Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

At-Tayâlisî a rapporté dans son Musnad le ḥadith de ʿAbd Allâh b. ʿAmr – nous l’avons déjà cité dans l’introduction de l’ouvrage[1] – et louange à Allah.

Deuxième avis :

« Lisez donc ce qui est aisé du Coran » signifie : accomplissez la prière selon ce qui vous est facile ; or la prière est elle-même appelée « Coran », comme dans Sa parole : « et le Coran de l’aube », c’est-à-dire la prière de l’aube.

Ibn al-ʿArabî a dit : « C’est l’opinion la plus juste, car le verset parle de la prière et le propos y revient. »

Je dis : la première interprétation est plus correcte, car elle maintient l’adresse divine dans son sens littéral ; la seconde est figurative, puisqu’elle consiste à désigner la chose par l’une des œuvres qui en relèvent.

Cinquièmement – certains savants ont dit : la parole du Très-Haut « Lisez donc ce qui est aisé de lui » abroge le fait de se tenir en prière la nuit, d’en accomplir la moitié, ou moins, ou davantage.

Ensuite, la parole d’Allah, gloire à Lui : « Lisez donc ce qui est aisé de lui » supporte deux sens : le premier qu’elle institue une seconde obligation, car elle supprime l’obligation qui la précédait ; le second qu’elle-même est une obligation ensuite abrogée par une autre, après avoir, elle, abrogé ce qui la précédait.

Ceci, en raison de Sa parole : « Et durant une partie de la nuit, veille donc en prière ; c’est pour toi une pratique surérogatoire ; peut-être ton Seigneur te ressuscitera-t-Il en une station louée » (Al-Isrâ’, 79).

Ainsi, Sa parole « Et durant une partie de la nuit, veille donc en prière : surérogatoire pour toi » peut signifier qu’il veille, avec autre chose que ce qui lui avait été rendu obligatoire, à savoir avec ce qu’il lui est aisé.

Aš-Šâfiʿî a dit : « Il convenait donc de rechercher, dans la Sunna, la preuve de l’un ou l’autre sens ; or nous avons trouvé que la Sunna du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – atteste qu’aucune prière n’est obligatoire en dehors des cinq. »

Sixièmement – al-Qušayrî Abû Naṣr a dit : l’avis le plus connu est que l’abrogation du Qiyâm al-Layl concerne la communauté, tandis que l’obligation demeure pour le Prophète – paix et bénédictions sur lui.

On a dit encore : la détermination d’un temps précis a été abrogée, mais le principe même de l’obligation subsiste, comme dans la parole du Très-Haut : « … ce qui est aisément disponible comme offrande » (Al-Baqarah, 196). L’offrande demeure indispensable ; de même, la prière nocturne ne pouvait être délaissée, mais son ampleur a été laissée au choix de celui qui prie.

Sur cette base, certains ont affirmé que l’obligation de se lever la nuit, fût-ce avec un petit nombre de rakʿa, demeure ; tel est l’avis d’Al-Ḥasan.

D’autres soutiennent qu’elle a été totalement abrogée ; la prière nocturne n’est donc pas obligatoire du tout ; tel est l’avis d’Aš-Šâfiʿî.

Il se peut que l’obligation qui subsista pour le Prophète – paix et bénédictions sur lui – soit justement celle-ci : son Qiyâm, dont la durée est laissée à sa discrétion.

