Sa parole – Exalté soit-Il :
« et des fils témoins »
c’est-à-dire : présents auprès de lui, ne s’éloignant jamais de ses affaires.
Mujâhid et Qatâda ont dit : ils étaient dix.
D’autres ont dit : douze ; ainsi l’ont rapporté as-Suddî et ad-Dahhâk.
Ad-Dahhâk précisa : sept naquirent à La Mecque et cinq à Ṭâʾif.
Saʿîd b. Jubayr affirma : ils étaient treize enfants.
Selon Muqâtil : ils étaient sept, tous des garçons ; trois d’entre eux embrassèrent l’Islam : Khâlid, Hishâm et al-Walîd b. al-Walîd.
Il ajouta : après la révélation de ce verset, al-Walîd ne cessa de voir diminuer sa richesse et sa descendance jusqu’à ce qu’il pérît.
On a dit encore : « témoins », c’est-à-dire : chaque fois qu’il est mentionné, ils sont mentionnés avec lui – avis d’Ibn ʿAbbâs.
D’autres ont soutenu : « témoins » – ils étaient devenus ses pareils pour assister à tout ce dont il était témoin et assumer ce dont il s’occupait. Le premier avis est celui d’as-Suddî : présents à La Mecque, ils ne s’en absentaient point pour le commerce et ne le quittaient pas.
Sa parole – Exalté soit-Il :
« et J’ai aplan(i) pour lui [la voie] avec soin »
c’est-à-dire : J’ai étendu pour lui les moyens de subsistance, si bien qu’il demeura dans sa cité, rassuré, dans l’aisance, et l’on se référait à son opinion.
Chez les Arabes, at-tamhîd désigne la préparation et la mise en place ; de là vient le mahd, le « berceau » de l’enfant.
Ibn ʿAbbâs dit : « et J’ai aplan(i) pour lui [la voie] avec soin » – j’ai élargi pour lui l’espace compris entre le Yémen et la Syrie ; tel est aussi l’avis de Mujâhid. D’après Mujâhid également, la même expression renvoie à une fortune empilée couche sur couche, comme on dispose un matelas.
Sa parole – Exalté soit-Il :
« puis il convoite que J’augmente [encore] »
c’est-à-dire : après tout cela, al-Walîd ambitionne que Je lui accroisse davantage richesse et progéniture.
« Nullement ! »
c’est-à-dire : cela n’adviendra pas tant qu’il reniera les bienfaits.
Al-Ḥasan et d’autres ont dit : c’est-à-dire : il espère que Je le ferai entrer au Paradis.
Al-Walîd disait en effet : « Si Muḥammad dit vrai, le Paradis n’a été créé que pour moi. »
Allah – Très-haut – répondit, le réfuta et le traita de menteur : « Nullement ! », c’est-à-dire : Je ne lui ajouterai rien. Il ne cessa dès lors de constater la diminution de sa fortune et de ses enfants jusqu’à périr.
Quant à « thumma » dans Sa parole – Exalté soit-Il – « puis il convoite », il ne s’agit pas de la « thumma » de la simple succession, mais de celle qui exprime l’étonnement, comme dans Sa parole – Exalté soit-Il : « Il a créé les ténèbres et la lumière, puis ceux qui ont mécru à l’égard de leur Seigneur [Lui] donnent des égaux » (al-Anʿâm, 1). C’est comme lorsque tu dis : « Je t’ai comblé de faveurs, puis toi, tu me délaisses ! », marquant la stupéfaction.
On a dit aussi : il convoite que Je laisse ces bienfaits à sa postérité.
C’est qu’il disait : « Muḥammad est sans descendance ; son souvenir s’éteindra à sa mort », alors qu’il s’imaginait que ce dont il jouissait ne cesserait pas avec sa propre mort.
D’autres ont avancé : c’est-à-dire : il espère que Je le soutienne dans sa mécréance.
L’expression « Nullement ! » coupe tout espoir concernant l’augmentation qu’il convoitait ; elle se rattache donc au propos précédent.
Il a également été dit : « Nullement ! » a ici le sens de « en vérité » et constitue une incise : « Vraiment, il – c’est-à-dire al-Walîd – fut, à l’égard de Nos signes, obstiné », c’est-à-dire : récalcitrant envers le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui.