Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

D’autres disaient : « C’est un devin », d’autres : « Un poète ». Or les Arabes savent bien que tous ces attributs ne sauraient se conjuguer en un seul homme. Trouvez donc à Muḥammad un seul qualificatif sur lequel vous vous accorderez et par lequel les Arabes le désigneront.

L’un d’eux se leva alors et proposa :
— « Poète. »
Mais al-Walīd répliqua :
— « J’ai entendu les discours d’Ibn al-Abras et d’Umayya ibn Abī ’ṣ-Ṣalt ; la parole de Muḥammad ne ressemble en rien à la leur. »

Ils dirent :
— « Devin. »
Il répondit :
— « Le devin mêle le vrai au faux ; or Muḥammad n’a jamais menti. »

Un autre se leva et déclara :
— « Fou. »
Al-Walīd dit alors :
— « Le fou se jette sur les gens pour les étrangler ; Muḥammad n’a jamais étranglé personne. »

Al-Walīd s’en alla ensuite chez lui. On s’écria : « Al-Walīd ibn al-Mug̱īra a renié la religion de ses pères ! » Abū Jahl entra chez lui et lui dit : « Qu’as-tu donc, Abū ʿAbd Šams ? Les Qurayš réunissent de l’argent pour te le remettre, prétendant que tu es dans le besoin et que tu t’es détourné (de notre foi). »

Al-Walīd répondit : « Je n’ai nul besoin de cela, mais j’ai réfléchi au sujet de Muḥammad. Je me suis demandé : qu’est-ce qu’un magicien ? — On m’a dit : il sépare le père de son fils, le frère de son frère, la femme de son époux. — J’ai alors conclu : il est magicien. » Cette parole se répandit parmi les gens qui se mirent à crier : « Muḥammad est un magicien ! »

Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — rentra chez lui, le cœur affligé, et s’enveloppa d’une couverture. C’est alors que fut révélée la parole :

Ô toi qui t’es enveloppé !

ʿIkrima dit : « Le sens de “Ô toi qui t’es enveloppé” est : ô toi qui t’es couvert de la prophétie et de ses lourdes charges. » Ibn al-ʿArabī objecte : « C’est là une métaphore lointaine, car il n’avait pas encore été investi de la prophétie ; et quand bien même il s’agirait du début du Coran, il n’en avait pas encore acquis la pleine maîtrise, puisque c’est la seconde révélation. »

Deuxièmement, la parole sublime : « Ô toi qui t’es enveloppé ! » constitue une adresse pleine de douceur du Très-Généreux à Son Bien-Aimé : Il l’appelle selon l’état dans lequel il se trouve et l’évoque par son attribut, sans dire : « Ô Muḥammad », afin qu’il ressente la mansuétude et la bienveillance de son Seigneur, comme il a été dit dans la sourate al-Muzzammil.

Ainsi, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit un jour à ʿAlī, qui dormait dans la mosquée : « Lève-toi, Abū Turāb ! » — il s’était fâché contre Fāṭima, qu’Allah l’agrée, son manteau était tombé et la poussière l’avait couvert. Ce hadith est rapporté par Muslim. De même, il dit à Ḥudhayfa, la nuit du Fossé : « Lève-toi, ô Dormeur ! »

Troisièmement, Sa parole :

Lève-toi, puis avertis,

a c’est-à-dire : fais craindre aux gens de La Mecque le châtiment s’ils ne se soumettent pas. D’aucuns ont dit : l’avertissement consiste ici à leur annoncer sa prophétie, car c’en est le prélude ; d’autres : c’est les appeler au Tawḥīd, car tel en est l’objectif. Al-Farrāʾ dit : « Lève-toi, prie et ordonne la prière. »

Quatrièmement, Sa parole :

Et ton Seigneur, magnifie-Le,

signifie : glorifie ton Maître, ton Possesseur, Celui qui répare ton sort, et décris-Le comme étant trop grand pour avoir épouse ou enfant.

Il est rapporté dans un hadith qu’on demanda : « Par quoi ouvre-t-on la prière ? »

