« Ils ne reçurent pourtant l’ordre que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif » (1) [al-Bayyinah : 5].
Quant au tabattul proscrit, il consiste à suivre la voie des Nazaréens : renoncer au mariage et se vouer au monachisme dans les ermitages. Toutefois, lorsque les temps se corrompent, le meilleur bien du musulman devient un troupeau de brebis qu’il mène vers les cimes des montagnes et les lieux arrosés par la pluie, fuyant ainsi, avec sa religion, les tentations.
[Coran 73 : 9-11]
« Le Seigneur de l’Orient et de l’Occident ; point de divinité en dehors de Lui. Prends-Le donc pour garant (9). Endure patiemment ce qu’ils disent et éloigne-toi d’eux d’un bel éloignement (10). Laisse-Moi donc avec ceux qui crient au mensonge et qui jouissent d’aisance ; accorde-leur un court délai (11). »
Parole du Très-Haut :
« Le Seigneur de l’Orient et de l’Occident ».
Les gens des Deux Sanctuaires, Ibn Muḥayṣin, Mujāhid, Abū ʿAmr, Ibn Abî Isḥâq et Ḥafṣ le récitent avec « Rabbu » au nominatif, la phrase nominale étant : « Il n’est de divinité que Lui ». D’aucuns ont dit : par l’implication d’un pronom « Lui ». Les autres qurrâ’ le lisent « Rabbi » au génitif, en adjectif du mot « Rabb » dans : « Évoque le Nom de ton Seigneur … Rabbi l-Machriqi ». Quiconque sait qu’Il est le Seigneur des orients et des occidents doit couper toute œuvre et tout espoir pour ne se tourner que vers Lui.
« Prends-Le donc pour Wakîl » : c’est-à-dire confie-Lui la conduite de tes affaires. Il fut aussi dit : garant de ce qu’Il t’a promis.
Parole du Très-Haut :
« Endure patiemment ce qu’ils disent » : c’est-à-dire leurs préjudices, leurs insultes et leur moquerie ; ne sois pas effrayé par leurs propos et ne cesse pas de les appeler.
« Éloigne-toi d’eux d’un bel éloignement » : ne leur cause aucun dommage, ne t’emploie pas à leur rendre la pareille, car s’y consacrer ferait abandonner l’appel vers Allah. Cet ordre précéda celui du combat ; ensuite vint le commandement de les combattre et de les tuer ; la prescription du combat abrogea donc l’abstention antérieure, ainsi l’ont affirmé Qatâdah et d’autres.
Abû d-Dardâ’ a dit : « Nous découvrons nos dents au visage de certaines gens, nous leur sourions, alors même que nos cœurs les abhorrent ou les maudissent. »
Parole du Très-Haut :
« Laisse-Moi donc avec ceux qui crient au mensonge » : agrée que Je me charge de les châtier. Le verset fut révélé au sujet des notables de Quraych, chefs de La Mecque, parmi les railleurs.
Muqâtil a rapporté : il concerna ceux qui avaient nourri (les prisonniers) le jour de Badr ; ils étaient dix, déjà mentionnés dans Sûrat al-Anfâl.
Yahyâ b. Sallâm a dit : il s’agit des Banû al-Mughîrah. Saʿîd b. Jubayr rapporta : « On m’a informé qu’ils étaient douze hommes. »
« Possesseurs de niʿma » : c’est-à-dire gens d’opulence, de luxe et de jouissance en ce bas-monde.