« …Le Seigneur de ce pauvre, Lui, le sait, Il sait ce qu’il en est. »
Et il semble qu’il ait compris la parole d’Allah — Très-haut — : « Et tout bien que vous avancez pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès d’Allah ; il sera meilleur » — c’est-à-dire meilleur que ce que vous avez laissé derrière vous, meilleur que l’avarice et la négligence — « (et d’un salaire plus grand). »
Abû Hurayra a dit : « Il s’agit du Paradis. » Il est également possible que l’expression « plus grand en récompense » fasse allusion au fait qu’Il accorde pour toute bonne action la rétribution de dix [bonnes actions].
Les mots khayran (« meilleur ») et aʿẓama (« plus grand ») sont à l’accusatif en tant que second complément d’objet de « tajidûhu ». Quant au pronom huwa, les grammairiens basriens le considèrent comme un mot de séparation (faṣl), tandis que, pour les koufiens, il s’agit d’un pronom d’appui (ʿimâd) ; il n’a donc pas de fonction syntaxique. Le terme ajran (« récompense ») est un tamyîz (complément de détermination).
« Et implorez le pardon d’Allah » : c’est-à-dire demandez-Lui la rémission de vos péchés.
« Certes, Allah est Pardonneur » pour ce qui a précédé le repentir, « Miséricordieux » envers vous après celui-ci, comme l’a dit Saʿîd ibn Jubayr.
La sourate s’achève ici.¹
[Exégèse de la sourate « al-Muddaththir »]
La sourate « al-Muddaththir » est mecquoise, de l’avis unanime. Elle comporte cinquante-six versets.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sourate al-Muddaththir (74) : versets 1 à 4]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
- Ô toi qui t’es enveloppé [dans ton manteau],
- Lève-toi, puis avertis,
- Et ton Seigneur, célèbre-Le en proclamant Sa grandeur,
- Et tes vêtements, purifie-les.
Six points y sont abordés :
Premier point — La parole du Très-Haut : « Ô toi qui t’es enveloppé… »
C’est-à-dire : ô toi qui t’es couvert de tes vêtements, t’en es enveloppé et t’es endormi ; à l’origine, l’expression est « al-mutadaththir », la lettre tâ’ ayant été assimilée à la dâl en raison de leur proximité phonétique. Ubayy ibn Kaʿb l’a récitée sous sa forme originelle : « al-mutadaththir ».
Muqâtil a dit : la majeure partie de cette sourate concerne al-Walîd ibn al-Mughîra.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Jâbir ibn ʿAbd Allâh — qu’Allah l’agrée —, l’un des Compagnons du Messager d’Allah — que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui —, rapporte que le Prophète — que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui —, évoquant la période d’interruption de la Révélation, dit dans son récit :
« Alors que je marchais, j’entendis une voix venant du ciel ; je levai la tête, et voici que l’ange qui m’était apparu à Ḥirâ’ était assis sur un siège entre le ciel et la terre… »