en fonction de l’état ; et le terme « khâlidîna » a été mis au pluriel parce que le sens vise quiconque accomplit cet acte : on a donc commencé par le singulier, par égard à la forme du mot, puis poursuivi au pluriel, par égard au sens. Son propos « éternellement » indique que la désobéissance visée ici est le polythéisme.
D’autres ont dit : il s’agit des péchés autres que l’association, et le sens de « ils y demeureront éternellement » serait alors : sauf si Je pardonne ou si une intercession les atteint ; or, nécessairement, s’ils quittent ce monde en état de foi, le pardon les rejoindra. Ce point a déjà été exposé dans la sourate « An-Nisâ’ » et ailleurs.
Parole du Très-Haut : « Jusqu’à ce que, lorsqu’ils verront ce qui leur est promis… ». Ici, « ḥattâ » introduit une nouvelle proposition : c’est-à-dire, jusqu’à ce qu’ils voient ce dont ils sont menacés comme châtiment de l’au-delà, ou comme châtiment d’ici-bas – à savoir la mise à mort à Badr – alors ils sauront qui est le plus faible pour secourir, eux ou les croyants, et « le moins nombreux » est coordonné.
Parole du Très-Haut :
« Dis : Je ne sais si ce qui vous est promis est proche », c’est-à-dire l’avènement de l’Heure ; selon d’autres, il s’agit du châtiment terrestre. Autrement dit : je ne sais – « in » ayant ici le sens de « mâ » ou de « lâ » – nul ne connaît l’instant où viendra le châtiment ni celui de la survenue de l’Heure si ce n’est Allah ; c’est là un domaine de l’Invisible dont je n’apprends que ce qu’Allah me fait connaître.
Quant au « mâ » dans « mâ tuʿadûna », il peut, avec le verbe, exprimer un masdar, ou bien avoir la valeur de « ce que », auquel cas on sous-entendra le pronom de rappel.
« Ou bien mon Seigneur lui fixera-t-Il un terme », c’est-à-dire une limite et un délai. La majorité des lecteurs récitent avec la kasrah de la yâ’ dans « rabbî », tandis que les deux imâms des Deux Sanctuaires et Abû ʿAmr la lisent avec la fatḥah.
[Sourate al-Jinn (72), versets 26-27]
« Le Connaisseur de l’Invisible ; Il ne dévoile Son Invisible à personne, sauf à celui qu’Il agrée parmi les Messagers ; Il place alors devant lui et derrière lui une garde vigilante. »
Il y a ici deux questions.
Premièrement : la parole du Très-Haut : « Le Connaisseur de l’Invisible ». « ʿÂlim » est au nominatif, en tant qu’épithète du mot « Rabbî ». D’autres disent : c’est-à-dire qu’Il est le Connaisseur de l’Invisible, et l’invisible correspond à ce qui échappe aux serviteurs ; cela a été expliqué au début de la sourate « Al-Baqarah ».
« Il ne dévoile Son Invisible à personne, sauf à celui qu’Il agrée parmi les Messagers ; Il le met alors au courant de ce qu’Il veut de Son Invisible… »