– que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et ils prétendirent alors qu’il avait acquis cela de sa part.
On dit aussi : ils voulaient dire qu’il l’avait reçu des gens de Babylone.
D’aucuns affirmèrent : de Musaylima.
D’autres : dʿAdiyy al-Ḥaḍramî, le devin.
Et l’on déclara encore : il ne l’aurait appris que de ceux qui avaient revendiqué la prophétie avant lui, si bien qu’il aurait tissé sur leur métier.
Abû Saʿîd al-Ḍarîr dit :
« Ceci n’est rien d’autre qu’un – [1] – sortilège hérité », c’est-à-dire transmis de génération en génération.
[Coran, S. al-Muddaththir (74), v. 26-29]
« Je le vouerai à Saqar (26) ;
Et qui te fera connaître ce qu’est Saqar ? (27)
Elle ne laisse rien subsister ni n’épargne personne (28) ;
Elle brûle (ou : roussit) les hommes. » (29)
Paroles du Très-Haut :
« Je le vouerai à Saqar » : c’est-à-dire, Je le ferai entrer dans Saqar afin qu’il goûte l’ardeur de ses flammes.
On appelle « saqar » celui que le soleil a « saqarat-hu », c’est-à-dire qu’il l’a fait fondre, grillé et qu’il a roussi la peau de son visage. Le mot est indéclinable car c’est un nom propre féminin.
Ibn ʿAbbâs a dit : c’est le sixième palier de la Géhenne.
Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit :
« Mûsâ interrogea son Seigneur : “Ô Seigneur, lequel de Tes serviteurs est le plus pauvre ?”
– “Celui de Saqar”, répondit-Il. » (rapporté par al-Thaʿlabî).
« Et qui te fera connaître ce qu’est Saqar ? » : formule d’insistance dans la description de ce lieu ; autrement dit : qu’est-ce qui pourrait te renseigner sur sa réalité ? C’est un terme de magnification ; puis Il en exposa l’état :
« Elle ne laisse rien subsister ni n’épargne personne » : elle ne leur laisse ni os, ni chair, ni sang sans les brûler ; la répétition du verbe renforce le sens.
Il a aussi été dit : elle ne leur laisse rien, puis ils sont recréés à neuf ; elle ne cesse donc de revenir les consumer, ainsi à jamais.
Mujâhid a dit : elle ne laisse point vivant celui qui s’y trouve, ni ne le laisse mort ; elle les brûle chaque fois qu’ils sont renouvelés.
As-Suddi a dit : elle ne leur laisse pas de chair, ni ne leur épargne un os.
« Lawwâḥatun lil-bashar » : c’est-à-dire, décolorant, altérant, de « lâḥahu » lorsqu’il l’a changé. La lecture commune est « l awwâḥatun » au nominatif, adjectif de Saqar dans « Et qui te fera connaître ce qu’est Saqar ? ». ʿAṭiyya al-ʿAwfî, Naṣr b. ʿĀṣim et ʿÎsâ b. ʿUmar l’ont lu « l awwâḥatan » à l’accusatif, par particularisation, pour effrayer davantage.
Abû Razîn a dit : « Elle leur fouette le visage d’un souffle qui le rend plus noir que la nuit » ; Mujâhid l’a également affirmé.
Les Arabes disent : « le froid, la chaleur, la maladie ou la tristesse l’ont ‘lâḥa’ » lorsqu’ils l’ont altéré ; ainsi le poète a dit :
« Elle dit : qu’est-ce qui t’a changé, ô voyageur ?
– Ô cousine, les ardeurs méridiennes m’ont changé. »