Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’effondra, terrassé.

Khulayd b. Ḥassân rapporte : « Al-Ḥasan, qui jeûnait, passa la soirée chez nous. Je lui apportai alors de la nourriture et cette parole d’Allah lui vint à l’esprit : “Nous détenons certes, auprès de Nous, des carcans et une Fournaise… et un aliment qui reste en travers de la gorge.” Il dit : “Ôte cette nourriture.”
Lorsque, pour la seconde fois, je revins avec de quoi rompre son jeûne, le même verset se présenta de nouveau à lui. Il dit : “Enlevez-la.” Il en alla de même la troisième fois. Son fils se rendit alors auprès de Thâbit al-Bunânî, de Yazîd al-Ḍabbî et de Yaḥyâ al-Bakkâʾ, leur raconta la chose, et ils vinrent tous trois. Ils ne cessèrent de l’exhorter jusqu’à ce qu’il bût enfin une gorgée de sawîq.

Le terme al-ghussah désigne le shajâ : ce qui s’accroche dans la gorge, qu’il s’agisse d’une arête ou d’autre chose. Son pluriel est ghuṣaṣ. Quant à al-ghaṣaṣ, avec la voyelle ouverte, c’est la racine verbale de l’expression : « j’ai étouffé, ô homme, tu étouffes », d’où : « tu es un homme ghâṣṣ (qui s’étrangle) de la nourriture », « ghassân », et « j’ai fait étouffer untel ». On dit encore : « la demeure est ghâṣṣ des gens », c’est-à-dire pleine à craquer.

Parole du Très-Haut :
« Le jour où la terre et les montagnes trembleront »
— c’est-à-dire qu’elles s’ébranleront et s’agiteront avec ceux qui s’y trouvent. Le mot « jour » est à l’accusatif comme complément circonstanciel : ils seront donc châtiés et punis le jour où la terre tremblera. D’aucuns ont dit qu’il s’agit d’un cas d’élision de la préposition : ce châtiment surviendra le jour où la terre et les montagnes se mettront à trembler. D’autres ont estimé que le terme régi est « Laisse-Moi », sous-entendu : « et laisse-Moi avec les négateurs, le jour où la terre et les montagnes trembleront ».

« Et les montagnes deviendront un amoncellement de sable mouvant » — c’est-à-dire qu’elles le deviendront. Le kathîb est une butte de sable compacte.

Poème de Ḥassân :
J’ai reconnu la demeure de Zaynab, près du sable entassé, (A)
Tel l’écrit de la Révélation sur le parchemin irisé. (A)

Quant au mahîl, c’est le sable qui s’écoule sous les pieds. Al-Ḍaḥḥâk et al-Kalbî disent : le mahîl est celui qui, lorsque tu le foules, se dérobe sous la plante du pied, et, si tu en retires la partie inférieure, s’écroule. Ibn ʿAbbâs dit : « mahîlan » signifie un sable fluide, épars ; son origine est « mahyûl », particule passive tirée du verbe « hiltu ʿalayhi t-turâba, ahîluhu haylan » : « j’ai versé de la poussière sur lui ».

On dit ainsi : mahîl et mahyûl ; makîl et makyûl ; madîn et madyûn ; maʿîn et maʿyûn.

Poème :
Ton peuple te crut jadis seigneur honoré, (B)
Le voilà qui voit en toi un seigneur grevé. (B)

Dans un ḥadith, on rapporte que l’on se plaignit auprès du Prophète — paix et salut sur lui — de la disette. Il dit alors :
« Mesurez-vous (takîlûna) ou ne versez-vous (tahîlûna) qu’au jugé ? »
Ils répondirent : « Nous versons. » Il dit :
« Mesurez votre nourriture, il y sera mis bénédiction. »

Et l’on dit « ahaltu la farine » — forme dialectale de « haltu » : « j’en ai versé ».