Et une fois établi que le qiyâm n’est pas une prescription obligatoire

الطَّيَالِسِيُّ فِي مُسْنَدِهِ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو. وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ فِي مُقَدِّمَةِ الْكِتَابِ «١» والحمد لله. القول الثاني: فَاقْرَؤُا مَا تَيَسَّرَ مِنْهُ أَيْ فَصَلُّوا مَا تَيَسَّرَ عَلَيْكُمْ، وَالصَّلَاةُ تُسَمَّى قُرْآنًا، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: وَقُرْآنَ الْفَجْرِ أَيْ صَلَاةَ الْفَجْرِ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهُوَ الْأَصَحُّ، لِأَنَّهُ عَنِ الصَّلَاةِ أَخْبَرَ، وَإِلَيْهَا يَرْجِعُ الْقَوْلُ. قُلْتُ: الْأَوَّلُ أَصَحُّ حَمْلًا لِلْخِطَابِ عَلَى ظَاهِرِ اللَّفْظِ، وَالْقَوْلُ الثَّانِي مَجَازٌ، فَإِنَّهُ مِنْ تَسْمِيَةِ الشَّيْءِ بِبَعْضِ مَا هُوَ مِنْ أَعْمَالِهِ. الخامسة- قال بعض العلماء: قوله تعالى: فَاقْرَؤُا مَا تَيَسَّرَ مِنْهُ نَسَخَ قِيَامَ اللَّيْلِ وَنِصْفَهُ، وَالنُّقْصَانُ مِنَ النِّصْفِ وَالزِّيَادَةُ عَلَيْهِ. ثُمَّ احْتَمَلَ قول الله عز وجل: فَاقْرَؤُا مَا تَيَسَّرَ مِنْهُ مَعْنَيَيْنِ أَحَدُهُمَا أَنْ يَكُونَ فَرْضًا ثَانِيًا، لِأَنَّهُ أُزِيلَ بِهِ فَرْضُ غَيْرِهِ. وَالْآخَرُ أَنْ يَكُونَ فَرْضًا مَنْسُوخًا أُزِيلَ بِغَيْرِهِ كَمَا أُزِيلَ بِهِ غَيْرُهُ، وَذَلِكَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ نافِلَةً لَكَ عَسى أَنْ يَبْعَثَكَ رَبُّكَ مَقاماً مَحْمُوداً [الاسراء: ٧٩] فَاحْتَمَلَ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ نافِلَةً لَكَ [الاسراء: ٧٩] أَيْ يَتَهَجَّدُ بِغَيْرِ الَّذِي فُرِضَ عَلَيْهِ مِمَّا تَيَسَّرَ مِنْهُ. قَالَ الشَّافِعِيُّ: فَكَانَ الْوَاجِبُ طَلَبَ الِاسْتِدْلَالِ بِالسُّنَّةِ عَلَى أَحَدِ الْمَعْنَيَيْنِ، فَوَجَدْنَا سُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَدُلُّ عَلَى أَنْ لَا وَاجِبَ مِنَ الصَّلَاةِ إِلَّا الْخَمْسُ. السَّادِسَةُ- قَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ: وَالْمَشْهُورُ أَنَّ نَسْخَ قِيَامِ اللَّيْلِ كَانَ فِي حَقِّ الْأُمَّةِ، وَبَقِيَتِ الْفَرِيضَةُ فِي حَقِّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقِيلَ: نُسِخَ التَّقْدِيرُ بِمِقْدَارٍ، وَبَقِيَ أَصْلُ الْوُجُوبِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ [البقرة: ١٩٦] فَالْهَدْيُ لَا بُدَّ مِنْهُ، كَذَلِكَ لَمْ يَكُنْ بُدٌّ مِنْ صَلَاةِ اللَّيْلِ، وَلَكِنْ فُوِّضَ قَدْرُهُ إِلَى اخْتِيَارِ الْمُصَلِّي، وَعَلَى هَذَا فَقَدْ قَالَ قَوْمٌ: فَرْضُ قِيَامِ اللَّيْلِ بِالْقَلِيلِ بَاقٍ، وَهُوَ مَذْهَبُ الْحَسَنِ. وَقَالَ قَوْمٌ: نُسِخَ بِالْكُلِّيَّةِ، فَلَا تَجِبُ صَلَاةُ اللَّيْلِ أَصْلًا، وَهُوَ مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ. وَلَعَلَّ الْفَرِيضَةَ الَّتِي بَقِيَتْ فِي حَقِّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هِيَ هَذَا، وَهُوَ قِيَامُهُ، وَمِقْدَارُهُ مُفَوَّضٌ إِلَى خِيَرَتِهِ. وَإِذَا ثَبَتَ أن القيام ليس فرضا
(١). راجع ج ١ ص ٩

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