Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il fut alors révélé :
« Et ton Seigneur, magnifie-Le », c’est-à-dire : proclame qu’Il est le Plus Grand.

Ibn al-ʿArabī dit :
« Bien que cette injonction, dans sa portée générale, englobe le takbîr de la prière, il y est visé, avant tout, l’exaltation, la sanctification et la proclamation de la transcendance divine : rejeter tout rival et toute idole en dehors de Lui, ne prendre d’allié qu’en Lui, n’adorer que Lui, ne voir d’action que par Lui et n’attribuer toute grâce qu’à Lui. »

Il est rapporté qu’Abû Sufyân, le jour de Uḥud, s’écria : « Exalte Hubal ! » Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit alors : « Répondez : “Allah est Plus Élevé et Plus Majestueux.” »

Dès lors, cette formule est, dans l’usage légal, la parole de takbîr pour l’ensemble des actes cultuels — adhân, ṣalât et dhikr — sous la forme : « Allâhu akbar ».

Les propos du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — rapportés sans restriction doivent être entendus ainsi, notamment sa parole : « Son ouverture est le takbîr, sa clôture le salâm. » La Loi requiert, par son usage, ce qu’elle requiert déjà par son énoncé général. Il en est de même aux moments de l’ihrâm pour les sacrifices offerts à Allah : acte purifié de toute association, proclamation de Son Nom durant le rituel et exclusivité de ce qu’Il a légiféré en matière d’effusion du sang.

Je dis : il a déjà été expliqué, au début de la sourate al-Baqarah, que la formule « Allâhu akbar » est celle par laquelle on s’acquitte du culte dans la prière, transmise du Prophète — paix et bénédictions sur lui.

Le Tafsîr rapporte : lorsque fut révélé : « Et ton Seigneur, magnifie-Le », le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — se leva et déclara : « Allâhu akbar ». Khadîja prononça à son tour le takbîr et sut qu’il s’agissait là de la Révélation venant d’Allah — Très-Haut —, ainsi que le mentionne al-Qushayrî.

Cinquièmement : la particule « fa » dans Sa parole : « Et ton Seigneur, magnifie-Le » marque, comme dans « puis avertis » (fa-andhir), le lien de conséquence de la réponse à une condition implicite : « Lève-toi, puis avertis ; lève-toi, et magnifie ton Seigneur », selon az-Zajjâj.

Ibn Jinnî dit : elle est comparable à l’expression : « Zayd, puis frappe ! », c’est-à-dire : « Frappe Zayd ! » ; le « fa » y est surérogatoire.

Sixièmement : Sa parole :
« Et tes vêtements, purifie-les »
fait l’objet de huit interprétations :

  1. Les « vêtements » désignent l’action ;
  2. le cœur ;
  3. l’âme ;
  4. le corps ;
  5. la famille ;
  6. le caractère ;
  7. la religion ;
  8. les vêtements portés, au sens propre.

