à « kafartum » – et cela est condamnable, car le mot « Jour », lorsqu’il dépend de « kafartum », a nécessairement besoin d’un qualificatif : autrement dit, « vous avez mécru en un jour… ». Si d’aucuns objectent que l’adjectif peut être omis et que le terme qui le suit peut malgré tout être placé à l’accusatif, nous leur rétorquons par la lecture rapportée d’ʿAbd Allâh : « fa-kayfa tattaqûna yawman » – « comment vous préserverez-vous d’un Jour ? »
Je dis : cette lecture n’est pas mutawâtirah ; elle n’a été mentionnée qu’à titre d’exégèse. Or, lorsque le kufr signifie la dénégation, « yawman » est un complément d’objet direct explicite, sans adjectif ni ellipse ; c’est-à-dire : « comment craindrez-vous Allâh et Le redouterez-vous si vous niez le Jour de la Résurrection et de la Rétribution ? » Abû s-Sammâl Qaʿnab a récité « fa-kayfa tattaqûna » en cassant la nûn, par annexion. Quant au terme al-wildân, il désigne les enfants.
As-Suddî a dit : ce sont les enfants issus de la fornication. – D’autres ont dit : les enfants des polythéistes. – L’opinion englobante est la plus juste : le petit y blanchira sans même avoir atteint la vieillesse.
Cela adviendra lorsque l’on dira :
« Ô Âdam, lève-toi et détache la fournée des gens du Feu. »
Ainsi qu’il a déjà été expliqué au début de la sourate Al-Hajj[1].
Al-Qushayrî a déclaré : ensuite, Allâh changera l’état et l’aspect des habitants du Paradis comme Il le veut.
On a dit encore : il s’agit d’une comparaison illustrant la dureté de ce Jour, métaphoriquement ; en effet, il n’y aura pas d’enfants le Jour de la Résurrection. Le sens en est plutôt que la majesté de ce Jour est telle que, s’il s’y trouvait un nourrisson, sa chevelure blanchirait de frayeur.
On dit : c’est l’instant de la grande frayeur ; on a également avancé qu’il s’agit du souffle d’évanouissement dans la Trompe – Allâh est plus Savant.
Az-Zamakhsharî rapporte : j’ai lu dans certains livres qu’un homme, qui le soir avait les cheveux aussi noirs que le jabot du corbeau, se réveilla le matin la tête et la barbe blanches comme la fleur de l’athghâmah[2]. Il expliqua : « J’ai vu, en rêve, la Résurrection, le Paradis et l’Enfer ; j’ai vu les gens traînés enchaînés vers le Feu ; l’effroi de cette vision m’a fait devenir tel que vous me voyez. »
Il se peut, en outre, que le Jour soit décrit comme très long, de sorte que les enfants y parviennent à l’âge de la sénescence et des cheveux blancs.
Parole du Très-Haut :
« Le ciel se fendra à cause de lui. »
C’est-à-dire : il se déchirera sous l’effet de sa violence. Le sens de « bi-hi » est « en lui », c’est-à-dire en ce Jour-là, du fait de son terrifiant spectacle ; c’est l’interprétation la plus satisfaisante.
On dit aussi : il en sera alourdi d’un poids tel qu’il éclatera, tant son immensité lui pèse et tant il redoute son avènement, conformément à la parole d’Allâh – exalté soit-Il : « Il pèse lourd dans les cieux et sur la terre » (Al-Aʿrâf, 187).
D’autres ont expliqué : « bi-hi » signifie « li-hu », c’est-à-dire « pour ce Jour-là » ; l’usage l’autorise, de même qu’on dit : « j’ai agi bi-ḥurmatika / li-ḥurmatika – par respect / pour le respect que je te dois », la préposition bāʾ comme la lām…
[1] Voir la sourate Al-Hajj, v. 1.
[2] Arbuste au fleurissement d’un blanc éclatant, souvent cité pour évoquer une blancheur intense.