en foi »
par cette information ; en effet, chaque fois qu’ils confirment ce qui figure dans le Livre d’Allâh, leur foi s’en trouve fortifiée, et elle s’accroît encore par l’adhésion qu’ils manifestent au nombre des gardiens de la Géhenne.
« Et que ceux à qui le Livre a été donné, ainsi que les croyants, ne doutent point »
autrement dit : que ceux qui ont reçu l’Écriture et les croyants – c’est-à-dire les véridiques parmi les Compagnons de Muḥammad ﷺ – ne nourrissent aucun doute quant au fait que les gardiens de la Géhenne sont au nombre de dix-neuf.
« Et afin que disent ceux dont les cœurs sont malades »
– c’est-à-dire remplis de doute et d’hypocrisie – les hypocrites de Médine, qui apparaîtront plus tard après l’Hégire, car il n’y avait pas d’hypocrisie à La Mecque ; elle n’est apparue qu’à Médine.
On a également dit : le sens est : afin que disent les hypocrites qui surgiront à l’avenir, après l’Hégire, et les incroyants, c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens :
« Qu’a donc voulu Allâh par cette parabole ? »
à savoir par le nombre des gardiens de la Géhenne.
Al-Ḥusayn b. al-Faḍl a dit : la sourate est mecquoise et il n’y avait pas d’hypocrisie à La Mecque ; la « maladie » mentionnée dans ce verset renvoie donc à la divergence, et « les incroyants » aux polythéistes arabes. La majorité des exégètes retient cependant la première opinion.
Il est aussi permis de comprendre par « maladie » le doute et l’incertitude, car la plupart des Mecquois étaient hésitants, tandis que certains niaient catégoriquement la vérité.
Quant à la parole du Très-Haut rapportant leurs propos :
« Qu’a voulu Allâh ? », c’est-à-dire : qu’a-t-Il voulu par ce nombre qu’Il a mentionné à titre de récit ; qu’est-ce donc que ce discours ?
Al-Layth a dit : le terme mathal (« parabole ») signifie « récit » ; ainsi dans l’expression : « La parabole du Jardin qui a été promis aux pieux », on entend sa description et l’information qui en est donnée.
« De la même manière » – c’est-à-dire comme Allâh a égaré Abû Jahl et ses compagnons qui niaient les gardiens de la Géhenne – Allâh égare, c’est-à-dire humilie et aveugle qui Il veut, et guide, c’est-à-dire dirige, qui Il veut, à l’image de la direction qu’Il accorda aux Compagnons de Muḥammad ﷺ.
Il a aussi été dit : de la même manière, Allâh égare loin du Paradis qui Il veut, et Il y guide qui Il veut.
« Et nul ne connaît les armées de ton Seigneur si ce n’est Lui »
c’est-à-dire : nul ne sait combien sont les anges de ton Seigneur qu’Il a créés pour châtier les gens du Feu, si ce n’est Lui, Allâh – exaltée soit Sa louange.
Ceci constitue une réponse à Abû Jahl lorsqu’il s’écria : « Muḥammad n’aurait-il donc comme soldats que dix-neuf ? »
Ibn ʿAbbâs rapporte encore que le Prophète ﷺ distribuait les butins de Ḥunayn lorsque Jibrîl vint s’asseoir auprès de lui ; un ange survint alors et dit : « Ton Seigneur t’ordonne… »