فَصَعِقَ. وَقَالَ خُلَيْدُ بْنُ حَسَّانٍ: أَمْسَى الْحَسَنُ عِنْدَنَا صَائِمًا، فَأَتَيْتُهُ بِطَعَامٍ فَعَرَضَتْ لَهُ هَذِهِ الْآيَةُ إِنَّ لَدَيْنا أَنْكالًا وَجَحِيماً. وَطَعاماً فَقَالَ: ارْفَعْ طَعَامَكَ. فَلَمَّا كَانَتِ الثَّانِيَةُ أَتَيْتُهُ بِطَعَامٍ فَعَرَضَتْ لَهُ هَذِهِ الْآيَةُ، فَقَالَ: ارْفَعُوهُ. وَمِثْلُهُ فِي الثَّالِثَةِ، فَانْطَلَقَ ابْنُهُ إِلَى ثَابِتٍ الْبُنَانِيِّ وَيَزِيدَ الضَّبِّيِّ وَيَحْيَى الْبَكَّاءِ فَحَدَّثَهُمْ، فَجَاءُوهُ فَلَمْ يَزَالُوا بِهِ حَتَّى شَرِبَ شَرْبَةً مِنْ سَوِيقٍ. وَالْغُصَّةُ: الشَّجَا، وَهُوَ مَا يَنْشَبُ فِي الْحَلْقِ مِنْ عَظْمٍ أَوْ غَيْرِهِ. وَجَمْعُهَا غُصَصٌ. وَالْغَصَصُ بِالْفَتْحِ مَصْدَرُ قَوْلِكَ: غَصِصْتُ يَا رَجُلُ تَغَصُّ، فَأَنْتَ غَاصٌّ بِالطَّعَامِ وَغَصَّانُ، وَأَغْصَصْتُهُ أَنَا، وَالْمَنْزِلُ غَاصٌّ بِالْقَوْمِ أَيْ مُمْتَلِئٌ بِهِمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَوْمَ تَرْجُفُ الْأَرْضُ وَالْجِبالُ) أَيْ تَتَحَرَّكُ وَتَضْطَرِبُ بِمَنْ عَلَيْهَا. وَانْتَصَبَ يَوْمَ عَلَى الظَّرْفِ أَيْ يُنَكَّلُ بِهِمْ وَيُعَذَّبُونَ يَوْمَ تَرْجُفُ الْأَرْضُ. وَقِيلَ: بِنَزْعِ الْخَافِضِ، يَعْنِي هَذِهِ الْعُقُوبَةُ فِي يَوْمِ تَرْجُفُ الْأَرْضُ وَالْجِبَالُ. وَقِيلَ: الْعَامِلُ ذَرْنِي أَيْ وَذَرْنِي وَالْمُكَذِّبِينَ يَوْمَ تَرْجُفُ الْأَرْضُ وَالْجِبَالُ. (وَكانَتِ الْجِبالُ كَثِيباً مَهِيلًا) أَيْ وَتَكُونُ. وَالْكَثِيبُ الرَّمْلُ الْمُجْتَمِعُ- قَالَ حَسَّانُ: عَرَفْتُ دِيَارَ زَيْنَبَ بِالْكَثِيبِ ... كَخَطِّ الْوَحْيِ فِي الْوَرَقِ «١» الْقَشِيبِ وَالْمَهِيلُ: الَّذِي يَمُرُّ تَحْتَ الْأَرْجُلِ. قَالَ الضَّحَّاكُ وَالْكَلْبِيُّ: الْمَهِيلُ: هُوَ الَّذِي إِذَا وَطِئْتَهُ بِالْقَدَمِ زَلَّ مِنْ تَحْتِهَا، وَإِذَا أَخَذْتَ أَسْفَلَهُ انْهَالَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَهِيلًا أَيْ رَمْلًا سَائِلًا مُتَنَاثِرًا وَأَصْلُهُ مَهْيُولٌ وَهُوَ مَفْعُولٌ مِنْ قَوْلِكَ: هِلْتُ عَلَيْهِ التُّرَابَ أَهِيلُهُ هَيْلًا: إِذَا صَبَبْتُهُ. يُقَالُ: مَهِيلٌ وَمَهْيُولٌ، وَمَكِيلٌ وَمَكْيُولٌ، وَمَدِينٌ وَمَدْيُونٌ، وَمَعِينٌ وَمَعْيُونٌ، قَالَ الشَّاعِرُ: «٢» قَدْ كَانَ قَوْمُكَ يَحْسَبُونَكَ سَيِّدًا ... وإدخال أَنَّكَ سَيِّدٌ مَعْيُونُ وَفِي حَدِيثِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُمْ شَكَوْا إِلَيْهِ الْجُدُوبَةِ، فَقَالَ: (أَتَكِيلُونَ أَمْ تَهِيلُونَ) قَالُوا: نَهِيلُ. قَالَ: (كِيلُوا طَعَامَكُمْ يُبَارَكْ لَكُمْ فِيهِ) . وَأَهَلْتُ الدَّقِيقَ لغة في هلت فهو
(١). ويروى (في الرق) والوحى هنا: الكتابة. والقشيب: الجديد. شبه حسان رضى الله عنه آثار الديار بالسطور. (٢). هو عباس بن مرداس. وقد ورد في ا، هـ، و: (والحال أنك) إلخ.

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