se raclaient la gorge et crachaient ; il sortit alors vers eux et dit :
« Ô gens ! Ne vous chargez d’œuvres que selon vos capacités, car Allâh ne se lasse pas de récompenser tant que vous ne vous lassez pas d’œuvrer ; et la meilleure œuvre est certes celle que l’on accomplit avec constance, même si elle est minime. »
Puis fut révélée la Parole : « Ô toi qui es enveloppé ! » ; la prière nocturne leur fut ainsi prescrite et prit rang d’obligation, au point que l’un d’eux attachait une corde et s’y suspendait [pour ne pas s’endormir]. Ils demeurèrent dans cet état huit mois.
Allâh leur fit alors miséricorde et révéla : « Ton Seigneur sait que tu te tiens [en prière] moins de deux tiers de la nuit… » (al-Muzzammil, 20). Allâh les ramena donc aux seules prières obligatoires et leva d’eux la prière de nuit, excepté ce qu’ils voudraient accomplir à titre de surérogation.
Je dis : Ce ḥadîth de ʿÂʾisha a été rapporté par ath-Thaʿlabî, et son sens est authentique dans le Ṣaḥîḥ jusqu’à la parole : « … même si elle est minime » ; la suite indique que la parole du Très-Haut « Ô toi qui es enveloppé ! » fut révélée à Médine et qu’ils demeurèrent huit mois à veiller [en prière].
Il a déjà été rapporté d’elle, dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, qu’il s’agissait d’une année. Al-Mâwardî transmet d’elle une troisième opinion : seize mois, et il n’en cite pas d’autre. On rapporte encore d’Ibn ʿAbbâs qu’il y eut un an entre le début et la fin (les deux passages) de la sourate al-Muzzammil.
Il dit : Quant au Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue –, cela demeura pour lui une obligation.
Dans une autre version de ses propos, deux avis sont mentionnés :
- que cette obligation demeura pour lui jusqu’à ce qu’Allâh – Très-Haut – le rappelle à Lui ;
- qu’elle fut abrogée pour lui comme elle le fut pour sa communauté.
En ce qui concerne la durée pendant laquelle elle lui resta obligatoire avant d’être abrogée, deux opinions existent :
– la première : la même durée imposée à sa communauté selon les deux avis précédents, c’est-à-dire un an selon Ibn ʿAbbâs et seize mois selon ʿÂʾisha ;
– la seconde : dix années, jusqu’à ce qu’il en fût allégé par l’abrogation, charge supplémentaire destinée à le distinguer par sa fonction de Messager ; c’est l’avis d’Ibn Jubayr.
Je dis : Ceci contredit ce qu’ath-Thaʿlabî a rapporté de Saʿîd b. Jubayr, comme il a été vu plus haut ; médite-le donc. Un éclaircissement supplémentaire à ce sujet viendra à la fin de la sourate, si Allâh – Très-Haut – le veut.
Huitièmement – Sa parole – Très-Haut :
« Et récite le Coran d’une récitation mesurée. »
C’est-à-dire : ne te hâte pas dans la récitation du Coran ; récite-le plutôt avec calme et clarté, en méditant ses significations.
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « Récite-le lettre par lettre. »
Mujâhid a dit : « Les personnes les plus aimées d’Allâh dans la récitation sont celles qui la comprennent le mieux. »
Le tartîl consiste à disposer, ordonner et embellir [les mots] avec une parfaite harmonie ; de là l’expression « thaghr ratil/ratl » pour désigner une denture bien alignée (avec kasra ou fatha de la seconde consonne). Son explication a déjà été donnée dans l’introduction de l’ouvrage.[3]
Al-Ḥasan rapporte que le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – passa près d’un homme qui récitait un verset en pleurant, et il dit :
« Ne l’avez-vous pas entendu… »