Celui qui adopte la première opinion

فَنَزَلَتْ: وَرَبَّكَ فَكَبِّرْ أَيْ وَصِفْهُ بِأَنَّهُ أَكْبَرُ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهَذَا الْقَوْلُ وَإِنْ كَانَ يَقْتَضِي بِعُمُومِهِ تَكْبِيرَ الصَّلَاةِ، فَإِنَّهُ مُرَادٌ بِهِ التَّكْبِيرُ «١» وَالتَّقْدِيسُ وَالتَّنْزِيهُ، لِخَلْعِ الْأَنْدَادِ وَالْأَصْنَامِ دُونَهُ، وَلَا تَتَّخِذْ وَلِيًّا غَيْرَهُ، وَلَا تَعْبُدْ سِوَاهُ، ولا ترى لِغَيْرِهِ فِعْلًا إِلَّا لَهُ، وَلَا نِعْمَةً إِلَّا مِنْهُ. وَقَدْ رُوِيَ أَنَّ أَبَا سُفْيَانَ قَالَ يَوْمَ أُحُدٍ: اعْلُ هُبَلُ، فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [قُولُوا اللَّهُ أَعْلَى وَأَجَلُّ [وَقَدْ صَارَ هَذَا اللَّفْظُ بِعُرْفِ الشَّرْعِ فِي تَكْبِيرِ الْعِبَادَاتِ كُلِّهَا أَذَانًا وَصَلَاةً وَذِكْرًا بِقَوْلِهِ: " اللَّهُ أَكْبَرُ" وَحُمِلَ عَلَيْهِ لَفْظُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْوَارِدُ عَلَى الْإِطْلَاقِ فِي مَوَارِدَ، مِنْهَا قَوْلُهُ: [تَحْرِيمُهَا التَّكْبِيرُ، وَتَحْلِيلُهَا التَّسْلِيمُ [وَالشَّرْعُ يَقْتَضِي بِعُرْفِهِ مَا يَقْتَضِي بِعُمُومِهِ، وَمِنْ مَوَارِدِهِ أَوْقَاتُ الْإِهْلَالِ بِالذَّبَائِحِ لِلَّهِ تَخْلِيصًا لَهُ مِنَ الشِّرْكِ، وَإِعْلَانًا «٢» بِاسْمِهِ فِي النُّسُكِ، وَإِفْرَادًا لِمَا شَرَعَ مِنْهُ لِأَمْرِهِ بِالسَّفْكِ. قُلْتُ: قَدْ تَقَدَّمَ فِي أَوَّلِ سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" «٣» أَنَّ هَذَا اللَّفْظَ " اللَّهُ أَكْبَرُ" هُوَ الْمُتَعَبَّدُ بِهِ فِي الصَّلَاةِ، الْمَنْقُولُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَفِي التَّفْسِيرِ: أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَرَبَّكَ فَكَبِّرْ قَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ: [اللَّهُ أَكْبَرُ [فَكَبَّرَتْ خَدِيجَةُ، وَعَلِمَتْ أَنَّهُ الْوَحْيُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى، ذَكَرَهُ الْقُشَيْرِيُّ. الْخَامِسَةُ- الْفَاءُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: وَرَبَّكَ فَكَبِّرْ دَخَلَتْ عَلَى مَعْنَى جَوَابِ الْجَزَاءِ كَمَا دَخَلَتْ فِي (فَأَنْذِرْ) أَيْ قُمْ فَأَنْذِرْ وَقُمْ فَكَبِّرْ رَبَّكَ، قَالَهُ الزَّجَّاجُ. وَقَالَ ابْنُ جِنِّيٍّ: هُوَ كَقَوْلِكَ زَيْدًا فَاضْرِبْ، أَيْ زَيْدًا اضْرِبْ، فَالْفَاءُ زَائِدَةٌ. السَّادِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَثِيابَكَ فَطَهِّرْ) فِيهِ ثَمَانِيَةُ أَقْوَالٍ: أَحَدُهُمَا أَنَّ الْمُرَادَ بِالثِّيَابِ الْعَمَلُ. الثَّانِي الْقَلْبُ. الثَّالِثُ النَّفْسُ. الرَّابِعُ الْجِسْمُ. الْخَامِسُ الْأَهْلُ. السَّادِسُ الْخُلُقُ. السَّابِعُ الدِّينُ. الثَّامِنُ الثِّيَابُ الْمَلْبُوسَاتُ عَلَى الظَّاهِرِ. فَمَنْ ذَهَبَ إلى القول الأول
(١). كذا في أحكام القرآن تفسير ابن العربي المطبوع بالقاهرة سنة ١٣٣١ هـ. وفيما نقله المؤلف عن ابن العربي هنا تصرف في اللفظ بزيادة ونقص فليراجع ج (٢٨٧/ ٢) (٢). كذا في أحكام القرآن وفي ح، ز، و: (إعلاما) بالميم. (٣). راجع ج ١ ص ١٧٥.

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