– c’est-à-dire sa poitrine – contre la terre, si bien qu’elle était incapable de bouger avant que l’état (1) ne fût levé.
Il est rapporté dans l’al-Muwaṭṭaʾ et ailleurs que l’on demanda au Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue : « Comment la Révélation te parvient-elle ? » Il répondit : « Il arrive qu’elle me parvienne sous la forme d’un tintement de cloche – c’est ce qui m’est le plus éprouvant ; puis elle se retire de moi et j’ai alors saisi ce qui a été dit. D’autres fois, l’Ange se présente à moi sous l’apparence d’un homme, il me parle et je comprends ce qu’il dit. »
ʿÂʾishah – qu’Allâh l’agrée – a déclaré : « Je l’ai vu recevoir la Révélation par un jour de grand froid ; lorsqu’elle se retirait de lui, son front ruisselait littéralement de sueur. »
Ibn al-ʿArabî dit : « Cela est plus pertinent, car c’est la réalité ; or il a été révélé : « Et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion » (Al-Hajj, 78). »
Le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a encore dit : « J’ai été envoyé avec la ḥanîfiyyah samḥah (la religion purement monothéiste et facile). »
On a dit également : la “parole” mentionnée dans cette sourate est l’énoncé Lâ ilâha illâ Allâh, car, selon le hadith : « Légère sur la langue, mais lourde dans la Balance », ainsi que l’a rapporté al-Qushayrî.
[Al-Muzzammil (73) : 6-7]
« En vérité, la prière de la nuit est plus efficace pour fixer (le cœur) et plus juste pour la récitation (6). Certes, tu as, durant le jour, de longues occupations (7). »
Ce passage comporte cinq points :
Premièrement – Sa parole, exalté soit-Il : « En vérité, la prière de la nuit… »
Les savants ont dit : « nâshiʾatu-l-layl » désigne les moments et les heures de la nuit, car celles-ci se succèdent l’une après l’autre. On dit : nashaʾa, yanshaʾu lorsqu’une chose commence et vient peu à peu ; on dit également : Allâh l’a fait apparaître, alors elle est survenue. De là l’expression : « la nuée naquit (nashaʾat) » lorsqu’elle se forme, Allâh l’ayant suscitée.
“Nâshiʾah” est donc la forme active (fâʿilah) du verbe nashaʾat tanhshaʾu, « elle se lève ». On retrouve le même procédé dans la Parole du Très-Haut : « Et celui qu’on élève dans les parures, et qui, dans la discussion, est incapable de se faire comprendre » (Az-Zukhruf, 18).
L’intention est ici « les heures naissantes de la nuit » ; le qualificatif tient donc lieu de substantif, le féminin renvoyant au mot « sâʿah » (heure), chaque heure se produisant successivement.
On a dit aussi : “nâshiʾah” est un masdar signifiant [qiyâm al-layl (2)], à l’instar de « khâṭiʾah » ou « kâdhibah » ; autrement dit, le fait de se lever la nuit est ce qui est le plus pesant.
D’autres ont dit : “nâshiʾatu-l-layl” signifie la prière nocturne.
Ibn Masʿûd a déclaré : « Les Abyssins disent nashaʾa, c’est-à-dire “se lever”. Il se peut donc qu’il ait voulu montrer que ce terme est arabe, bien qu’il soit courant dans la langue des Abyssins et prédominant chez eux ; il n’y a toutefois rien dans le Coran qui ne relève de la langue des Arabes. » Cette question a déjà été exposée en détail dans l’introduction de cet ouvrage.