Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On le contraindra à gravir cette pente ; lorsqu’il en atteindra le sommet, on le précipitera dans la Géhenne. Il restera alors en chute libre durant mille ans avant d’atteindre le tréfonds de Jahannam, brûlant chaque jour soixante-dix fois, puis étant recréé dans une forme nouvelle.

Ibn ʿAbbâs a dit : « Le sens est : Je lui imposerai une peine si pénible qu’il n’y trouvera aucun répit. » Une explication semblable est rapportée de al-Ḥasan et de Qatâdah.

D’autres ont dit : « Son âme montera jusqu’au point de l’arrachement, sans que la mort ne s’ensuive, afin qu’il soit châtié de l’intérieur comme de l’extérieur. »

[Coran, sûrat al-Muddaththir (74), versets 18-25]
« Il a certes réfléchi et a calculé (18) ; qu’il périsse comme il a calculé ! (19) ; encore une fois, qu’il périsse comme il a calculé ! (20) ; puis il a regardé (21) ; ensuite il s’est renfrogné et a fait la grimace (22) ; puis il a tourné le dos et s’est enflé d’orgueil (23) ; et il a dit : “Ce n’est là que de la magie transmise” (24) ; “ce n’est là que la parole d’un humain.” (25) »

Parole du Très-Haut :
« (En vérité, il a réfléchi et a calculé) » : il s’agit d’al-Walîd, qui médita au sujet du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et du Coran, puis « calcula », c’est-à-dire prépara ses propos en lui-même. Les Arabes disent : « qaddartu ash-shay’a » quand j’ai disposé une chose.

Lorsque fut révélé : « Ḥâ-Mîm. La révélation du Livre vient d’Allah, le Tout-Puissant, l’Omniscient » (Ghâfir : 1-2) jusqu’à Sa parole : « Vers Lui est le retour », al-Walîd l’entendit réciter ces versets et déclara : « Par Allah ! J’ai entendu de lui des paroles qui ne sont ni celles des hommes ni celles des djinns ; elles possèdent assurément une douceur, elles se parent d’un éclat ; leur sommet est fécond, leur base est abondante ; elles dominent et rien ne les domine ; nul humain ne saurait prononcer de tels propos. »

Quraych dirent alors : « Al-Walîd s’est laissé séduire ; si al-Walîd se laisse séduire, Quraych tout entière se laissera séduire. » Al-Walîd était surnommé « la fleur de Quraych ».

Abû Jahl dit : « Je vais me charger de lui. » Il alla donc le voir, l’air accablé.

Il lui dit : « Qu’as-tu ? Je te vois triste. »

Il répondit : « Et comment ne serais-je pas triste ? Voici que les gens de Quraych réunissent pour toi une collecte afin de t’assister dans ta vieillesse ; ils prétendent que tu as embelli la parole de Muḥammad, que tu fréquentes le fils d’Abî Kabshah et le fils d’Abî Quḥâfah pour profiter du surplus de leur nourriture. » Al-Walîd se mit en colère et s’enfla d’orgueil.

Il dit : « Aurais-je besoin des miettes de Muḥammad et de son compagnon ? Vous connaissez bien l’étendue de ma fortune ; par al-Lât et al-ʿUzzâ, je n’en ai nul besoin. Vous prétendez seulement que Muḥammad est fou ; l’avez-vous jamais vu saisi d’une crise ? »

Ils répondirent : « Non, par Allah. »

Il reprit : « Vous soutenez qu’il est poète ; l’avez-vous jamais entendu déclamer un seul vers ? »

Ils dirent : « Non, par Allah. »

Il poursuivit : « Vous dites qu’il est menteur ; l’avez-vous jamais pris en flagrant délit de mensonge, ne fût-ce qu’une fois ? »

Ils dirent : « Non, par Allah. »

