Il se rendit alors auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – et lui dit :
« Ô Muḥammad, tes compagnons ont été mis en échec aujourd’hui. »
Le Prophète répondit :
« Et en quoi [1] ont-ils donc été mis en échec ? »
L’homme reprit :
« Les Juifs leur ont demandé : “Votre Prophète connaît-il le nombre des gardiens de la Géhenne ?” »
Le Prophète – paix et salut sur lui – dit alors :
« Et qu’ont-ils répondu ? »
Il dit : « Ils ont dit : “Nous ne savons pas, à moins d’interroger notre Prophète.” »
Le Prophète répliqua :
« Un peuple est-il vaincu parce qu’on l’interroge sur ce qu’il ignore et qu’il répond : “Nous ne savons pas, jusqu’à ce que nous consultions notre Prophète” ? Eux, pourtant, ont bien questionné leur propre Prophète en disant : “Fais-nous voir Allah clairement.” Qu’on m’amène donc ces ennemis d’Allah ! Je vais les interroger au sujet de la terre du Paradis ; elle est faite de darmaq – une farine très fine. »
Lorsque les Juifs se présentèrent, ils dirent :
« Ô Abū al-Qāsim, quel est le nombre des gardiens de la Géhenne ? »
Il répondit : « Ainsi et ainsi », une fois dix, une autre fois neuf.
Ils dirent : « C’est exact. »
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – leur dit alors :
« Qu’est donc la terre du Paradis ? »
Ils gardèrent le silence un instant, puis dirent : « Du pain, ô Abū al-Qāsim ? »
Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – dit :
« Le pain est fait de darmaq. »
Abū ʿĪsā dit : « Ce ḥadith est gharīb ; nous ne le connaissons que par cette chaîne, rapportée par Mujālid, d’après al-Shaʿbī, d’après Jābir. »
Ibn Wahb rapporta : « ʿAbd al-Raḥmān b. Zayd nous a transmis que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit, au sujet des gardiens de la Géhenne : “La distance qui sépare les deux épaules de l’un d’eux est semblable à celle qui sépare l’Orient de l’Occident.” »
Ibn ʿAbbās dit : « La distance entre les deux épaules de l’un d’eux équivaut à la marche d’une année, et la force de chacun est telle qu’avec un seul coup de sa massue il projette soixante-dix mille êtres humains au fond de la Géhenne. »
Je (l’auteur) dis : Ce qui est authentique – si Allah le veut – c’est que ces dix-neuf ne sont que les chefs et les capitaines ; quant à leur nombre total, les mots sont impuissants à le décrire, comme Allah, Exalté soit-Il, l’a dit : « Nul ne connaît les armées de ton Seigneur, si ce n’est Lui. »
Il est établi dans le Ṣaḥīḥ, d’après ʿAbd Allāh b. Masʿūd, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « On amènera la Géhenne ce jour-là, escortée de soixante-dix mille brides ; à chaque bride, soixante-dix mille anges la tireront. »
Ibn ʿAbbās, Qatāda et al-Ḍaḥḥāk dirent : Lorsque fut révélé : « Sur elle sont dix-neuf », Abū Jahl s’adressa aux Qurayshites en ces termes : « Périssent vos mères ! Voici que le fils d’Abī Kabsha vous annonce que les gardiens de la Géhenne sont dix-neuf, alors que vous êtes nombreux et courageux ; dix d’entre vous seraient-ils incapables de venir à bout de l’un d’eux ? »
Al-Suddī rapporte qu’Abū al-Aswad [2] b. Kilda al-Jumaḥī dit : « Que le nombre dix-neuf ne vous effraie pas ; moi, de mon épaule droite, je repousserai dix anges, et de mon épaule gauche les neuf autres, puis vous passerez… »