Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement – Le Très-Haut montre, dans ce verset, la supériorité de la prière nocturne sur celle du jour ; multiplier la prière de la nuit, en y accomplissant la récitation autant que possible, est plus grand quant à la récompense et plus fécond en rétribution.

Les savants ont divergé sur le sens de l’expression « nâshiʾatu-l-layl ».

– Ibn ʿUmar et Anas ibn Mâlik disent qu’elle désigne l’intervalle entre le maghrib et le ʿishâʾ, s’appuyant sur le fait que le verbe nashaʾa renvoie au commencement ; la première partie de la nuit en mérite donc le nom plus que toute autre. Ainsi le poète a dit :
« N’eût-on pas dit : “Nuṣayb s’est épris d’amour”,
J’eusse nommé de mon chef les tendres nashaʾ il est vrai. »

– ʿAlî ibn al-Ḥusayn priait entre le maghrib et le ʿishâʾ en disant : « Ceci est la nâshiʾatu-l-layl. »

– ʿAṭâʾ et ʿIkrimah soutiennent qu’il s’agit du début de la nuit.

– Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et d’autres estiment qu’elle englobe toute la nuit, car celle-ci naît après le jour ; c’est l’avis retenu par Mâlik ibn Anas.

Ibn al-ʿArabî dit : « C’est ce qu’indique le terme même et qu’exige la langue. »

– ʿÂʾishah, Ibn ʿAbbâs encore et Mujâhid avancent que la nâshiʾah consiste à se lever pour prier la nuit après avoir dormi ; celui qui se lève avant de dormir n’a pas accompli la nâshiʾah.

– Yamân et Ibn Kaysân disent qu’il s’agit de la prière accomplie à la fin de la nuit.

– Ibn ʿAbbâs rapporte que leur prière se faisait au début de la nuit, car, une fois endormi, l’homme ignore à quel moment il se réveillera.

Dans le Ṣiḥâḥ il est dit : « La nâshiʾatu-l-layl correspond aux premières heures de la nuit. »

Al-Qutaybî déclare : « Ce sont les heures de la nuit, car elles naissent l’une après l’autre. »

D’après al-Ḥasan et Mujâhid : elle s’étend de la prière de ʿishâʾ jusqu’à l’aube ; al-Ḥasan ajoute : « Tout ce qui vient après ʿishâʾ est nâshiʾah. »

Il est encore dit : « Relève de la nâshiʾah tout acte d’obéissance qui prend naissance dans la nuit », rapporté par al-Jawharî.

Deuxième point – Parole du Très-Haut : « Elle est certes plus dure à fouler (hiya ashaddu waṭʾan). »

Abû l-ʿÂliyah, Abû ʿAmr, Ibn Abî Isḥâq, Mujâhid, Ḥumayd, Ibn Muḥayṣin, Ibn ʿĀmir, al-Mughîrah et Abû Ḥaywah la lisent « wiṭâʾan » – kasrah sur le wāw, fatḥah sur le ṭâʾ, avec allongement ; telle est la lecture privilégiée par Abû ʿUbayd. Les autres la lisent « waṭʾan » – fatḥah sur le wāw, sukûn sur le ṭâʾ, forme brève ; c’est le choix d’Abû Ḥâtim.

On dit en arabe : « L’emprise (waṭʾah) de leur souverain pesait lourdement sur les gens », c’est-à-dire que les charges qu’il leur imposait étaient écrasantes ; de même le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit : « Ô Allâh, accrois Ta waṭʾah contre Muḍar. »

Le sens est donc que la nôtre est plus lourde pour celui qui prie que les heures diurnes : la nuit est en effet un temps de sommeil, de retrait et de repos ; quiconque l’emploie à l’adoration s’inflige une grande peine.

Selon la lecture allongée, le terme est le masdar de wâṭaʾtu : wiṭâʾan ou muwâṭaʾatan, qui signifie « je me suis accordé avec lui ».

Ibn Zayd dit : « Wâṭaʾtuhu ʿalâ l-amr muwâṭaʾatan » lorsque je me suis accordé avec lui ; on dit encore : « Un tel yuwâṭiʾu (correspond) son nom au mien », ou « ils se sont tawâṭaʾû sur cela », c’est-à-dire qu’ils se sont mis d’accord. Le sens est donc : une plus grande concordance entre le cœur, le regard, l’ouïe et la langue, du fait que les bruits sont absents la nuit.

