jusqu’à la Parole d’Allâh – Puissant et Majestueux : « Et récite le Coran d’une psalmodie mesurée. » Tel est, précisément, le tartîl.
Alqama entendit un homme qui récitait d’une belle manière et s’exclama : « Il a certes récité le Coran avec tartîl ; que mon père et ma mère soient sacrifiés pour lui ! »
Abû Bakr ibn Tâhir a dit : « Médite les subtilités de son discours ; impose à ton âme l’application de ses prescriptions, à ton cœur la compréhension de ses significations et à ton for intérieur le fait de t’y attacher sans cesse. »
ʿAbd Allâh ibn ʿAmr rapporte que le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit : « On amènera le réciteur du Coran, le Jour de la Résurrection ; on le placera au premier degré du Paradis et on lui dira : “Récite, élève-toi et psalmodie comme tu psalmodiais dans le bas-monde, car ta demeure se situera au niveau du dernier verset que tu récitera.” » Rapporté par Abû Dâwûd et déjà mentionné au début de l’ouvrage[1].
Anas rapporte encore que le Prophète – prière et salut d’Allâh sur lui – allongeait (madd) sa voix dans la récitation.
Sourate al-Muzzammil (73), verset 5 : « Nous allons assurément te révéler une parole lourde. »
La Parole du Très-Haut : « Nous allons certes te charger d’une parole lourde » est liée à l’obligation du qiyâm al-layl : Nous allons te faire porter, en rendant obligatoire la prière nocturne, une parole dont le fardeau est pesant. La nuit étant destinée au repos, celui à qui l’on ordonne d’en veiller la majeure partie ne peut s’y disposer qu’au prix d’un effort intense sur lui-même et d’une lutte contre Satan ; c’est donc un ordre qui pèse sur le serviteur.
Il a été dit aussi : Nous allons t’inspirer le Coran ; or c’est une parole lourde, le fait de se conformer à ses lois étant difficile.
– Qatâda : « Par Allâh, sont lourdes ses obligations et ses limites. »
– Mujâhid : « Ses licites et ses illicites. »
– Al-Ḥasan : « Le fait d’agir selon lui. »
– Abû l-ʿÂliyah : « Lourde par ses promesses et ses menaces, son licite et son illicite. »
– Muḥammad b. Kaʿb : « Lourde pour les hypocrites. »
– On a dit : lourde pour les mécréants, à cause des arguments qu’elle renferme contre eux, de la mise en évidence de leur égarement, des injures adressées à leurs idoles et de la révélation des altérations des Gens du Livre.
– As-Suddi : « Lourde, c’est-à-dire noble », d’après leur expression : « Untel est lourd pour moi », c’est-à-dire précieux à mes yeux.
– Al-Farrâ’ : « Une parole lourde, grave, non légère ni frivole, car il s’agit de la Parole de notre Seigneur. »
– Al-Ḥusayn b. al-Faḍl : « Lourde, qu’aucun cœur n’en porte la charge sinon s’il est assisté par la réussite divine et qu’aucune âme ne l’assume sinon si elle est ornée du tawḥîd. »
– Ibn Zayd : « Par Allâh ! Elle est lourde et bénie ; comme elle pèse dans ce monde, elle pèsera dans la Balance le Jour de la Résurrection. »
– On a dit encore : lourde, c’est-à-dire solidement fixée, à l’image d’un corps lourd qui reste en place ; autrement dit, elle demeure inimitable, son caractère miraculeux ne disparaîtra jamais.
– Il a également été dit : il s’agit du Coran lui-même, comme il est rapporté dans la tradition selon laquelle, lorsque la Révélation descendait sur le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – alors qu’il se trouvait sur sa chamelle, celle-ci baissait aussitôt son encolure