يُكَلَّفُ صُعُودَهَا فَإِذَا صَارَ فِي أَعْلَاهَا حُدِرَ فِي جَهَنَّمَ، فَيَقُومُ يَهْوِي أَلْفَ عَامٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَبْلُغَ قَرَارَ جَهَنَّمَ، يَحْتَرِقُ فِي كُلِّ يَوْمٍ سَبْعِينَ مَرَّةً ثُمَّ يُعَادُ خَلْقًا جَدِيدًا. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: الْمَعْنَى سَأُكَلِّفُهُ مَشَقَّةً مِنَ الْعَذَابِ لَا رَاحَةَ لَهُ فِيهِ. وَنَحْوَهُ عَنِ الْحَسَنِ وَقَتَادَةَ. وَقِيلَ: إِنَّهُ تَصَاعَدَ نَفْسَهُ لِلنَّزْعِ وَإِنْ لَمْ يَتَعَقَّبْهُ مَوْتٌ، لِيُعَذَّبَ مِنْ داخل جسده كما يعذب من خارجه. [سورة المدثر (٧٤) : الآيات ١٨ الى ٢٥] إِنَّهُ فَكَّرَ وَقَدَّرَ (١٨) فَقُتِلَ كَيْفَ قَدَّرَ (١٩) ثُمَّ قُتِلَ كَيْفَ قَدَّرَ (٢٠) ثُمَّ نَظَرَ (٢١) ثُمَّ عَبَسَ وَبَسَرَ (٢٢) ثُمَّ أَدْبَرَ وَاسْتَكْبَرَ (٢٣) فَقالَ إِنْ هَذَا إِلاَّ سِحْرٌ يُؤْثَرُ (٢٤) إِنْ هَذَا إِلاَّ قَوْلُ الْبَشَرِ (٢٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّهُ فَكَّرَ وَقَدَّرَ) يَعْنِي الْوَلِيدَ فَكَّرَ فِي شَأْنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ والقرآن وقَدَّرَ أَيْ هَيَّأَ الْكَلَامَ فِي نَفْسِهِ، وَالْعَرَبُ تَقُولُ: قَدَّرْتُ الشَّيْءَ إِذَا هَيَّأْتُهُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَ: حم. تَنْزِيلُ الْكِتابِ مِنَ اللَّهِ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ [غافر: ٢ - ١] إِلَى قَوْلِهِ: إِلَيْهِ الْمَصِيرُ سَمِعَهُ الْوَلِيدُ يَقْرَؤُهَا فَقَالَ: وَاللَّهِ لَقَدْ سَمِعْتُ مِنْهُ كَلَامًا مَا هُوَ مِنْ كَلَامِ الْإِنْسِ وَلَا مِنْ كَلَامِ الْجِنِّ، وَإِنَّ لَهُ لَحَلَاوَةً، وَإِنَّ عَلَيْهِ لَطَلَاوَةً، وَإِنَّ أَعْلَاهُ لَمُثْمِرٌ، وَإِنَّ أَسْفَلَهُ لَمُغْدِقٌ، وَإِنَّهُ لَيَعْلُوُ وَلَا يُعْلَى عَلَيْهِ، وَمَا يَقُولُ هَذَا بَشَرٌ. فَقَالَتْ قُرَيْشٌ: صَبَا الْوَلِيدُ لَتَصْبُوَنَّ قُرَيْشٌ كُلُّهَا. وَكَانَ يُقَالُ لِلْوَلِيدِ رَيْحَانَةُ قُرَيْشٍ، فَقَالَ أَبُو جَهْلٍ: أَنَا أَكْفِيكُمُوهُ. فَمَضَى إِلَيْهِ حَزِينًا؟ فقال له: مالي أَرَاكَ حَزِينًا. فَقَالَ لَهُ: وَمَا لِي لَا أَحْزَنُ وَهَذِهِ قُرَيْشٌ يَجْمَعُونَ لَكَ نَفَقَةً يُعِينُونَكَ بِهَا عَلَى كِبَرِ سِنِّكَ وَيَزْعُمُونَ أَنَّكَ زَيَّنْتَ كَلَامَ مُحَمَّدٍ، وَتَدْخُلُ عَلَى ابْنِ أَبِي كَبْشَةَ وَابْنِ أَبِي قُحَافَةَ لِتَنَالَ مِنْ فَضْلِ طَعَامِهِمَا، فَغَضِبَ الْوَلِيدُ وَتَكَبَّرَ، وَقَالَ: أَنَا أَحْتَاجُ إِلَى كِسَرِ مُحَمَّدٍ وَصَاحِبِهِ، فَأَنْتُمْ تَعْرِفُونَ قَدْرَ مَالِي، وَاللَّاتِ وَالْعُزَّى مَا بِي حَاجَةٌ إِلَى ذَلِكَ، وَإِنَّمَا أَنْتُمْ تَزْعُمُونَ أَنَّ مُحَمَّدًا مَجْنُونٌ، فَهَلْ رَأَيْتُمُوهُ قَطُّ يَخْنُقُ؟ قَالُوا: لَا وَاللَّهِ، قَالَ: وَتَزْعُمُونَ أَنَّهُ شَاعِرٌ، فَهَلْ رَأَيْتُمُوهُ نَطَقَ بِشِعْرٍ قَطُّ؟ قَالُوا: لَا وَاللَّهِ. قَالَ: فَتَزْعُمُونَ أَنَّهُ كَذَّابٌ فَهَلْ جَرَّبْتُمْ عَلَيْهِ كَذِبًا قَطُّ؟ قَالُوا: لا والله.

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