— sur lui la prière et la paix d’Allah — ainsi que contre le message qu’il a apporté.
On dit : « ʿānid », donc « ʿanīd », tout comme l’on dit « jālis », donc « jalīs » ; telle est l’explication donnée par Mujāhid. Le verbe « ʿanada – yaʿnidu » (avec kasra) signifie : s’opposer et rejeter la vérité alors qu’on la connaît ; celui qui agit ainsi est qualifié de « ʿanīd » ou de « ʿānid ».
Le « ʿānid », parmi les chameaux, est celui qui rebrousse chemin, s’écarte de la route et dévie de la direction voulue ; son pluriel est « ʿunud », à l’image de « rākiʿ / rukkāʿ ».
Abū ʿUbaydah a cité ces vers du Ḥārithī :
« Lorsque je chevauche, placez-moi donc au milieu,
Car je suis trop vieux, je ne puis l’entêté subir. »
Abū Ṣāliḥ a déclaré : « ʿanīd » signifie : éloigné.
Un poète a dit :
« Nous voilà dans une situation qui nous disperse,
Un exil lointain ; certes, la rupture est tenace. »
Qatādah : « négation persistante ».
Muqātil : « indifférence, détournement ».
Ibn ʿAbbās : « refus obstiné ».
D’aucuns ont dit : il s’agit de celui qui affiche ouvertement son hostilité.
Mujāhid encore : « éloigné de la vérité, lui résistant, s’en détournant ». Tous ces sens sont voisins.
Les Arabes disent : « ʿanada l-rajulu » lorsque l’homme se rebelle et dépasse la mesure.
On qualifie de « ʿanūd » le chameau qui ne se mêle pas au troupeau et reste à l’écart ; de même, on appelle « ʿanūd » l’homme qui campe à l’écart, sans fréquenter les gens. Le terme « ʿanīd » évoque aussi l’arrogance tyrannique.
Une « veine ʿānida » est celle dont le sang ne coagule pas. Tout cela ressort d’une même racine, comme il a déjà été expliqué dans la sourate Ibrāhīm. Le pluriel de « ʿanīd » est « ʿunud », de la même façon que « raghīf » donne « ruguf ».
Parole du Très-Haut : « Je le contraindrai » — c’est-à-dire : Je le chargerai d’un fardeau. Ibn ʿAbbās disait : « Je le pousserai de force. » Dans la langue des Arabes, al-irhāq désigne le fait de contraindre quelqu’un à quelque chose.
« Ṣaʿūdan »
(Le Ṣaʿūd est une montagne de feu qu’il escalade pendant soixante-dix automnes, puis il en tombe, et ainsi pour l’éternité.)
Ce hadith est rapporté par Abū Saʿīd al-Khudrī d’après le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, recueilli par at-Tirmidhī, qui le qualifie de « ḥadith gharīb ».
ʿAṭiyyah rapporte encore d’après Abū Saʿīd :
« C’est un rocher dans la Géhenne ; lorsqu’ils y posent leurs mains, il fond, et quand ils les retirent, il se reconstitue. »
Il ajoute : « On en atteint le sommet en quarante ans : l’homme est tiré de face par des chaînes, frappé de dos par des massues ; lorsqu’il atteint le faîte, on le précipite au pied de la roche, et cela sera son sort à jamais. » Cette explication a déjà été mentionnée dans la sourate « Dis : Il m’a été révélé » (al-Jinn, 1).
Le tafsīr précise : il s’agit d’un rocher parfaitement lisse.