Deuxième question
Parole du Très-Haut :
« Et Allah mesure la nuit et le jour »
C’est-à-dire : Il connaît, dans leur réalité, les durées de la nuit et du jour, tandis que vous ne les connaissez que par approximation et effort, approximation dans laquelle l’erreur est possible.
« Il a su que jamais vous n’en saurez compter exactement la durée » : autrement dit, vous ne serez pas capables d’en connaître la mesure véritable ni de vous y conformer.
On a dit aussi : c’est-à-dire que vous ne pourrez supporter la veille nocturne. Mais le premier avis est plus juste, car la totalité de la nuit n’a jamais été rendue obligatoire.
Muqātil et d’autres ont rapporté ceci : lorsque fut révélé : « Lève-toi pour prier la nuit, sauf une petite partie : la moitié, ou retranche-en un peu, ou ajoute-y » (Al-Muzzammil, 2-4), la chose leur devint pénible ; nul ne savait déterminer la moitié de la nuit par rapport à son tiers ; par crainte de se tromper, l’homme veillait donc jusqu’à l’aube ; leurs pieds enflèrent et leur teint se ternit. Alors Allah leur fit miséricorde et leur allégea la charge, disant : « Il a su que jamais vous n’en saurez compter exactement la durée ».
Le terme inna est ici employé sous sa forme allégée : Il a su que vous n’en saurez compter exactement la durée ; car, si vous augmentiez, le fardeau s’alourdirait pour vous et vous imposeriez ce qui n’est pas obligatoire, et si vous diminuiez, cela vous peinerait.
Troisième question
Parole du Très-Haut :
« Il est donc revenu vers vous en miséricorde »
C’est-à-dire : Il vous est revenu par le pardon, ce qui prouve que certains avaient délaissé une part de ce qui leur avait été prescrit. On a dit encore : Il a agréé votre repentir en levant l’obligation de veiller la nuit lorsque vous en fûtes incapables. L’essence de la tawba est le retour, comme il a été expliqué ; le sens est donc : Il est revenu pour vous du rigorisme à l’allégement, de la difficulté à la facilité. On leur avait ordonné de préserver les horaires sur la base de l’estimation ; Il les dispensa de cet effort.
D’autres ont dit : le sens de « Et Allah mesure la nuit et le jour » est : Il les crée mesurés, conformément à Sa parole : « Il a créé toute chose et lui a assigné sa mesure de façon précise ».
Ibn al-ʿArabī : La mesure dans la création, en elle-même, n’entraîne aucun jugement ; c’est plutôt Allah qui y rattache, s’Il le veut, les obligations cultuelles.
Quatrième question
Parole du Très-Haut :
« Lisez donc ce qui est aisé du Coran »
À ce sujet, deux avis : le premier veut que l’on entende la lecture proprement dite ; c’est-à-dire : lisez, dans votre prière nocturne, ce qui vous est léger.
As-Suddi : cent versets.
Al-Ḥasan : quiconque lit cent versets durant la nuit, le Coran ne plaidera pas contre lui.
Kaʿb : quiconque lit cent versets en une nuit est inscrit parmi les dévots.
Saʿīd : cinquante versets.
Je dis : l’avis de Kaʿb est le plus correct, conformément à la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui :
« Quiconque se tient debout avec dix versets ne sera pas inscrit parmi les insouciants ; quiconque se tient debout avec cent versets sera inscrit parmi les dévots ; et quiconque se tient debout avec mille versets sera inscrit parmi ceux qui recevront une récompense abondante (al-muqanṭarīn). »
Rapporté par Abû Dâwûd.