الثَّانِيَةُ- بَيَّنَ تَعَالَى فِي هَذِهِ الْآيَةِ فَضْلَ صَلَاةِ اللَّيْلِ عَلَى صَلَاةِ النَّهَارِ، وَأَنَّ الِاسْتِكْثَارَ مِنْ صَلَاةِ اللَّيْلِ بِالْقِرَاءَةِ فِيهَا مَا أَمْكَنَ، أَعْظَمُ لِلْأَجْرِ، وَأَجْلَبُ لِلثَّوَابِ. وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الْمُرَادِ بِنَاشِئَةِ اللَّيْلِ، فَقَالَ ابْنُ عُمَرَ وَأَنَسُ بْنُ مَالِكٍ: هُوَ مَا بَيْنَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ، تَمَسُّكًا بِأَنَّ لَفْظَ نَشَأَ يُعْطِي الِابْتِدَاءَ، فَكَانَ بِالْأَوَّلِيَّةِ أَحَقُّ، وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: وَلَوْلَا أَنْ يُقَالَ صَبَا نُصَيْبٌ ... لَقُلْتُ بِنَفْسِيَ النَّشَأُ الصِّغَارُ وَكَانَ عَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ يُصَلِّي بَيْنَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ وَيَقُولُ: هَذَا نَاشِئَةُ اللَّيْلِ. وَقَالَ عَطَاءٌ وَعِكْرِمَةُ: إِنَّهُ بَدْءُ اللَّيْلِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَغَيْرُهُمَا: هِيَ اللَّيْلُ كُلُّهُ، لِأَنَّهُ يَنْشَأُ بَعْدَ النَّهَارِ، وَهُوَ الَّذِي اخْتَارَهُ مَالِكُ بْنُ أَنَسٍ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهُوَ الَّذِي يُعْطِيهِ اللَّفْظُ وَتَقْتَضِيهِ اللُّغَةُ. وَقَالَتْ عَائِشَةُ وَابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا وَمُجَاهِدٌ: إِنَّمَا النَّاشِئَةُ الْقِيَامُ بِاللَّيْلِ بَعْدَ النَّوْمِ. وَمَنْ قَامَ أَوَّلَ اللَّيْلِ قَبْلَ النَّوْمِ فَمَا قَامَ نَاشِئَةً. فَقَالَ يَمَانٌ وَابْنُ كَيْسَانَ: هُوَ الْقِيَامُ مِنْ آخِرِ اللَّيْلِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَتْ صَلَاتُهُمْ أَوَّلَ اللَّيْلِ. وَذَلِكَ أَنَّ الْإِنْسَانَ إِذَا نَامَ لَا يَدْرِي مَتَى يَسْتَيْقِظُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَنَاشِئَةُ اللَّيْلِ أَوَّلُ سَاعَاتِهِ. وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: إِنَّهُ سَاعَاتُ اللَّيْلِ، لِأَنَّهَا تَنْشَأُ سَاعَةً بَعْدَ سَاعَةٍ. وَعَنِ الْحَسَنِ وَمُجَاهِدٍ: هِيَ مَا بَعْدَ الْعِشَاءِ الْآخِرَةِ إِلَى الصُّبْحِ. وَعَنِ الْحَسَنِ أَيْضًا: مَا كَانَ بَعْدَ الْعِشَاءِ فَهُوَ نَاشِئَةٌ. وَيُقَالُ: مَا يَنْشَأُ فِي اللَّيْلِ مِنَ الطَّاعَاتِ، حكاه الجوهري. الثانية- قَوْلُهُ تَعَالَى: (هِيَ أَشَدُّ وَطْئاً) قَرَأَ أَبُو الْعَالِيَةِ وَأَبُو عَمْرٍو وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ وَمُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَابْنُ عَامِرٍ وَالْمُغِيرَةُ وَأَبُو حَيْوَةَ " وِطَاءً" بِكَسْرِ الْوَاوِ وَفَتْحِ الطَّاءِ وَالْمَدِّ، واختاره أبو عبيد. الباقون وَطْئاً بِفَتْحِ الْوَاوِ وَسُكُونِ الطَّاءِ مَقْصُورَةً، وَاخْتَارَهُ أَبُو حَاتِمٍ، مِنْ قَوْلِكَ: اشْتَدَّتْ عَلَى الْقَوْمِ وَطْأَةُ سُلْطَانِهِمْ. أَيْ ثَقُلَ عَلَيْهِمْ مَا حَمَّلَهُمْ مِنَ الْمُؤَنِ، وَمِنْهُ قَوْلُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (اللَّهُمَّ اشْدُدْ وَطْأَتَكَ عَلَى مُضَرَ) فَالْمَعْنَى أَنَّهَا أَثْقَلُ عَلَى الْمُصَلِّي مِنْ سَاعَاتِ النَّهَارِ. وَذَلِكَ أَنَّ اللَّيْلَ وَقْتُ مَنَامٍ وَتَوَدُّعٍ وَإِجْمَامٍ، فَمَنْ شَغَلَهُ بِالْعِبَادَةِ فَقَدْ تَحَمَّلَ الْمَشَقَّةَ الْعَظِيمَةَ. وَمَنْ مَدَّ فَهُوَ مَصْدَرُ وَاطَأْتُ وِطَاءً وَمُوَاطَأَةً أَيْ وَافَقْتُهُ. ابْنُ زَيْدٍ وَاطَأْتُهُ عَلَى الْأَمْرِ مُوَاطَأَةً: إِذَا وَافَقْتُهُ مِنَ الْوِفَاقِ، وَفُلَانٌ يُوَاطِئُ اسْمُهُ اسْمِي، وَتَوَاطَئُوا عَلَيْهِ أَيْ تَوَافَقُوا، فَالْمَعْنَى أَشَدُّ مُوَافَقَةً بَيْنَ الْقَلْبِ وَالْبَصَرِ وَالسَّمْعِ وَاللِّسَانِ، لانقطاع الأصوات

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