Si tu fais un don, offre-le à ton Seigneur.
Neuvième interprétation : ne dis pas : « J’ai invoqué, mais je n’ai pas été exaucé. »
Dixième : n’accomplis pas une obéissance en réclamant sa récompense ; patiente plutôt jusqu’à ce qu’Allah, Lui, te récompense pour elle.
Onzième : ne fais pas le bien afin de te faire remarquer des gens.
DEUXIÈME QUESTION –
Bien que toutes ces explications soient visées, l’exégèse la plus manifeste est celle d’Ibn ʿAbbâs :
« Ne donne pas dans l’espoir de recevoir en retour plus que ce que tu as dépensé en biens. »
On dit : manantu untel telle chose, c’est-à-dire : je la lui ai donnée ; et l’on appelle le don al-minna. Ainsi lui fut-il ordonné que ses largesses soient vouées à Allah, sans attendre de rétribution des créatures, car – sur lui la paix – il ne thésaurisait pas les biens de ce bas-monde. C’est pourquoi il déclara :
« Je ne prends, sur ce qu’Allah vous a accordé, que le cinquième, et ce cinquième vous est restitué. »
Ce qui dépassait les besoins de sa famille était reversé aux intérêts des musulmans ; aussi ne laissa-t-il pas d’héritage, n’ayant ni le droit d’épargner ni d’acquérir pour lui-même. Allah Très-Haut l’avait préservé de toute inclination pour la vie d’ici-bas, et, pour cette raison (1), la ṣadaqa lui fut interdite, tandis que le cadeau lui fut permis ; il l’acceptait et offrait en retour.
Il a dit encore :
« Si l’on m’invitait à un jarret (2), je répondrais ; et si l’on m’offrait une épaule, je l’accepterais. »
(Ibn al-ʿArabî : il les acceptait par Sunna, sans en rechercher la quantité d’un point de vue légal.) Puisqu’il ne faisait pas un don en vue d’en retirer un profit accru, les riches sont d’autant plus enjoint d’éviter cette pratique, car elle constitue une porte d’humiliation.
De même, celui qui a expliqué le verset ainsi : « Ne donne pas en espérant une rétribution », a raison ; l’attente est en effet un attachement aux convoitises, et, pour lui, cela relève de l’interdiction. Or Allah Très-Haut lui dit :
« Ne dirige pas avidement tes yeux vers ce que Nous avons accordé à certains couples d’entre eux comme fleur de la vie d’ici-bas – afin de les y éprouver – alors que la subsistance de ton Seigneur est meilleure et plus durable. » (Tâhâ, 131)
Un tel comportement demeure permis aux autres créatures, puisqu’il appartient aux jouissances du monde, à la quête du gain et à la multiplication des biens. Quant à l’avis selon lequel l’ordre vise l’action – « Ne te prévaux pas auprès d’Allah de ton œuvre au point de la juger considérable » – il est exact ; car si le fils d’Âdam obéissait à Allah toute sa vie sans jamais fléchir, il n’atteindrait pas même une partie de la gratitude due à Ses bienfaits.
TROISIÈME QUESTION –
Sa parole : « Wa lâ tamnun ». La récitation de la majorité prononce distinctement la consonne redoublée. Abû as-Sammâl al-ʿAdawî, Ashhab al-ʿUqaylî et al-Ḥasan l’ont lue « wa lâ taman-na » avec assimilation et voyelle fatha. Quant à « tastakthiru », c’est la lecture de la majorité.