وَآخَرُ يَقُولُ كَاهِنٌ، وَآخَرُ يَقُولُ شَاعِرٌ، وَتَعْلَمُ الْعَرَبُ أَنَّ هَذَا كُلَّهُ لَا يَجْتَمِعُ فِي رَجُلٍ وَاحِدٍ، فَسَمُّوا مُحَمَّدًا بِاسْمٍ وَاحِدٍ يَجْتَمِعُونَ عَلَيْهِ، وَتُسَمِّيهِ الْعَرَبُ بِهِ، فَقَامَ مِنْهُمْ رَجُلٌ فَقَالَ: شَاعِرٌ، فَقَالَ الْوَلِيدُ: سَمِعْتُ كَلَامَ ابْنِ الْأَبْرَصِ، وَأُمَيَّةَ بْنِ أَبِي الصَّلْتِ، وَمَا يُشْبِهُ كَلَامُ مُحَمَّدٍ كَلَامَ وَاحِدٍ مِنْهُمَا، فَقَالُوا: كَاهِنٌ. فَقَالَ: الْكَاهِنُ يَصْدُقُ وَيَكْذِبُ وَمَا كَذَبَ مُحَمَّدٌ قَطُّ، فَقَامَ آخَرُ فَقَالَ: مَجْنُونٌ، فَقَالَ الْوَلِيدُ: الْمَجْنُونُ يَخْنُقُ النَّاسَ وَمَا خَنَقَ مُحَمَّدٌ قَطُّ. وَانْصَرَفَ الْوَلِيدُ إِلَى بَيْتِهِ، فَقَالُوا: صَبَأَ الْوَلِيدُ بْنُ الْمُغِيرَةِ، فَدَخَلَ عَلَيْهِ أَبُو جَهْلٍ وَقَالَ: مالك يَا أَبَا عَبْدِ شَمْسٍ! هَذِهِ قُرَيْشٌ تَجْمَعُ لَكَ شَيْئًا يُعْطُونَكَهُ، زَعَمُوا أَنَّكَ قَدِ احْتَجْتَ وَصَبَأْتَ. فَقَالَ الْوَلِيدُ: مَا لِي إِلَى ذَلِكَ حَاجَةٌ، وَلَكِنِّي فَكَّرْتُ فِي مُحَمَّدٍ، فَقُلْتُ: مَا يَكُونُ مِنَ السَّاحِرِ؟ فَقِيلَ: يُفَرِّقُ بَيْنَ الْأَبِ وَابْنِهِ، وَبَيْنَ الْأَخِ وَأَخِيهِ، وَبَيْنَ الْمَرْأَةِ وَزَوْجِهَا، فَقُلْتُ: إِنَّهُ سَاحِرٌ. شَاعَ هَذَا فِي النَّاسِ وَصَاحُوا يَقُولُونَ: إِنَّ مُحَمَّدًا سَاحِرٌ. وَرَجَعَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى بَيْتِهِ مَحْزُونًا فَتَدَثَّرَ بِقَطِيفَةٍ، وَنَزَلَتْ: يَا أَيُّهَا الْمُدَّثِّرُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: مَعْنَى يَا أَيُّهَا الْمُدَّثِّرُ أَيِ الْمُدَّثِّرُ بِالنُّبُوَّةِ وَأَثْقَالِهَا. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهَذَا مَجَازٌ بَعِيدٌ، لِأَنَّهُ لَمْ يَكُنْ تَنَبَّأَ بَعْدُ. وَعَلَى أَنَّهَا أَوَّلُ الْقُرْآنِ لَمْ يَكُنْ تَمَكَّنَ مِنْهَا بَعْدَ أَنْ كَانَتْ ثَانِيَ مَا نَزَلَ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: يَا أَيُّهَا الْمُدَّثِّرُ : مُلَاطَفَةٌ فِي الْخِطَابِ مِنَ الْكَرِيمِ إِلَى الْحَبِيبِ إِذْ نَادَاهُ بِحَالِهِ، وَعَبَّرَ عَنْهُ بِصِفَتِهِ، وَلَمْ يَقُلْ يَا مُحَمَّدُ وَيَا فُلَانُ، لِيَسْتَشْعِرَ اللِّينَ وَالْمُلَاطَفَةَ مِنْ رَبِّهِ كَمَا تَقَدَّمَ فِي سُورَةِ " الْمُزَّمِّلِ" . وَمِثْلُهُ قَوْلُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِعَلِيٍّ إِذْ نَامَ فِي الْمَسْجِدِ: (قُمْ أَبَا تُرَابٍ) وَكَانَ خَرَجَ مُغَاضِبًا لِفَاطِمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا فَسَقَطَ رِدَاؤُهُ وَأَصَابَهُ تُرَابُهُ، خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَمِثْلُهُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ لِحُذَيْفَةَ لَيْلَةَ الْخَنْدَقِ: (قُمْ يَا نَوْمَانُ) وَقَدْ تَقَدَّمَ. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُمْ فَأَنْذِرْ) أَيْ خَوِّفْ أَهْلَ مَكَّةَ وَحَذِّرْهُمُ الْعَذَابَ إِنْ لَمْ يُسْلِمُوا. وَقِيلَ: الْإِنْذَارُ هُنَا إِعْلَامُهُمْ بِنُبُوَّتِهِ، لِأَنَّهُ مُقَدِّمَةُ الرِّسَالَةِ. وَقِيلَ: هُوَ دُعَاؤُهُمْ إِلَى التَّوْحِيدِ، لِأَنَّهُ الْمَقْصُودُ بِهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: قُمْ فَصَلِّ وَأْمُرْ بِالصَّلَاةِ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَرَبَّكَ فَكَبِّرْ) أَيْ سَيِّدَكَ وَمَالِكَكَ وَمُصْلِحَ أَمْرِكَ فَعَظِّمْ، وَصِفْهُ بِأَنَّهُ أَكْبَرُ مِنْ أَنْ يَكُونَ لَهُ صَاحِبَةٌ أَوْ وَلَدٌ. وَفِي حَدِيثٍ أَنَّهُمْ قَالُوا: بِمَ تَفْتَتِحُ الصَّلَاةَ؟

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