jusqu’au Paradis ! », disait-il d’un ton moqueur.
Dans une autre version, al-Ḥārith b. Kalda déclara : « Laissez-moi donc vous débarrasser de dix-sept (anges) et débarrassez-moi, vous, des deux autres. »
Il fut aussi rapporté qu’Abû Jahl dit : « Cent hommes parmi vous seraient-ils incapables de venir à bout de l’un d’eux, puis de sortir du Feu ? »
C’est alors que fut révélée la parole du Très-Haut : « Nous n’avons placé comme gardiens du Feu que des anges », c’est-à-dire : Nous ne les avons pas faits hommes, que vous puissiez songer à les affronter.
On a encore dit : Il a fait d’eux des anges parce qu’ils appartiennent à une espèce différente de celle des suppliciés — djinns et humains —, si bien qu’ils ne sont pas gagnés par la pitié et la douceur que l’on éprouve pour un congénère, ni ne se sentent attirés vers eux. De plus, ils sont les créatures d’Allah les plus droites dans l’observance du droit d’Allah et dans la défense de Sa colère ; l’on est ainsi à l’abri de toute indulgence de leur part. En outre, ils sont la création d’Allah la plus redoutable et la plus puissante dans le châtiment.
« Et Nous n’avons établi leur nombre que comme une tentation », c’est-à-dire une épreuve.
Plusieurs chaînes rapportent d’Ibn ʿAbbâs qu’il a dit : « (C’est) un égarement pour les mécréants », visant Abû Jahl et les siens.
On a encore dit : (Nous ne l’avons fait) « qu’en vue du châtiment », comme l’a dit le Très-Haut : « Le jour où ils seront éprouvés sur le Feu : “Goûtez donc votre épreuve” » (adh-Dhâriyât, 51 : 14) ; c’est-à-dire que Nous avons fait de ce nombre la cause de leur incrédulité et la cause du châtiment.
Le syntagme « tisʿata ʿashar » (dix-neuf) comporte sept variantes de lecture :
- La lecture commune : « tisʿata ʿashar ».
- Abû Jaʿfar b. al-Qaʿqâʿ et Ṭalḥah b. Sulaymân lisent « tisʿata ʿshar », en immobilisant la ʿayn.
- D’après Ibn ʿAbbâs : « tisʿatu ʿashar », en donnant une ḍamma à la hāʾ.
- D’après Anas b. Mâlik : « tisʿatu wa ʿashar ».
- Toujours d’Anas : « tisʿatu wa ʿashru(n) ».
- Encore d’Anas : « tisʿatu aʿshur ».
Al-Mahdawî mentionne ces variantes et explique :
– Celui qui lit « tisʿata ʿshar » fait le sukûn sur la ʿayn en raison de la succession des voyelles.
– Celui qui lit « tisʿatu wa ʿashar » l’énonce sous sa forme originelle, avant la composition ; il coordonne ‘dix’ à ‘neuf’, omet le tanwîn par usage fréquent, et immobile le râ de ‘ʿashar’ en intention de pause.
– Celui qui lit « tisʿatu ʿashar » procède par interférence : il a voulu la coordination tout en abandonnant la composition ; il a donc élevé la hāʾ du féminin, puis est revenu à la structure et l’a immobilisée.
– Quant à « tisʿatu aʿshur », elle est inconnue et Abû Ḥâtim l’a rejetée, tout comme « tisʿatu wa ʿashru », parce qu’elle se rattache à « tisʿati aʿshur », la wāw tenant lieu du hamza, ce qui n’a pas de fondement pour les grammairiens.
Al-Zamakhsharî ajoute : on a également lu « tisʿatu aʿshur », pluriel de ‘ʿashîr’, comme ‘yamîn’ et ‘aymun’.