Sixièmement – Sa parole, exalté soit-Il :
« sauf un court laps-de-temps »
Il s’agit d’une exception portée sur la nuit ; autrement dit : accomplis la prière pendant toute la nuit, à l’exception d’une mince partie, car veiller continuellement l’ensemble de la nuit est impossible ; Il en a donc soustrait un peu afin de ménager le corps. Or, le « peu » d’une chose est ce qui est inférieur à la moitié.
On rapporte de Wahb b. Munabbih qu’il a dit : le « peu », c’est ce qui est inférieur au dixième ou au sixième. Al-Kalbî et Muqâtil ont dit : un tiers.
Puis le Très-Haut a dit :
« la moitié, ou retranche-en un peu »
C’était là un allègement, car la durée de la veille n’avait pas été délimitée ; les gens restèrent donc debout jusqu’à ce que leurs pieds enflent. Ensuite, cela fut abrogé par Sa parole, exalté soit-Il : « Il sait que vous n’en ferez jamais le compte. » (al-Muzzammil : 20)
Al-Akhfash a dit : « la moitié » signifie « ou la moitié » ; on dit : « Donne-lui un dirham, deux, trois », c’est-à-dire : ou deux, ou trois.
Az-Zajjâj dit : « la moitié » est une apposition à « la nuit », tandis que « sauf un court laps » est une exception de la moitié ; les pronoms dans « mine-hu » et « ʿalay-hi » renvoient à la moitié.
Le sens est donc : tiens-toi debout la moitié de la nuit, ou retranche de la moitié un peu – jusqu’au tiers –, ou ajoute-y un peu – jusqu’aux deux tiers ; comme s’Il avait dit : veille durant deux tiers de la nuit, ou la moitié, ou le tiers.
Il fut encore dit que « la moitié » remplace « un peu », et que l’on eut le choix entre trois possibilités : accomplir la moitié tout entière, accomplir moins que la moitié ou accomplir plus que la moitié, comme si l’expression signifiait : « Veille la nuit, sauf pour la moitié, ou moins de la moitié, ou plus que la moitié. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’après Abû Hurayra que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Allâh – Puissant et Majestueux – descend, chaque nuit, au ciel de ce monde lorsque s’est écoulé le premier tiers de la nuit. Il dit alors : “Je suis le Roi, Je suis le Roi ! Qui M’invoque pour que Je lui réponde ? Qui Me demande pour que Je lui donne ? Qui sollicite Mon pardon pour que Je lui pardonne ?” Et Il ne cesse d’être ainsi jusqu’à ce que l’aube poigne. »
Un récit semblable, rapporté d’Abû Hurayra et d’Abû Saʿîd, atteste l’encouragement à veiller durant les deux tiers de la nuit.
Toujours dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit : « Lorsque la moitié – ou les deux tiers – de la nuit se sont écoulés, Allâh descend… », et ainsi se poursuit le ḥadîth. Il est rapporté par deux chaînes, d’Abû Hurayra, avec cette hésitation.
Dans le recueil d’an-Nasâ’î, Abû Hurayra et Abû Saʿîd – qu’Allâh les agrée – ont dit : le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Allâh – Puissant et Majestueux – attend que s’écoule la moitié de la première partie de la nuit, puis Il ordonne à un héraut de proclamer : “Y a-t-il un suppliant auquel il sera répondu ? Y a-t-il un implorant pardon à qui il sera pardonné ? Y a-t-il un demandeur auquel il sera donné ?” »
Abû Muḥammad ʿAbd al-Ḥaqq a authentifié ce ḥadîth ; ainsi, tout en étant sûr, il explicite la réalité de la « descente » et qu’elle se produit à la moitié de la nuit. Ibn Mâjah a également rapporté, d’après Ibn Shihâb, par Abû Salama et Abû ʿAbd Allâh al-Agharr, d’après Abû Hurayra